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MPSI · Physique-chimie · Mécanique · Chapitre 8

Cinématique du point

Fiche de cours9 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Espace, temps, référentiel

Définition. En mécanique classique, l’espace est euclidien et de dimension trois, et le temps est absolu : deux observateurs quelconques mesurent la même durée entre deux événements et la même distance entre deux points au même instant. Le temps est repéré par une date tt, réel croissant, mesurée par une horloge.

Définition. Un référentiel R\mathcal{R} est la donnée d’un solide de référence (auquel on associe un repère d’espace) et d’une horloge. Décrire un mouvement sans préciser le référentiel n’a aucun sens : le mouvement est relatif.

Notation. On fixe dans R\mathcal{R} une origine OO et une base orthonormée directe (u⃗x,u⃗y,u⃗z)(\vv{u}_x,\vv{u}_y,\vv{u}_z) : c’est le repère (O,u⃗x,u⃗y,u⃗z)(O,\vv{u}_x,\vv{u}_y,\vv{u}_z). La position de MM est donnée par le vecteur position OM→\vect{OM}. Un voyageur assis dans un train est immobile dans le référentiel du wagon, en mouvement rectiligne uniforme dans le référentiel terrestre, et décrit une courbe compliquée dans le référentiel héliocentrique : aucune de ces descriptions n’est « la vraie ».

Remarque — limites du modèle classique. Le caractère absolu de l’espace et du temps est une approximation, prise en défaut dès que vv n’est plus très petite devant cc : les horloges des satellites GPS dérivent de 38 µs{38\,\mathrm{\text{µ}s}} par jour (soit 10 km{10\,\mathrm{km}} d’erreur de position) sans corrections relativistes, et les muons atmosphériques, de durée de vie propre 2,2 µs{2{,}2\,\mathrm{\text{µ}s}}, devraient s’arrêter après 660 m{660\,\mathrm{m}} alors qu’on les détecte au sol. À l’échelle atomique, c’est la notion même de trajectoire qui perd son sens (mécanique quantique).

2Paramétrage, trajectoire, degrés de liberté

Définition. La trajectoire de MM dans R\mathcal{R} est l’ensemble des positions occupées au cours du temps. Les équations horaires donnent les coordonnées en fonction de tt ; l’équation de la trajectoire s’obtient en éliminant tt entre elles. Le nombre de degrés de liberté est le nombre de paramètres indépendants repérant MM : 33 dans l’espace, 22 sur une surface, 11 sur une courbe.

Méthode — choisir ses coordonnées. Regarder les symétries : rectiligne ou parabolique →\to cartésiennes ; circulaire, en spirale ou autour d’un centre →\to cylindriques ; sur une sphère →\to sphériques. Un bon choix réduit le nombre de coordonnées variables, souvent à une seule.

3Vitesse et accélération

Définition. Le vecteur vitesse et le vecteur accélération de MM dans R\mathcal{R} sont les dérivées

v⃗M/R=( ⁣dOM→ ⁣dt) ⁣R,a⃗M/R=( ⁣dv⃗M/R ⁣dt) ⁣R=( ⁣d2OM→ ⁣dt2) ⁣R.\vv{v}_{M/\mathcal{R}}=\left(\frac{\dd\vect{OM}}{\dd t}\right)_{\!\mathcal{R}},\qquad \vv{a}_{M/\mathcal{R}}=\left(\frac{\dd\vv{v}_{M/\mathcal{R}}}{\dd t}\right)_{\!\mathcal{R}}=\left(\frac{\dd^2\vect{OM}}{\dd t^2}\right)_{\!\mathcal{R}}.

L’indice R\mathcal{R} rappelle que la dérivation se fait à vecteurs de base de R\mathcal{R} fixes ; on l’omet quand aucune ambiguïté n’est possible. Unités : m⋅s−1{\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} et m⋅s−2{\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-2}}.

