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MPSI · Physique-chimie · Formation expérimentale · Chapitre 1

Mesures et incertitudes

Fiche de cours13 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Mesurer : vocabulaire et sources de variabilité

Définition. Mesurer une grandeur physique, c’est lui attribuer une valeur numérique assortie d’une unité, au terme d’un processus de mesure (instrument, protocole, opérateur, environnement). La valeur vraie est inconnue par principe : toute mesure en donne une estimation. L’erreur de mesure est la différence, inconnue, entre la valeur mesurée et la valeur vraie.

Propriété — deux types d’erreurs. Les erreurs aléatoires changent de valeur et de signe d’une mesure à l’autre : elles se manifestent par la dispersion des résultats et se réduisent en répétant les mesures. Les erreurs systématiques sont identiques à chaque mesure : elles décalent tous les résultats sans modifier la dispersion. Répéter la mesure ne les élimine pas ; seuls un changement de méthode, un étalonnage ou une correction les suppriment.

Méthode — recenser les sources d’incertitude. Quatre familles : l’opérateur (temps de réaction, lecture d’une graduation, parallaxe, virage coloré) ; l’environnement (température, pression, vibrations) ; les instruments (résolution, calibre, classe, étalonnage, perturbation du circuit mesuré) ; la méthode (modèle simplificateur : frottements négligés, lentille supposée mince, réaction supposée totale).

2Incertitude-type et incertitude élargie

Définition. L’incertitude-type u(x)u(x) associée au résultat xx d’une mesure estime l’écart-type de la distribution des valeurs qu’on obtiendrait en répétant le processus de mesure. Elle est toujours positive et a la même unité que xx ; l’incertitude relative u(x)/xu(x)/x est sans dimension. L’incertitude élargie est U(x)=k u(x)U(x)=k\,u(x) ; on écrit alors x=xmes±U(x)x=x_{\text{mes}}\pm U(x) en précisant kk. Sauf mention contraire, une incertitude annoncée est une incertitude-type (k=1k=1).

Propriété — loi normale. Si les valeurs mesurées se répartissent selon une loi normale d’écart-type σ\sigma autour de la valeur vraie, une mesure tombe dans l’intervalle centré de demi-largeur σ\sigma avec la probabilité 68 %68\,\%, 2σ2\sigma avec 95 %95\,\%, 3σ3\sigma avec 99,7 %99{,}7\,\%. D’où l’usage : k=2k=2 fournit un intervalle de confiance à 95 %95\,\%.

Figure 1 — Loi normale.

3Évaluation de type A : l’approche statistique

Définition. Une évaluation est de type A lorsqu’elle repose sur l’analyse statistique d’une série de mesures répétées dans les mêmes conditions.

Théorème — incertitude-type de type A. Soit x1,…,xnx_1,\dots,x_n les résultats de nn mesures indépendantes (n⩾5n\geq 5 en pratique). On calcule la moyenne xˉ\bar x et l’écart-type expérimental ss ; le résultat retenu est xˉ\bar x, et l’incertitude-type associée est l’écart-type expérimental de la moyenne :

xˉ=1n∑i=1nxi,s=1n−1∑i=1n(xi−xˉ)2, u(xˉ)=sn \bar x=\frac1n\sum_{i=1}^{n}x_i,\qquad s=\sqrt{\frac{1}{n-1}\sum_{i=1}^{n}\bigl(x_i-\bar x\bigr)^2},\qquad \boxed{\ u(\bar x)=\frac{s}{\sqrt{n}}\ }

Remarque. Trois confusions à éviter. ss mesure la dispersion des mesures : elle ne diminue pas quand nn augmente, elle se stabilise ; u(xˉ)=s/nu(\bar x)=s/\sqrt n mesure l’incertitude sur la moyenne et décroît en 1/n1/\sqrt n — quadrupler le nombre de mesures ne divise l’incertitude que par 22. Enfin une évaluation de type A ne capte que les erreurs aléatoires : une règle dilatée, un zéro décalé, un titrage lu après l’équivalence donnent des mesures très reproductibles et pourtant fausses.

4Évaluation de type B : tout le reste

Définition. Une évaluation est de type B lorsqu’elle repose non sur une série de mesures, mais sur une information extérieure : notice du constructeur, classe de l’instrument, résolution de l’affichage, tolérance d’une verrerie, expérience de l’opérateur.

