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MPSI · Physique-chimie · Constitution et transformations de la matière · Chapitre 26

Oxydo-réduction et diagrammes E-pH

Fiche de cours12 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Oxydant, réducteur, couple

Définition. Une oxydation est une perte d’électrons, une réduction un gain d’électrons. Un oxydant est une espèce capable de capter un ou plusieurs électrons, un réducteur une espèce capable d’en céder. Deux espèces échangeables l’une en l’autre par transfert de nn électrons forment un couple oxydant-réducteur Ox/Red\mathrm{Ox}/\mathrm{Red}, de demi-équation électronique

α Ox+n e− ⇌ β Red(eˊcrite dans le sens de la reˊduction, l’oxydant aˋ gauche).\alpha\,\mathrm{Ox}+n\,\e^- \ \rightleftharpoons\ \beta\,\mathrm{Red} \qquad\text{(écrite \emph{dans le sens de la réduction}, l'oxydant à gauche).}

Propriété — tableau périodique. Le caractère du corps simple se lit sur la position de l’élément : un métal (à gauche et au centre, faible électronégativité et faible énergie d’ionisation) cède ses électrons de valence, c’est un réducteur ; un non-métal du bloc p à droite (forte électronégativité) les capte, c’est un oxydant. Le caractère réducteur croît vers le bas et vers la gauche, le caractère oxydant vers le haut et vers la droite.

2Nombre d’oxydation

Définition. Le nombre d’oxydation (n.o.) d’un élément dans une entité est la charge fictive qu’il porterait si toutes les liaisons étaient ioniques, les électrons de chaque liaison étant attribués à l’atome le plus électronégatif. Il s’écrit en chiffres romains signés.

Méthode — règles de calcul. (i) corps simple : n.o. =0=0 ; (ii) ion monoatomique : n.o. == charge ; (iii) dans une entité, la somme des n.o. vaut la charge globale ; (iv) n.o.(O)=−II(\ce{O})=-\mathrm{II} (sauf peroxydes, −I-\mathrm{I}), n.o.(H)=+I(\ce{H})=+\mathrm{I} (sauf hydrures métalliques, −I-\mathrm{I}), n.o.(F)=−I(\ce{F})=-\mathrm{I}. Dans la notation Ox/Red\mathrm{Ox}/\mathrm{Red}, l’oxydant s’écrit toujours en premier.

Exemplequatre calculs

MnOX4X−\ce{MnO4^-} : x+4(−2)=−1x+4(-2)=-1, n.o.(Mn)=+VII(\ce{Mn})=+\mathrm{VII}. SX2OX3X2−\ce{S2O3^2-} : 2x−6=−22x-6=-2, n.o.(S)=+II(\ce{S})=+\mathrm{II} (valeur moyenne). HX2OX2\ce{H2O2} : peroxyde, n.o.(O)=−I(\ce{O})=-\mathrm{I}. SX4OX6X2−\ce{S4O6^2-} : 4x−12=−24x-12=-2, n.o.(S)=+V/2(\ce{S})=+\mathrm{V}/2 : une n.o. moyenne peut être fractionnaire.

Propriété — reconnaître une réaction d’oxydo-réduction. Une transformation en est une si et seulement si le n.o. d’au moins un élément varie. L’élément dont le n.o. augmente est oxydé, celui dont le n.o. diminue est réduit, et le nombre d’électrons échangés par atome est la variation de son n.o.

Propriété — nombres d’oxydation extrêmes. Pour un élément d’un bloc principal, en notant NvN_v son nombre d’électrons de valence :

n.o.max⁡=+Nvet, pour un non-meˊtal du bloc p,n.o.min⁡=Nv−8.\text{n.o.}_{\max}=+N_v \qquad\text{et, pour un non-métal du bloc p,}\qquad \text{n.o.}_{\min}=N_v-8 .