Propriété — la vitesse est tangente. En notant  ⁣dOM→\dd\vect{OM} le déplacement élémentaire entre tt et t+ ⁣dtt+\dd t, v⃗= ⁣dOM→/ ⁣dt\vv{v}=\dd\vect{OM}/\dd t lui est colinéaire, donc toujours tangent à la trajectoire, dans le sens du mouvement ; a⃗\vv{a}, lui, n’a aucune raison d’être tangent. Enfin v⃗\vv{v} et a⃗\vv{a} ne dépendent pas de l’origine OO (deux origines fixes diffèrent d’un vecteur constant), mais bien du référentiel.

4Coordonnées cartésiennes

Propriété. La base (u⃗x,u⃗y,u⃗z)(\vv{u}_x,\vv{u}_y,\vv{u}_z) est fixe dans R\mathcal{R} : dériver revient à dériver les composantes.

OM→=x u⃗x+y u⃗y+z u⃗z, ⁣dOM→= ⁣dx u⃗x+ ⁣dy u⃗y+ ⁣dz u⃗z,\vect{OM}=x\,\vv{u}_x+y\,\vv{u}_y+z\,\vv{u}_z,\qquad \dd\vect{OM}=\dd x\,\vv{u}_x+\dd y\,\vv{u}_y+\dd z\,\vv{u}_z,
 v⃗=x˙ u⃗x+y˙ u⃗y+z˙ u⃗z  a⃗=x¨ u⃗x+y¨ u⃗y+z¨ u⃗z \boxed{\ \vv{v}=\dot{x}\,\vv{u}_x+\dot{y}\,\vv{u}_y+\dot{z}\,\vv{u}_z\ }\qquad \boxed{\ \vv{a}=\ddot{x}\,\vv{u}_x+\ddot{y}\,\vv{u}_y+\ddot{z}\,\vv{u}_z\ }

5Coordonnées cylindriques

Définition. Soit mm le projeté orthogonal de MM sur le plan (Oxy)(Oxy). On pose r=Om⩾0r=Om\geq 0, distance de MM à l’axe OzOz, θ\theta l’angle orienté (u⃗x,Om→)(\vv{u}_x,\vect{Om}) et zz la cote. On construit la base locale (u⃗r,u⃗θ,u⃗z)(\vv{u}_r,\vv{u}_\theta,\vv{u}_z), orthonormée directe, avec

u⃗r=cos⁡θ u⃗x+sin⁡θ u⃗y,u⃗θ=−sin⁡θ u⃗x+cos⁡θ u⃗y.\vv{u}_r=\cos\theta\,\vv{u}_x+\sin\theta\,\vv{u}_y,\qquad \vv{u}_\theta=-\sin\theta\,\vv{u}_x+\cos\theta\,\vv{u}_y .

Cette base dépend de la position du point : elle tourne avec lui. Quand z=0z=0 on parle de coordonnées polaires (r,θ)(r,\theta).

Figure 1 — Coordonnées cylindriques (r,θ,z)(r,\theta,z) et base locale.

Figure 2 — Coordonnées sphériques (r,θ,φ)(r,\theta,\varphi) et base locale.

Théorème — dérivées des vecteurs de base. La base locale ne dépend du temps que par θ\theta, donc

  ⁣du⃗r ⁣dt=θ˙ u⃗θ   ⁣du⃗θ ⁣dt=−θ˙ u⃗r  ⁣du⃗z ⁣dt=0⃗.\boxed{\ \frac{\dd\vv{u}_r}{\dd t}=\dot{\theta}\,\vv{u}_\theta\ }\qquad\qquad \boxed{\ \frac{\dd\vv{u}_\theta}{\dd t}=-\dot{\theta}\,\vv{u}_r\ }\qquad\qquad \frac{\dd\vv{u}_z}{\dd t}=\vv{0}.

Idée : dériver u⃗r=cos⁡θ u⃗x+sin⁡θ u⃗y\vv{u}_r=\cos\theta\,\vv{u}_x+\sin\theta\,\vv{u}_y par rapport à tt (u⃗x,u⃗y\vv{u}_x,\vv{u}_y fixes) et reconnaître u⃗θ\vv{u}_\theta ; de même pour u⃗θ\vv{u}_\theta. Géométriquement : dériver un vecteur unitaire tournant, c’est le faire tourner d’un quart de tour direct et le multiplier par θ˙\dot\theta.