Théorème — loi uniforme. Si la seule information disponible est que la valeur se trouve dans un intervalle de demi-largeur Δ\Delta autour de la valeur affichée, sans qu’aucune valeur n’y soit plus probable qu’une autre (loi uniforme), alors

 u(x)=Δ3 soitu(x)=largeur totale12.\boxed{\ u(x)=\frac{\Delta}{\sqrt3}\ }\qquad\text{soit}\qquad u(x)=\frac{\text{largeur totale}}{\sqrt{12}}.
Exempleles quatre cas à connaître
  • Résolution d’un affichage numérique : dernier digit δ\delta, la valeur est connue à ±δ/2\pm\delta/2, donc u=δ/(23)=δ/12u=\delta/(2\sqrt3)=\delta/\sqrt{12}. Affichage 4,832 V{4{,}832\,\mathrm{V}} : δ=1 mV\delta={1\,\mathrm{mV}}, u=0,29 mVu={0{,}29\,\mathrm{mV}}.
  • Notice d’un multimètre : précision ±(a % de la lecture+n digits)\pm(a\,\%\ \text{de la lecture}+n\ \text{digits}) ; on calcule Δ\Delta puis u=Δ/3u=\Delta/\sqrt3. Pour 4,832 V{4{,}832\,\mathrm{V}} et ±(0,5 %+2 digits)\pm(0{,}5\,\%+2\ \text{digits}) : Δ=0,005×4,832+2×0,001=26,2 mV\Delta=0{,}005\times 4{,}832+2\times 0{,}001={26{,}2\,\mathrm{mV}}, u=15 mVu={15\,\mathrm{mV}}.
  • Verrerie jaugée : tolérance gravée sur le verre. Fiole de 100 mL{100\,\mathrm{mL}} classe A, ±0,10 mL\pm{0{,}10\,\mathrm{mL}} : u=0,058 mLu={0{,}058\,\mathrm{mL}} ; burette, ±0,05 mL\pm{0{,}05\,\mathrm{mL}} par lecture : u=0,029 mLu={0{,}029\,\mathrm{mL}}. Règle graduée au millimètre : u=1/(23)=0,29 mmu=1/(2\sqrt3)={0{,}29\,\mathrm{mm}} par pointé.

Résolution, calibre et nombre de points : un multimètre 40004000 points affiche au plus 39993999 unités du dernier digit ; la résolution vaut 1 mV{1\,\mathrm{mV}} sur le calibre 4 V{4\,\mathrm{V}} et 10 mV{10\,\mathrm{mV}} sur le calibre 40 V{40\,\mathrm{V}}. Choisir le plus petit calibre contenant la valeur fait gagner un facteur 1010.

5Composition des incertitudes

Théorème — formule de composition — admise. Soit y=f(x1,…,xp)y=f(x_1,\dots,x_p), les xix_i étant mesurés indépendamment avec les incertitudes-types u(xi)u(x_i). Alors u(y)2=∑i=1p(∂f∂xi) ⁣2u(xi)2\displaystyle u(y)^2=\sum_{i=1}^{p}\left(\frac{\partial f}{\partial x_i}\right)^{\!2}u(x_i)^2. Deux cas particuliers suffisent en pratique :

  • somme et différence, y=α x1+β x2y=\alpha\,x_1+\beta\,x_2 :  u(y)2=α2 u(x1)2+β2 u(x2)2 \boxed{\ u(y)^2=\alpha^2\,u(x_1)^2+\beta^2\,u(x_2)^2\ }
  • produit, quotient, puissance, y=k x1 α x2 βy=k\,x_1^{\,\alpha}\,x_2^{\,\beta} (kk constante exacte) : ce sont les incertitudes relatives qui se composent,

     (u(y)y) ⁣2=α2(u(x1)x1) ⁣2+β2(u(x2)x2) ⁣2 \boxed{\ \left(\frac{u(y)}{y}\right)^{\!2}=\alpha^2\left(\frac{u(x_1)}{x_1}\right)^{\!2}+\beta^2\left(\frac{u(x_2)}{x_2}\right)^{\!2}\ }
AttentionLes trois fautes classiques

On n’additionne jamais les incertitudes : on additionne leurs carrés. Pour une différence y=x1−x2y=x_1-x_2 le signe −- disparaît, u(y)2=u(x1)2+u(x2)2u(y)^2=u(x_1)^2+u(x_2)^2 : l’incertitude augmente. Enfin une incertitude relative ne se compose que dans un produit ou un quotient, jamais dans une somme.