En effet un élément ne peut pas céder plus que ses électrons de valence, ni en capter plus qu’il n’en manque pour saturer sa couche de valence à huit électrons. Exemples : S\ce{S} (colonne 16, Nv=6N_v=6) va de −II-\mathrm{II} (HX2S\ce{H2S}) à +VI+\mathrm{VI} (SOX4X2−\ce{SO4^2-}) ; Cl\ce{Cl} (colonne 17) de −I-\mathrm{I} à +VII+\mathrm{VII} (ClOX4X−\ce{ClO4^-}) ; Mn\ce{Mn} (colonne 7) jusqu’à +VII+\mathrm{VII} (MnOX4X−\ce{MnO4^-}).

DonnéesOxydants et réducteurs usuels à connaître — nom, nature, formule
  • ion thiosulfate SX2OX3X2−\ce{S2O3^2-} : réducteur ; couple SX4OX6X2−\ce{S4O6^2-}/SX2OX3X2−\ce{S2O3^2-} (ion tétrathionate), E∘=0,09 VE^\circ={0{,}09\,\mathrm{V}}.
  • ion permanganate MnOX4X−\ce{MnO4^-} : oxydant fort, violet ; couple MnOX4X−\ce{MnO4^-}/MnX2+\ce{Mn^2+} en milieu acide, E∘=1,51 VE^\circ={1{,}51\,\mathrm{V}}.
  • ion hypochlorite ClOX−\ce{ClO^-} : oxydant (principe actif de l’eau de Javel) ; couple ClOX−\ce{ClO^-}/ClX−\ce{Cl^-}.
  • peroxyde d’hydrogène HX2OX2\ce{H2O2} : à la fois oxydant (HX2OX2\ce{H2O2}/HX2O\ce{H2O}, E∘=1,76 VE^\circ={1{,}76\,\mathrm{V}}) et réducteur (OX2\ce{O2}/HX2OX2\ce{H2O2}, E∘=0,68 VE^\circ={0{,}68\,\mathrm{V}}) : l’oxygène y est au n.o. intermédiaire −I-\mathrm{I}.

3Équilibrer

Méthode — une demi-équation en milieu aqueux acide. (1) équilibrer l’élément caractéristique ; (2) équilibrer l’oxygène avec HX2O\ce{H2O} ; (3) équilibrer l’hydrogène avec HX+\ce{H+} ; (4) équilibrer les charges avec les électrons, placés du côté de l’oxydant ; (5) contrôler : conservation de chaque élément et de la charge. En milieu basique, on remplace ensuite HX+\ce{H+} par HX2O\ce{H2O} et l’on ajoute autant de OHX−\ce{OH^-} de l’autre côté.

Méthode — une équation d’oxydo-réduction. Écrire les deux demi-équations dans le sens où elles se produisent, les multiplier de sorte que les nombres d’électrons soient égaux, puis les additionner : les électrons ne figurent jamais dans l’équation bilan. Simplifier ensuite les HX+\ce{H+} et HX2O\ce{H2O} présents des deux côtés et contrôler élément par élément et en charge.

Exemplepermanganate et fer(II) en milieu acide

1×1\times(MnOX4X−+8 HX++5 eX−=MnX2++4 HX2O)\ce{(MnO4^- + 8 H+ + 5 e^- = Mn^2+ + 4 H2O)} et 5×5\times(FeX2+=FeX3++eX−)\ce{(Fe^2+ = Fe^3+ + e^-)} donnent MnOX4X−+5 FeX2++8 HX+→MnX2++5 FeX3++4 HX2O\ce{MnO4^- + 5 Fe^2+ + 8 H+ -> Mn^2+ + 5 Fe^3+ + 4 H2O}. Contrôle : Mn\ce{Mn} 1/1, O\ce{O} 4/4, Fe\ce{Fe} 5/5, H\ce{H} 8/8 ; charges −1+10+8=+17-1+10+8=+17 et +2+15=+17+2+15=+17.

4Piles et potentiel d’électrode

Définition. Une pile est constituée de deux demi-piles reliées par un pont salin, qui assure le passage du courant sans mélanger les solutions. La tension à vide U0U_0 (ou force électromotrice) est la tension entre les deux bornes lorsqu’aucun courant ne circule.