Théorème — expressions exigibles. Avec OM→=r u⃗r+z u⃗z\vect{OM}=r\,\vv{u}_r+z\,\vv{u}_z :

  ⁣dOM→= ⁣dr u⃗r+r  ⁣dθ u⃗θ+ ⁣dz u⃗z  v⃗=r˙ u⃗r+rθ˙ u⃗θ+z˙ u⃗z \boxed{\ \dd\vect{OM}=\dd r\,\vv{u}_r+r\,\dd\theta\,\vv{u}_\theta+\dd z\,\vv{u}_z\ }\qquad \boxed{\ \vv{v}=\dot{r}\,\vv{u}_r+r\dot{\theta}\,\vv{u}_\theta+\dot{z}\,\vv{u}_z\ }
 a⃗=(r¨−rθ˙ 2) u⃗r+(rθ¨+2r˙θ˙) u⃗θ+z¨ u⃗z \boxed{\ \vv{a}=\bigl(\ddot{r}-r\dot{\theta}^{\,2}\bigr)\,\vv{u}_r+\bigl(r\ddot{\theta}+2\dot{r}\dot{\theta}\bigr)\,\vv{u}_\theta+\ddot{z}\,\vv{u}_z\ }

Idée : dériver OM→=r u⃗r+z u⃗z\vect{OM}=r\,\vv{u}_r+z\,\vv{u}_z en traitant rr, zz et u⃗r\vv{u}_r comme fonctions du temps, puis recommencer sur v⃗\vv{v}.

AttentionLes deux termes que l’on oublie

Dans a⃗\vv{a}, les termes −rθ˙ 2-r\dot{\theta}^{\,2} (accélération centripète) et 2r˙θ˙2\dot{r}\dot{\theta} (terme de Coriolis) viennent de la rotation de la base, non de la dérivation des composantes : écrire a⃗=r¨ u⃗r+rθ¨ u⃗θ\vv{a}=\ddot{r}\,\vv{u}_r+r\ddot{\theta}\,\vv{u}_\theta est l’erreur la plus fréquente du chapitre.

6Coordonnées sphériques

Définition. r=OM⩾0r=OM\geq 0 ; θ∈[0 ;π]\theta\in\intff{0}{\pi} est la colatitude, angle entre u⃗z\vv{u}_z et OM→\vect{OM} ; φ∈[0 ;2π[\varphi\in\intfo{0}{2\pi} est la longitude, angle du projeté dans (Oxy)(Oxy). La base locale (u⃗r,u⃗θ,u⃗φ)(\vv{u}_r,\vv{u}_\theta,\vv{u}_\varphi) est orthonormée directe, chaque vecteur pointant vers les valeurs croissantes de la coordonnée correspondante (u⃗θ\vv{u}_\theta vers le « sud », u⃗φ\vv{u}_\varphi vers l’« est »).

Théorème — déplacement élémentaire. En faisant varier une seule coordonnée à la fois, on lit géométriquement sur la figure 2 :

 OM→=r u⃗r   ⁣dOM→= ⁣dr u⃗r+r  ⁣dθ u⃗θ+rsin⁡θ  ⁣dφ u⃗φ \boxed{\ \vect{OM}=r\,\vv{u}_r\ }\qquad\qquad \boxed{\ \dd\vect{OM}=\dd r\,\vv{u}_r+r\,\dd\theta\,\vv{u}_\theta+r\sin\theta\,\dd\varphi\,\vv{u}_\varphi\ }

Le facteur rsin⁡θr\sin\theta est le rayon du parallèle sur lequel se déplace MM lorsque seul φ\varphi varie : c’est la distance de MM à l’axe OzOz.