Exemplecomparer les contributions, et n’améliorer que la plus grande

R=U/IR=U/I avec U=4,832 VU={4{,}832\,\mathrm{V}}, u(U)=15 mVu(U)={15\,\mathrm{mV}} et I=2,45 mAI={2{,}45\,\mathrm{mA}}, u(I)=0,02 mAu(I)={0{,}02\,\mathrm{mA}} : u(U)U=3,1×10−3\frac{u(U)}{U}=3{,}1\times10^{-3}, u(I)I=8,2×10−3\frac{u(I)}{I}=8{,}2\times10^{-3}, donc u(R)R=3,12+8,22×10−3=8,7×10−3\frac{u(R)}{R}=\sqrt{3{,}1^2+8{,}2^2}\times 10^{-3}=8{,}7\times10^{-3}, d’où R=1 972 ΩR={1\,972\,\mathrm{\Omega}} et u(R)=17 Ωu(R)={17\,\mathrm{\Omega}}. L’intensité apporte 87 %87\,\% de la variance : améliorer le voltmètre ne servirait à rien. Plus généralement, une contribution dix fois plus petite qu’une autre n’augmente le résultat que de 0,5 %0{,}5\,\% : elle est négligeable ; une contribution trois fois plus petite l’augmente encore de 5 %5\,\%.

6Écriture d’un résultat et chiffres significatifs

Méthode — règle d’écriture. (i) arrondir l’incertitude à un chiffre significatif — ou à deux si le premier est un 11, et par excès en cas d’hésitation ; (ii) arrondir la valeur mesurée au même rang décimal ; (iii) écrire les deux avec la même puissance de dix et une seule unité : x=(xmes±u(x)) uniteˊx=(x_{\text{mes}}\pm u(x))\ \text{unité}.

Remarque. Trois écritures à savoir produire. ℓ=12,345 6 m\ell=12{,}345\,6\ {\mathrm{m}}, u=0,027 1 mu=0{,}027\,1\ {\mathrm{m}} →\rightarrow ℓ=(12,35±0,03) m\ell=(12{,}35\pm 0{,}03)\ {\mathrm{m}} ; U=4,832 1 VU=4{,}832\,1\ {\mathrm{V}}, u=0,015 1 Vu=0{,}015\,1\ {\mathrm{V}} →\rightarrow U=(4,832±0,015) VU=(4{,}832\pm 0{,}015)\ {\mathrm{V}} (deux chiffres, l’incertitude commence par 11) ; c=5,312×10−3 mol⋅L−1c=5{,}312\times10^{-3}\ {\mathrm{mol}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}}, u=2,18×10−4u=2{,}18\times10^{-4} →\rightarrow c=(5,3±0,2)×10−3 mol⋅L−1c=(5{,}3\pm 0{,}2)\times10^{-3}\ {\mathrm{mol}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}}. Le nombre de chiffres significatifs est imposé par l’incertitude, jamais par l’affichage de la calculatrice : un résultat sans unité, ou avec huit décimales, est faux.

7Comparer deux valeurs : l’écart normalisé

Définition. L’écart normalisé entre deux valeurs x1x_1 et x2x_2 d’incertitudes-types u(x1)u(x_1) et u(x2)u(x_2) est le nombre sans dimension

 EN=∣x1−x2∣u(x1)2+u(x2)2 \boxed{\ E_N=\frac{\abs{x_1-x_2}}{\sqrt{u(x_1)^2+u(x_2)^2}}\ }

Les deux résultats sont compatibles si EN⩽2E_N\leq 2, incompatibles sinon ; le seuil 22 correspond au niveau de confiance de 95 %95\,\% de la loi normale. Si la valeur de référence est tabulée avec une incertitude négligeable, EN=∣xmes−xreˊf∣/u(xmes)E_N=\abs{x_{\text{mes}}-x_{\text{réf}}}/u(x_{\text{mes}}).