Définition. Le potentiel d’électrode EE d’une demi-pile est la tension à vide de la pile qu’elle forme avec l’électrode standard à hydrogène (ESH : Pt\ce{Pt}, HX2\ce{H2} sous P∘P^\circ, HX+\ce{H+} d’activité 11), électrode de référence à laquelle on attribue conventionnellement E=0E=0 à toute température. Le potentiel standard E∘E^\circ d’un couple est son potentiel d’électrode lorsque toutes les espèces du couple sont dans leur état standard (activités égales à 11).

Propriété — fonctionnement d’une pile. U0=E+−E−U_0=E_+-E_-. L’électrode de plus grand potentiel est le pôle ++, siège de la réduction (cathode) ; celle de plus petit potentiel est le pôle −-, siège de l’oxydation (anode). Dans le circuit extérieur les électrons vont du pôle −- vers le pôle ++, le courant en sens inverse. La pile débite jusqu’à E+=E−E_+=E_- : elle est alors usée et le système chimique est à l’équilibre.

Notation. En pratique on mesure par rapport à une électrode de référence commode plutôt que l’ESH : l’électrode au calomel saturé (ECS), EECS=0,25 VE_{\text{ECS}}={0{,}25\,\mathrm{V}} à 298 K{298\,\mathrm{K}}, d’où E/ESH=E/ECS+0,25 VE_{/\text{ESH}}=E_{/\text{ECS}}+{0{,}25\,\mathrm{V}}.

5La relation de Nernst (admise)

Théorème — relation de Nernst — admise en première année. Pour le couple de demi-équation α Ox+n e−=β Red\alpha\,\mathrm{Ox}+n\,\e^-=\beta\,\mathrm{Red}, le potentiel d’électrode vaut

 E=E∘+RTnF ln⁡aOx αaRed β = E∘+0,06n log⁡aOx αaRed β (V, aˋ 298 K). \boxed{\ E=E^\circ+\frac{RT}{nF}\,\ln\frac{a_{\mathrm{Ox}}^{\,\alpha}}{a_{\mathrm{Red}}^{\,\beta}} \ =\ E^\circ+\frac{0{,}06}{n}\,\log\frac{a_{\mathrm{Ox}}^{\,\alpha}}{a_{\mathrm{Red}}^{\,\beta}}\ \text{(V, à ${298\,\mathrm{K}}$)}.\ }

Les activités sont celles du chapitre 12 ; nn est le nombre d’électrons de la demi-équation, et toutes les espèces qui y figurent, HX+\ce{H+} compris, apparaissent dans le quotient.

AttentionTrois réflexes

L’oxydant est au numérateur. Le nombre nn est celui de la demi-équation, jamais celui de l’équation bilan. Si HX+\ce{H+} figure dans la demi-équation, le potentiel dépend du pH — c’est toute l’origine des diagrammes potentiel-pH.

Exempledeux écritures

FeX3+\ce{Fe^3+}/FeX2+\ce{Fe^2+} : E=0,77+0,06 log⁡([FeX3+]/[FeX2+])E=0{,}77+0{,}06\,\log\bigl([\ce{Fe^3+}]/[\ce{Fe^2+}]\bigr). MnOX4X−\ce{MnO4^-}/MnX2+\ce{Mn^2+} : E=1,51+0,065log⁡[MnOX4X−][HX+]8[MnX2+](c∘)8=1,51+0,012log⁡[MnOX4X−][MnX2+]−0,096 pHE=1{,}51+\frac{0{,}06}{5}\log\frac{[\ce{MnO4^-}][\ce{H+}]^{8}}{[\ce{Mn^2+}](c^\circ)^{8}}=1{,}51+0{,}012\log\frac{[\ce{MnO4^-}]}{[\ce{Mn^2+}]}-0{,}096\,\text{pH}.