AttentionLimite du programme

En coordonnées sphériques, les expressions des composantes de la vitesse et de l’accélération ne sont pas exigibles : le programme demande d’« établir les expressions des composantes des vecteurs position, déplacement élémentaire, vitesse et accélération dans les seuls cas des coordonnées cartésiennes et cylindriques ». En sphériques, on sait construire le trièdre local et écrire  ⁣dOM→\dd\vect{OM} — rien de plus. Tout énoncé utilisant a⃗\vv{a} en sphériques est hors sujet en MPSI.

7Repère de Frenet et courbure (trajectoire plane)

Définition. On oriente la trajectoire et on note s(t)s(t) l’abscisse curviligne, telle que  ⁣ds=∥ ⁣dOM→∥\dd s=\norme{\dd\vect{OM}} pour un mouvement dans le sens positif. La base de Frenet en MM est (u⃗T,u⃗N)(\vv{u}_T,\vv{u}_N) : u⃗T\vv{u}_T unitaire tangent orienté dans le sens du mouvement, u⃗N\vv{u}_N unitaire normal dirigé vers le centre de courbure (vers l’intérieur de la concavité).

Définition. Le cercle osculateur en MM est le cercle tangent à la trajectoire qui épouse le mieux la courbe au voisinage de MM ; son rayon Rc>0R_c>0 est le rayon de courbure et son centre est C=M+Rc u⃗NC=M+R_c\,\vv{u}_N. Une droite correspond à Rc→+∞R_c\to+\infty, un cercle de rayon RR à Rc=RR_c=R partout.

Théorème — décomposition de Frenet. Pour un mouvement plan de vitesse v⃗=v u⃗T\vv{v}=v\,\vv{u}_T avec v= ⁣ds ⁣dt>0v=\dfrac{\dd s}{\dd t}>0 :

 a⃗= ⁣dv ⁣dt⏟aT u⃗T+v2Rc⏟aN u⃗N \boxed{\ \vv{a}=\underbrace{\frac{\dd v}{\dd t}}_{a_T}\,\vv{u}_T+\underbrace{\frac{v^{2}}{R_c}}_{a_N}\,\vv{u}_N\ }

Idée : dériver v⃗=v u⃗T\vv{v}=v\,\vv{u}_T ; le premier terme vient de la variation de la norme, le second de la rotation de u⃗T\vv{u}_T, dont la dérivée vaut  ⁣du⃗T/ ⁣dt=(v/Rc) u⃗N\dd\vv{u}_T/\dd t=(v/R_c)\,\vv{u}_N. Comme aN⩾0a_N\geq 0 toujours, l’accélération pointe du côté concave ; et le signe de aT=a⃗⋅u⃗Ta_T=\vv{a}\cdot\vv{u}_T, celui de a⃗⋅v⃗\vv{a}\cdot\vv{v}, dit si le mouvement est accéléré (>0>0), uniforme (=0=0) ou retardé (<0<0).

Figure 3 — Base de Frenet sur une trajectoire plane : v⃗\vv{v} est tangente, a⃗\vv{a} est tournée vers la concavité.

Méthode — déterminer un rayon de courbure. Calculer v⃗\vv{v} et a⃗\vv{a} dans un système commode, puis v=∥v⃗∥v=\norme{\vv{v}}, aT= ⁣dv/ ⁣dta_T=\dd v/\dd t et aN=a2−aT 2a_N=\sqrt{a^2-a_T^{\,2}}, d’où Rc=v2/aNR_c=v^2/a_N ; on peut aussi projeter directement a⃗\vv{a} sur u⃗N\vv{u}_N.

8Mouvements types

Propriété — mouvement rectiligne. La trajectoire est portée par une droite fixe, d’où une seule coordonnée xx. Il est uniforme si vv est constante (x=v0t+x0x=v_0t+x_0, a⃗=0⃗\vv{a}=\vv{0}), uniformément accéléré si a⃗=a0u⃗x\vv{a}=a_0\vv{u}_x est constant :

v(t)=a0t+v0,x(t)=12a0t2+v0t+x0,v2−v0 2=2a0 (x−x0),v(t)=a_0t+v_0,\qquad x(t)=\tfrac12 a_0t^2+v_0t+x_0,\qquad v^2-v_0^{\,2}=2a_0\,(x-x_0),

la dernière relation, obtenue en éliminant tt, évitant bien des calculs.