Méthode — que faire d’un EN>2E_N>2 ?. Ne jamais conclure « la mesure est ratée ». Chercher, dans l’ordre : une erreur systématique non corrigée (zéro décalé, résistance des fils, amplitude trop grande d’un pendule, réactif non titré) ; une incertitude sous-estimée (contribution oubliée) ; une hypothèse de modèle fausse (frottements, lentille épaisse, réaction non totale). Un écart normalisé trop grand est une information, pas un échec.

8Régression linéaire et validation d’un modèle

Méthode — modéliser. Lorsque la théorie prévoit une relation affine y=a x+by=a\,x+b, on porte les points avec leurs barres d’incertitude et l’on détermine aa et bb par la méthode des moindres carrés : ce sont les valeurs qui minimisent ∑i(yi−axi−b)2\sum_i(y_i-a x_i-b)^2. Un logiciel fournit aa, bb et leurs incertitudes-types u(a)u(a), u(b)u(b) ; les formules sont a=∑i(xi−xˉ)(yi−yˉ) /∑i(xi−xˉ)2a=\sum_i (x_i-\bar x)(y_i-\bar y)\,\big/\sum_i (x_i-\bar x)^2 et b=yˉ−a xˉb=\bar y-a\,\bar x.

Théorème — les deux procédures de validation. Une régression ne valide rien par elle-même : un logiciel ajuste une droite sur n’importe quel nuage. On valide par l’analyse graphique — la droite doit traverser toutes les barres d’incertitude — ou par l’analyse des écarts normalisés : pour chaque point, EN,i=∣yi−(axi+b)∣/u(yi)E_{N,i}=\abs{y_i-(a x_i+b)}/u(y_i) doit rester ⩽2\leq 2. On vérifie de plus que les résidus yi−(axi+b)y_i-(ax_i+b) sont répartis au hasard de part et d’autre de zéro : une structure en arche signale un modèle inadapté.

Remarque. Le coefficient de corrélation ne valide pas un modèle : r=0,999r=0{,}999 s’obtient avec des données franchement courbes. Ne jamais conclure sur rr seul, et ne jamais forcer une régression par l’origine sans avoir vérifié que l’ordonnée à l’origine est compatible avec 00, c’est-à-dire ∣b∣/u(b)⩽2\abs{b}/u(b)\leq 2.

9Analyse dimensionnelle

Méthode — contrôler une formule. Toute grandeur a une dimension, produit de puissances des dimensions de base L\mathsf L, M\mathsf M, T\mathsf T, I\mathsf I, Θ\Theta, N\mathsf N ; on note [X][X] la dimension de XX. On n’ajoute que des grandeurs de même dimension — une égalité est homogène ou fausse ; [XY]=[X][Y][XY]=[X][Y],  ⁣dX\dd X a la dimension de XX, [ ⁣dX/ ⁣dt]=[X] T−1[\dd X/\dd t]=[X]\,\mathsf T^{-1} ; les arguments de exp⁡\exp, ln⁡\ln, cos⁡\cos, sin⁡\sin et les exposants sont sans dimension ; un coefficient numérique est sans dimension, donc l’analyse dimensionnelle ne le donne jamais.

Remarque. Période d’un pendule. Cherchons T=k mαℓβgγT=k\,m^{\alpha}\ell^{\beta}g^{\gamma}. En dimensions, T=MαLβ(LT−2)γ\mathsf T=\mathsf M^{\alpha}\mathsf L^{\beta}(\mathsf L\mathsf T^{-2})^{\gamma}, d’où α=0\alpha=0, β+γ=0\beta+\gamma=0 et −2γ=1-2\gamma=1 : γ=−12\gamma=-\frac12, β=12\beta=\frac12 et T=kℓ/gT=k\sqrt{\ell/g}. La masse n’intervient pas — prédiction forte ; en revanche k=2πk=2\pi ne s’obtient que par la résolution complète.