6Aspect thermodynamique

Théorème — constante d’équilibre et potentiels standard. On fait réagir l’oxydant du couple 11 (E1∘E_1^\circ) sur le réducteur du couple 22 (E2∘E_2^\circ), avec échange de nn électrons (ppcm des deux demi-équations). À l’équilibre E1=E2E_1=E_2 ; en écrivant les deux relations de Nernst et en identifiant,

 ln⁡K∘=nF(E1∘−E2∘)RTsoitlog⁡K∘=n ΔE∘0,06 aˋ 298 K,ΔE∘=E1∘−E2∘. \boxed{\ \ln K^\circ=\frac{nF\bigl(E_1^\circ-E_2^\circ\bigr)}{RT}\qquad\text{soit}\qquad \log K^\circ=\frac{n\,\Delta E^\circ}{0{,}06}\ \text{à ${298\,\mathrm{K}}$},\quad \Delta E^\circ=E_1^\circ-E_2^\circ .\ }

Propriété — critère pratique. ΔE∘>0  ⟺  K∘>1\Delta E^\circ>0 \iff K^\circ>1 : la réaction est favorisée. Un écart de 0,06 V{0{,}06\,\mathrm{V}} donne K∘=10nK^\circ=10^{n}, donc dès que ΔE∘\Delta E^\circ dépasse 0,25 V{0{,}25\,\mathrm{V}} avec n⩾2n\geq 2 la réaction est quantitative. D’où la règle du γ\gamma : sur un axe de potentiels croissants, l’oxydant du couple le plus haut réagit sur le réducteur du couple le plus bas.

AttentionFavorisé n’est pas rapide

K∘K^\circ ne renseigne que sur l’état final : une réaction de constante 103610^{36} peut rester imperceptible pendant des mois (peroxyde d’hydrogène, eau de Javel). Tout écart entre prévision thermodynamique et observation s’interprète en termes cinétiques (lenteur, passivation, surtension).

Définition. Une dismutation est une réaction où une même espèce joue le rôle d’oxydant et de réducteur : l’élément y figure au n.o. intermédiaire et évolue simultanément vers un n.o. plus grand et un n.o. plus petit. La réaction inverse est une médiamutation (deux espèces d’un même élément, de n.o. différents, donnent une espèce de n.o. intermédiaire).

Méthode — prévoir une dismutation. L’espèce intermédiaire X\ce{X} appartient à deux couples, X/Red\ce{X}/\mathrm{Red} de potentiel standard Ebas∘E^\circ_{\text{bas}} et Ox/X\mathrm{Ox}/\ce{X} de potentiel standard Ehaut∘E^\circ_{\text{haut}}. La dismutation est favorisée si et seulement si Ebas∘>Ehaut∘E^\circ_{\text{bas}}>E^\circ_{\text{haut}} (couples « croisés »). Sur un diagramme potentiel-pH, cela se lit immédiatement : l’espèce qui se dismute n’a pas de domaine (ou en a un qui disparaît dans un certain intervalle de pH).

Exempledismutation du peroxyde d’hydrogène

HX2OX2\ce{H2O2}/HX2O\ce{H2O} : E∘=1,76 VE^\circ={1{,}76\,\mathrm{V}} ; OX2\ce{O2}/HX2OX2\ce{H2O2} : E∘=0,68 VE^\circ={0{,}68\,\mathrm{V}}. Comme 1,76>0,681{,}76>0{,}68, la dismutation 2 HX2OX2→OX2+2 HX2O\ce{2 H2O2 -> O2 + 2 H2O} est favorisée, avec n=2n=2 et ΔE∘=1,08 V\Delta E^\circ={1{,}08\,\mathrm{V}}, soit log⁡K∘=36\log K^\circ=36. La solution commerciale n’en est pas moins conservable des mois : le blocage est cinétique (et l’ajout d’un catalyseur la fait mousser instantanément).

7Diagrammes de prédominance, d’existence, et diagrammes potentiel-pH

Propriété — à pH fixé. Pour un couple de deux espèces dissoutes, la frontière E=E∘E=E^\circ sépare le domaine de prédominance de l’oxydant (E>E∘E>E^\circ) de celui du réducteur (E<E∘E<E^\circ) : c’est l’analogue exact du diagramme acido-basique autour de pH=pKA\text{pH}=\text{p}K_A. Si l’une des espèces est un solide, la frontière limite un domaine d’existence, dont la position dépend de la concentration de tracé. Deux espèces dont les domaines sont disjoints sont incompatibles : elles réagissent.