Théorème — mouvement à vecteur accélération constant. Si a⃗=a⃗0\vv{a}=\vv{a}_0 est constant, une double intégration vectorielle donne v⃗(t)=a⃗0 t+v⃗0\vv{v}(t)=\vv{a}_0\,t+\vv{v}_0 et OM→(t)=12 a⃗0 t2+v⃗0 t+OM0→\vect{OM}(t)=\tfrac12\,\vv{a}_0\,t^2+\vv{v}_0\,t+\vect{OM_0}. Le mouvement est plan (plan passant par M0M_0 et dirigé par v⃗0\vv{v}_0 et a⃗0\vv{a}_0) et la trajectoire est une parabole d’axe parallèle à a⃗0\vv{a}_0 — sauf si v⃗0\vv{v}_0 et a⃗0\vv{a}_0 sont colinéaires, le mouvement étant alors rectiligne.

Méthode — équation de la trajectoire. Avec a⃗0=−g u⃗y\vv{a}_0=-g\,\vv{u}_y et v⃗0=v0(cos⁡α u⃗x+sin⁡α u⃗y)\vv{v}_0=v_0(\cos\alpha\,\vv{u}_x+\sin\alpha\,\vv{u}_y) depuis l’origine, on tire t=xv0cos⁡αt=\dfrac{x}{v_0\cos\alpha} de la première équation horaire et on le reporte dans la seconde : y=−g2v0 2cos⁡2α x2+xtan⁡αy=-\dfrac{g}{2v_0^{\,2}\cos^2\alpha}\,x^2+x\tan\alpha.

Théorème — mouvement circulaire. Le point décrit un cercle de centre OO et de rayon RR : r=Rr=R, r˙=r¨=0\dot r=\ddot r=0, et il ne reste qu’un degré de liberté, θ(t)\theta(t). On note ω=θ˙\omega=\dot\theta la vitesse angulaire (rad⋅s−1{\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}). Alors

OM→=R u⃗r, v⃗=Rθ˙ u⃗θ , a⃗=−Rθ˙ 2 u⃗r+Rθ¨ u⃗θ \vect{OM}=R\,\vv{u}_r,\qquad \boxed{\ \vv{v}=R\dot\theta\,\vv{u}_\theta\ },\qquad \boxed{\ \vv{a}=-R\dot{\theta}^{\,2}\,\vv{u}_r+R\ddot{\theta}\,\vv{u}_\theta\ }

Si θ˙>0\dot\theta>0, u⃗θ=u⃗T\vv{u}_\theta=\vv{u}_T et −u⃗r=u⃗N-\vv{u}_r=\vv{u}_N : on retrouve aN=v2/Ra_N=v^2/R, aT= ⁣dv/ ⁣dt=Rθ¨a_T=\dd v/\dd t=R\ddot\theta et Rc=RR_c=R.

Propriété — circulaire uniforme. Si θ˙=ω\dot\theta=\omega est constante, v=R∣ω∣v=R\abs{\omega} est constante, la période vaut T=2π/∣ω∣T=2\pi/\abs{\omega}, et a⃗=−Rω2 u⃗r\vv{a}=-R\omega^2\,\vv{u}_r est purement centripète, de norme constante a=Rω2=v2/R=v∣ω∣a=R\omega^2=v^2/R=v\abs{\omega}. Un mouvement circulaire uniforme n’a pas une accélération nulle : seule la norme de la vitesse est constante, pas sa direction.

Figure 4 — Circulaire uniforme : a⃗\vv{a} est centripète.

Figure 5 — Circulaire accéléré (θ¨>0\ddot\theta>0) : a⃗\vv{a} est en avance sur −u⃗r-\vv{u}_r.