10Capacités numériques : la simulation de Monte-Carlo

Méthode — principe. Pour caractériser la variabilité d’une grandeur composée y=f(x1,…,xp)y=f(x_1,\dots,x_p), on tire au hasard NN jeux de valeurs selon les distributions associées aux incertitudes (loi normale d’écart-type u(xi)u(x_i), loi uniforme de demi-largeur Δ\Delta), on calcule yy pour chacun et l’on prend pour u(y)u(y) l’écart-type de l’échantillon obtenu : la méthode ne suppose ni linéarité, ni petites incertitudes. Le même principe teste la robustesse d’une régression : on perturbe chaque yiy_i par un tirage normal d’écart-type u(yi)u(y_i), on refait la régression, et l’écart-type des pentes donne u(a)u(a).

import numpy as np
N = 100000                                # nombre de tirages
U = np.random.normal(4.832, 0.0151, N)    # V : loi normale d'ecart-type u(U)
I = np.random.normal(2.45e-3, 0.02e-3, N) # A
R = U / I                                 # la grandeur composee
print(R.mean(), R.std(ddof=1))            # -> 1972 ohm et u(R) = 17 ohm

pentes = np.zeros(1000)                   # robustesse d'une regression
for k in range(1000):
    ysim = y + np.random.normal(0.0, uy, len(y))
    pentes[k], ordonnee = np.polyfit(x, ysim, 1)
print(pentes.mean(), pentes.std(ddof=1))  # pente moyenne et son incertitude

Remarque. Si les incertitudes relatives sont faibles (quelques pour cent), la simulation redonne la formule de composition. Elle s’en écarte lorsqu’une incertitude relative devient grande ou que la fonction est fortement non linéaire : c’est alors la simulation qui a raison.

11Prévention du risque au laboratoire

Définition. Le système général harmonisé (SGH) classe les dangers et les signale par neuf pictogrammes, losanges rouges sur fond blanc. Toute étiquette porte en outre des mentions de danger (phrases H) et des conseils de prudence (phrases P) ; la fiche de données de sécurité (FDS), en seize rubriques, détaille manipulation, stockage, incompatibilités et élimination.

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inflammablecomburantexplosifgaz sous pressioncorrosiftoxicité aiguënocif, irritantdanger pour la santédanger pour le milieu aquatique

Figure 2 — Les neuf pictogrammes de danger du SGH.

Propriété — phrases usuelles. Le premier chiffre d’une phrase H indique la famille : H2xx dangers physiques, H3xx dangers pour la santé, H4xx dangers pour l’environnement. À reconnaître : H225 liquide et vapeurs très inflammables ; H302 nocif en cas d’ingestion ; H314 graves brûlures de la peau et lésions oculaires ; H319 sévère irritation des yeux ; H400 très toxique pour les organismes aquatiques. Prudence : P210 tenir à l’écart de la chaleur ; P280 porter gants, lunettes et blouse ; P305+P351+P338 contact oculaire : rincer 1515 minutes, retirer les lentilles ; P501 éliminer dans un bidon de récupération adapté.

Méthode — attitude au laboratoire. Blouse fermée, lunettes, cheveux attachés ; verser l’acide dans l’eau et jamais l’inverse ; hotte pour tout produit volatil ; jamais de pipetage à la bouche ; repérer douche de sécurité et rince-œ il avant de commencer ; trier les déchets (bidons aqueux, organiques, halogénés) au lieu de les rejeter à l’évier et, à résultat égal, choisir le protocole qui consomme le moins de réactif dangereux. Optique : jamais l’œ il dans l’axe d’un faisceau laser, même de classe 22. Pression et température : pince pour la verrerie chaude, écran devant une enceinte sous vide, verrerie ébréchée écartée.

Propriété — risque électrique. La grandeur dangereuse est l’intensité traversant le corps : perception vers 1 mA{1\,\mathrm{mA}}, tétanisation vers 10 mA{10\,\mathrm{mA}}, fibrillation vers 50 mA{50\,\mathrm{mA}} ; la résistance du corps allant de 1 kΩ{1\,\mathrm{k\Omega}} à 100 kΩ{100\,\mathrm{k\Omega}} selon l’humidité, les tensions limites de sécurité valent 50 V{50\,\mathrm{V}} en alternatif et 120 V{120\,\mathrm{V}} en continu. En TP : câbler hors tension, ne jamais toucher une borne sous tension, se rappeler que les masses du GBF et de l’oscilloscope sont reliées à la terre, ne pas ouvrir brutalement un circuit inductif ni court-circuiter un condensateur chargé.