9Capacité expérimentale : exploiter un enregistrement vidéo

Méthode — pointage vidéo. Un logiciel fournit une suite de positions (xk,yk)(x_k,y_k) aux dates tk=k Δtt_k=k\,\Delta t, Δt\Delta t étant l’inverse de la fréquence d’acquisition. On estime la vitesse par une différence centrée, bien plus précise qu’une différence à droite : vx,k≃xk+1−xk−12 Δtv_{x,k}\simeq\dfrac{x_{k+1}-x_{k-1}}{2\,\Delta t} et ax,k≃vx,k+1−vx,k−12 Δt≃xk+2−2xk+xk−24 Δt2a_{x,k}\simeq\dfrac{v_{x,k+1}-v_{x,k-1}}{2\,\Delta t}\simeq\dfrac{x_{k+2}-2x_k+x_{k-2}}{4\,\Delta t^2}. La vitesse n’est donc pas calculable aux points extrêmes. Le vecteur vitesse tracé en MkM_k doit apparaître tangent à la trajectoire : c’est le premier contrôle de cohérence.

t, x, y = np.loadtxt("pointage.csv", delimiter=",", unpack=True) ; dt = t[1] - t[0]
vx, vy = (x[2:] - x[:-2]) / (2*dt), (y[2:] - y[:-2]) / (2*dt)   # k = 1 ... N-2
ax, ay = (vx[2:] - vx[:-2]) / (2*dt), (vy[2:] - vy[:-2]) / (2*dt)
print(np.hypot(vx, vy), np.mean(ay))       # ~ -9.8 m/s^2 en chute libre

10Démonstrations exigibles et savoir-faire

Savoir-faire
  • Démonstrations à savoir refaire :  ⁣du⃗r/ ⁣dt=θ˙ u⃗θ\dd\vv{u}_r/\dd t=\dot\theta\,\vv{u}_\theta et  ⁣du⃗θ/ ⁣dt=−θ˙ u⃗r\dd\vv{u}_\theta/\dd t=-\dot\theta\,\vv{u}_r, puis v⃗\vv{v} et a⃗\vv{a} en cylindriques ;  ⁣dOM→\dd\vect{OM} en sphériques ; décomposition de Frenet ; mouvement à accélération constante ; a=v2/Ra=v^2/R pour le circulaire uniforme.
  • Choisir référentiel, repère et système de coordonnées adaptés ; compter les degrés de liberté.
  • Établir  ⁣dOM→\dd\vect{OM}, v⃗\vv{v} et a⃗\vv{a} en cartésiennes et en cylindriques ; construire le trièdre local en sphériques.
  • Passer des équations horaires à l’équation de la trajectoire par élimination de tt ; traiter un mouvement à accélération constante (portée, flèche, durée de vol).
  • Traiter un mouvement circulaire uniforme ou non : v=R∣θ˙∣v=R\abs{\dot\theta}, aN=v2/Ra_N=v^2/R, aT=Rθ¨a_T=R\ddot\theta.
  • Situer qualitativement v⃗\vv{v} et a⃗\vv{a} sur une trajectoire ; conclure sur le signe de a⃗⋅v⃗\vv{a}\cdot\vv{v} ; calculer Rc=v2/aNR_c=v^2/a_N. Exploiter un pointage vidéo par différences centrées.
FormulaireLes relations à connaître par cœur
  • Cartésiennes : v⃗=x˙ u⃗x+y˙ u⃗y+z˙ u⃗z\vv{v}=\dot x\,\vv{u}_x+\dot y\,\vv{u}_y+\dot z\,\vv{u}_z ; a⃗=x¨ u⃗x+y¨ u⃗y+z¨ u⃗z\vv{a}=\ddot x\,\vv{u}_x+\ddot y\,\vv{u}_y+\ddot z\,\vv{u}_z.
  • Cylindriques : v⃗=r˙ u⃗r+rθ˙ u⃗θ+z˙ u⃗z\vv{v}=\dot r\,\vv{u}_r+r\dot\theta\,\vv{u}_\theta+\dot z\,\vv{u}_z ; a⃗=(r¨−rθ˙ 2) u⃗r+(rθ¨+2r˙θ˙) u⃗θ+z¨ u⃗z\vv{a}=(\ddot r-r\dot\theta^{\,2})\,\vv{u}_r+(r\ddot\theta+2\dot r\dot\theta)\,\vv{u}_\theta+\ddot z\,\vv{u}_z.
  • Sphériques (seulement) : OM→=r u⃗r\vect{OM}=r\,\vv{u}_r ;  ⁣dOM→= ⁣dr u⃗r+r  ⁣dθ u⃗θ+rsin⁡θ  ⁣dφ u⃗φ\dd\vect{OM}=\dd r\,\vv{u}_r+r\,\dd\theta\,\vv{u}_\theta+r\sin\theta\,\dd\varphi\,\vv{u}_\varphi.
  • Frenet : v⃗=v u⃗T\vv{v}=v\,\vv{u}_T ; a⃗= ⁣dv ⁣dt u⃗T+v2Rc u⃗N\vv{a}=\dfrac{\dd v}{\dd t}\,\vv{u}_T+\dfrac{v^2}{R_c}\,\vv{u}_N ; Rc=v2aNR_c=\dfrac{v^2}{a_N}. Circulaire : v=R∣θ˙∣v=R\abs{\dot\theta} ; aN=v2Ra_N=\dfrac{v^2}{R} ; aT=Rθ¨a_T=R\ddot\theta ; uniforme : T=2π∣ω∣T=\dfrac{2\pi}{\abs{\omega}}.
  • Accélération constante : OM→=12a⃗0t2+v⃗0t+OM0→\vect{OM}=\frac12\vv{a}_0t^2+\vv{v}_0t+\vect{OM_0} ; rectiligne : v2−v0 2=2a0 Δxv^2-v_0^{\,2}=2a_0\,\Delta x.
  • Ordres de grandeur : marcheur 1,5 m⋅s−1{1{,}5\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}, voiture 30 m⋅s−1{30\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}, avion 250 m⋅s−1{250\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}, satellite bas 7,7 km⋅s−1{7{,}7\,\mathrm{km}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} ; g=9,81 m⋅s−2g={9{,}81\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-2}} ; voiture ≈3 m⋅s−2\approx{3\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-2}} ; centrifugeuse 1010 à 100 g100\,g.
Pièges
  • Dériver les composantes en oubliant que u⃗r\vv{u}_r et u⃗θ\vv{u}_\theta tournent : a⃗≠r¨ u⃗r+rθ¨ u⃗θ\vv{a}\neq\ddot r\,\vv{u}_r+r\ddot\theta\,\vv{u}_\theta.
  • Écrire v⃗=r˙ u⃗r\vv{v}=\dot r\,\vv{u}_r pour un mouvement circulaire : r˙=0\dot r=0 et v⃗=Rθ˙ u⃗θ\vv{v}=R\dot\theta\,\vv{u}_\theta. Confondre  ⁣dv/ ⁣dt\dd v/\dd t (dérivée de la norme) et ∥a⃗∥\norme{\vv{a}} : égales seulement en rectiligne.
  • Croire qu’un mouvement circulaire uniforme a une accélération nulle, ou qu’accélération nulle entraîne vitesse nulle.
  • Confondre θ˙\dot\theta (rad⋅s−1{\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}) et v=R∣θ˙∣v=R\abs{\dot\theta} (m⋅s−1{\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}) ; travailler en degrés là où la formule suppose des radians.
  • Utiliser v⃗\vv{v} ou a⃗\vv{a} en sphériques (hors programme) ; oublier le sin⁡θ\sin\theta de  ⁣dOM→\dd\vect{OM} ou prendre θ\theta pour une latitude.
  • Oublier de préciser le référentiel, ou en changer en cours de calcul ; orienter u⃗N\vv{u}_N « vers l’extérieur » alors qu’il pointe vers le centre de courbure (aN=v2/Rc>0a_N=v^2/R_c>0).