12Savoir-faire du chapitre

Savoir-faire
  • Identifier et classer les sources d’incertitude d’un protocole ; mener une évaluation de type A (xˉ\bar x, ss, u(xˉ)=s/nu(\bar x)=s/\sqrt n) et une évaluation de type B (résolution, calibre, notice, tolérance).
  • Composer les incertitudes d’une somme, d’une différence, d’un produit, d’un quotient, d’une puissance ; désigner la contribution à améliorer en priorité ; écrire le résultat avec un nombre adapté de chiffres significatifs et son unité.
  • Calculer un écart normalisé, conclure à la compatibilité, analyser une incompatibilité.
  • Exploiter une régression linéaire : extraire une grandeur physique de la pente, valider par les barres d’incertitude ou les écarts normalisés.
  • Conduire une analyse dimensionnelle ; écrire et interpréter une simulation de Monte-Carlo.
  • Lire une étiquette SGH, exploiter les phrases H et P, adopter une attitude responsable et éliminer proprement.
FormulaireLes relations à connaître par cœur
  • Type A : xˉ=1n∑xi\bar x=\frac1n\sum x_i ; s=1n−1∑(xi−xˉ)2s=\sqrt{\frac{1}{n-1}\sum (x_i-\bar x)^2} ; u(xˉ)=s/nu(\bar x)=s/\sqrt n. Type B : u=Δ/3u=\Delta/\sqrt3 (demi-largeur Δ\Delta), u=δ/(23)u=\delta/(2\sqrt3) (résolution δ\delta).
  • y=αx1+βx2y=\alpha x_1+\beta x_2 : u(y)2=α2u(x1)2+β2u(x2)2u(y)^2=\alpha^2u(x_1)^2+\beta^2u(x_2)^2. y=k x1αx2βy=k\,x_1^\alpha x_2^\beta : (u(y)y)2=α2(u(x1)x1)2+β2(u(x2)x2)2\left(\frac{u(y)}{y}\right)^2=\alpha^2\left(\frac{u(x_1)}{x_1}\right)^2+\beta^2\left(\frac{u(x_2)}{x_2}\right)^2.
  • EN=∣x1−x2∣/u(x1)2+u(x2)2E_N=\abs{x_1-x_2}/\sqrt{u(x_1)^2+u(x_2)^2} ; compatibilité si EN⩽2E_N\leq 2. U=k uU=k\,u ; k=2k=2 pour 95 %95\,\%.
  • 3=1,732\sqrt3=1{,}732 ; 1/3=0,5771/\sqrt3=0{,}577 ; 1/(23)=1/12=0,2891/(2\sqrt3)=1/\sqrt{12}=0{,}289 ; 2=1,414\sqrt2=1{,}414.
Pièges
  • Recopier les huit chiffres de la calculatrice, donner une incertitude à trois chiffres significatifs, ou écrire valeur et incertitude à des rangs décimaux différents : ℓ=(12,345±0,03) m\ell=(12{,}345\pm 0{,}03)\ {\mathrm{m}} n’a pas de sens.
  • Additionner les incertitudes au lieu de composer leurs carrés ; composer des incertitudes relatives dans une somme ou une différence.
  • Confondre l’écart-type ss d’une série et l’incertitude u(xˉ)=s/nu(\bar x)=s/\sqrt n ; croire qu’augmenter nn réduit l’incertitude totale (seule la part de type A décroît), ou qu’une série reproductible est une série juste.
  • Conclure « ça ne marche pas » sans calculer l’écart normalisé, ou « ça marche » sur la seule valeur de rr ; forcer une régression par l’origine sans vérifier ∣b∣/u(b)⩽2\abs{b}/u(b)\leq 2.
  • Mélanger deux unités dans un même calcul ; verser l’eau dans l’acide ; jeter un déchet organique à l’évier.
Premier chapitreOptique géométrique →

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : types A et B, composition, écriture d’un résultat, écart normalisé