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : dérivation vectorielle, systèmes de coordonnées, Frenet, mouvements types

11 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hcalculatrice autorisée

  1. Un mouvement plan en cartésiennesDifficulté 1 sur 3
  2. Démarrage et freinage d’une voitureDifficulté 1 sur 3
  3. Degrés de liberté et choix des coordonnéesDifficulté 1 sur 3
  4. La base polaire : dérivées et expressionsDifficulté 1 sur 3
  5. Un manège : mouvement circulaire uniformeDifficulté 1 sur 3
  6. Un disque dur : mouvement circulaire non uniformeDifficulté 2 sur 3
  7. Déplacement élémentaire et trièdre localDifficulté 2 sur 3
  8. Spirale d’ArchimèdeDifficulté 2 sur 3
  9. Base de Frenet sur un tirDifficulté 2 sur 3
  10. Traversée d’une rivièreDifficulté 2 sur 3
  11. Exploitation d’un enregistrement vidéoDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Applications : trajectoires paraboliques, courbure, coordonnées cylindriques, relativité du mouvement

9 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3 à Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Portée, flèche et angle optimalDifficulté 2 sur 3
  2. Tir sur un plan inclinéDifficulté 3 sur 3
  3. Rayon de courbure le long d’une paraboleDifficulté 2 sur 3
  4. Mouvement elliptique et accélération centraleDifficulté 2 sur 3
  5. Spirale logarithmiqueDifficulté 3 sur 3
  6. Cinématique d’un penduleDifficulté 2 sur 3
  7. Mouvement hélicoïdalDifficulté 2 sur 3
  8. Le vent ralentit toujoursDifficulté 2 sur 3
  9. Exploitation quantitative d’un pointage vidéoDifficulté 3 sur 3
3

Interrogation A

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Référentiels, coordonnées cylindriques, mouvement circulaire, repère de Frenet

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. La centrifugeuse d’entraînement des pilotes7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Un tir au panier7 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Coordonnées polaires, courbure, relativité du mouvement

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Une droite vue en coordonnées polaires7 ptsDifficulté 3 sur 3
  3. Largage d’un colis7 ptsDifficulté 2 sur 3
5

Approfondissement

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Courbure, développée, parabole de sûreté, loi des aires, hodographe

7 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 4 hcalculatrice autorisée

  1. La formule générale du rayon de courbureDifficulté 3 sur 3
  2. La vitesse en coordonnées sphériques (non exigible — pour aller plus loin)Difficulté 3 sur 3
  3. Accélération centrale et loi des airesDifficulté 3 sur 3
  4. La parabole de sûretéDifficulté 3 sur 3
  5. Quand la norme de la vitesse est constanteDifficulté 3 sur 3
  6. L’hodographe (hors programme — pour aller plus loin)Difficulté 3 sur 3
  7. La développée d’une paraboleDifficulté 3 sur 3
6

DS type concours

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La cinématique de la roue

Durée : 3 h 30calculatrice autorisée3 parties21 questionsbarème indicatif sur 20

7

Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral

1 question de cours4 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 3 sur 3environ 20 min{20\,\mathrm{min}} par exercice

  1. Question de coursDifficulté 1 sur 3
  2. Freinage d’un trainDifficulté 1 sur 3
  3. Une perle sur une tige tournanteDifficulté 2 sur 3
  4. La pluie vue d’une voitureDifficulté 2 sur 3
  5. La cardioïdeDifficulté 3 sur 3

Prépa · Physique-chimie : les 26 chapitres

  1. Mesures et incertitudes
  2. Optique géométrique
  3. Circuits dans l’ARQS
  4. Circuits du premier ordre
  5. Oscillateurs libres et forcés
  6. Filtrage linéaire
  7. Propagation et interférences
  8. Cinématique du point
  9. Lois de Newton
  10. Énergétique du point
  11. Particules chargées
  12. Transformations de la matière
  13. Cinétique chimique
  14. Structure des entités chimiques
  15. Moment cinétique et forces centrales
  16. Mouvement d’un solide
  17. Système thermodynamique
  18. Premier principe
  19. Deuxième principe
  20. Machines thermiques
  21. Champ magnétique et forces de Laplace
  22. Induction
  23. Physique quantique
  24. Solides cristallins
  25. Acide-base et précipitation
  26. Oxydo-réduction et diagrammes E-pH