12 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hcalculatrice autorisée

  1. Vocabulaire de la mesureDifficulté 1 sur 3
  2. Évaluation de type A : la période d’un penduleDifficulté 1 sur 3
  3. Évaluation de type B : cinq instrumentsDifficulté 1 sur 3
  4. Écrire correctement un résultatDifficulté 1 sur 3
  5. Composer : sommes et différencesDifficulté 1 sur 3
  6. Composer : produits et quotientsDifficulté 2 sur 3
  7. Comparer deux valeurs : l’écart normaliséDifficulté 2 sur 3
  8. Loi normale, incertitude élargie et intervalle de confianceDifficulté 1 sur 3
  9. Analyse dimensionnelleDifficulté 2 sur 3
  10. Exploiter une régression linéaireDifficulté 2 sur 3
  11. Capacité numérique : simulation de Monte-CarloDifficulté 2 sur 3
  12. Prévention du risque au laboratoireDifficulté 1 sur 3
2

Exercices d'application

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Exploiter une séance de travaux pratiques : composition, régression, analyse critique

10 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Mesure d’une résistance par la méthode volt-ampèremétriqueDifficulté 2 sur 3
  2. Distance focale d’une lentille minceDifficulté 2 sur 3
  3. Masse volumique d’un cylindre métalliqueDifficulté 2 sur 3
  4. Titrage : où se cache l’incertitude ?Difficulté 2 sur 3
  5. Célérité du son par temps de volDifficulté 2 sur 3
  6. Dosage par étalonnage spectrophotométriqueDifficulté 2 sur 3
  7. Capacité numérique : quand la formule de composition se trompeDifficulté 3 sur 3
  8. Indice de réfraction au goniomètreDifficulté 2 sur 3
  9. Choisir un protocole de dilutionDifficulté 2 sur 3
  10. Analyser une incompatibilitéDifficulté 3 sur 3
3

Interrogation A

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Types A et B, composition, écriture d’un résultat, régression linéaire

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Étalonnage gravimétrique d’une pipette7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Étalonnage d’un capteur de pression7 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Composition, contribution dominante, Monte-Carlo, analyse d’une incompatibilité

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Titrage d’un vinaigre7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Mesure d’une distance focale, et sa simulation7 ptsDifficulté 3 sur 3
5

Approfondissement

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Huit problèmes pour comprendre d’où viennent les formules du chapitre

8 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 4 hcalculatrice autorisée

  1. D’où vient la composition quadratique ?Difficulté 3 sur 3
  2. D’où vient le facteur n\sqrt n ?Difficulté 3 sur 3
  3. Le facteur 3\sqrt3, et ses cousinsDifficulté 3 sur 3
  4. Les moindres carrés à la mainDifficulté 3 sur 3
  5. Choisir un calibre, choisir un point de fonctionnementDifficulté 3 sur 3
  6. Quand la linéarisation échoueDifficulté 3 sur 3
  7. Combien de mesures pour trancher ?Difficulté 3 sur 3
  8. L’analyse dimensionnelle comme outil de prédictionDifficulté 3 sur 3
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DS type concours

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Mesurer gg : deux méthodes, deux incertitudes, une erreur systématique

Durée : 3 hcalculatrice autorisée3 parties23 questionsbarème indicatif sur 20

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Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral

1 question de cours4 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 3 sur 3environ 20 min{20\,\mathrm{min}} par exercice

  1. Question de coursDifficulté 1 sur 3
  2. Diamètre d’un filDifficulté 1 sur 3
  3. Masse volumique d’un liquideDifficulté 2 sur 3
  4. Deux binômes, deux résultatsDifficulté 2 sur 3
  5. Une droite d’étalonnage et sa robustesseDifficulté 3 sur 3

Prépa · Physique-chimie : les 26 chapitres

  1. Mesures et incertitudes
  2. Optique géométrique
  3. Circuits dans l’ARQS
  4. Circuits du premier ordre
  5. Oscillateurs libres et forcés
  6. Filtrage linéaire
  7. Propagation et interférences
  8. Cinématique du point
  9. Lois de Newton
  10. Énergétique du point
  11. Particules chargées
  12. Transformations de la matière
  13. Cinétique chimique
  14. Structure des entités chimiques
  15. Moment cinétique et forces centrales
  16. Mouvement d’un solide
  17. Système thermodynamique
  18. Premier principe
  19. Deuxième principe
  20. Machines thermiques
  21. Champ magnétique et forces de Laplace
  22. Induction
  23. Physique quantique
  24. Solides cristallins
  25. Acide-base et précipitation
  26. Oxydo-réduction et diagrammes E-pH