Définition. Un diagramme potentiel-pH (ou de Pourbaix) d’un élément est la carte, dans le plan (pH,E)(\text{pH},E), des domaines de prédominance ou d’existence de ses espèces. Les conventions de tracé sont toujours précisées : concentration de tracé ctc_{\text{t}} de l’élément dissous, et règle adoptée sur chaque frontière.

Méthode — lire un diagramme fourni. (1) les n.o. élevés sont en haut (milieu oxydant), les faibles en bas ; (2) à n.o. égal, les espèces les plus protonées sont à gauche (pH faible) ; (3) attribuer alors chaque domaine. Les frontières verticales séparent deux espèces de même n.o. (acido-basique ou précipitation, sans échange d’électrons), les autres séparent deux n.o. différents.

Théorème — pente d’une frontière. Sur la frontière entre deux espèces d’un couple de demi-équation α Ox+p HX++n e−=β Red+q HX2O\alpha\,\mathrm{Ox}+p\,\ce{H+}+n\,\e^-=\beta\,\mathrm{Red}+q\,\ce{H2O}, la relation de Nernst donne, les activités des deux espèces étant fixées par la convention de tracé,

E=constante−0,06 pn pH: pente=− 0,06 pn  V par uniteˊ de pH, E=\text{constante}-\frac{0{,}06\,p}{n}\,\text{pH}:\qquad \boxed{\ \text{pente}=-\,0{,}06\,\frac{p}{n}\ \ {\mathrm{V}}\ \text{par unité de pH},\ }

où pp est le nombre de HX+\ce{H+} et nn le nombre d’électrons de la demi-équation. La frontière est horizontale si p=0p=0 (aucun HX+\ce{H+} échangé).

Théorème — frontière verticale. Si les deux espèces ont le même n.o., aucun électron n’est échangé : leur frontière ne dépend pas de EE, c’est une droite verticale. Sa position est fixée par la seule condition acido-basique ou de précipitation, à la concentration de tracé : pH=pKA\text{pH}=\text{p}K_A pour un couple acide-base, et la condition Qr=KsQ_r=K_s écrite avec ctc_{\text{t}} pour l’apparition d’un hydroxyde.

Figure 1 — Diagramme potentiel-pH du fer (traits pleins) superposé à celui de l’eau (tirets). Convention : ct=1,0×10−2 mol⋅L−1c_{\text{t}}={1{,}0\times10^{-2}\,\mathrm{mol}{\cdot}\mathrm{L}^{-1}} en élément fer dissous sur chaque frontière, P=P∘P=P^\circ pour les gaz.

Exemplelecture de la figure 1

Les cinq espèces se classent par n.o. décroissant du haut vers le bas : +III+\mathrm{III} (FeX3+\ce{Fe^3+}, Fe(OH)X3\ce{Fe(OH)3}), +II+\mathrm{II} (FeX2+\ce{Fe^2+}, Fe(OH)X2\ce{Fe(OH)2}), 00 (Fe\ce{Fe}) ; à n.o. égal, l’espèce acide est à gauche.

  • frontière verticale pH=2,0\text{pH}=2{,}0 : FeX3+\ce{Fe^3+}/Fe(OH)X3\ce{Fe(OH)3}, même n.o. +III+\mathrm{III}, fixée par KsK_s ;
  • frontière Fe(OH)X3\ce{Fe(OH)3}/FeX2+\ce{Fe^2+} : p=3p=3, n=1n=1, pente −0,18 V{-0{,}18\,\mathrm{V}} par unité de pH ;
  • frontière FeX2+\ce{Fe^2+}/Fe\ce{Fe} : p=0p=0, elle est horizontale.

Méthode — superposer deux diagrammes. Tracer les deux diagrammes sur les mêmes axes, puis regarder, au pH considéré, si les domaines des deux espèces mises en présence sont disjoints. S’ils le sont, les espèces sont incompatibles : la réaction est favorisée, et l’on lit les produits dans les domaines atteints. S’ils se recouvrent, les espèces coexistent.

8Le diagramme potentiel-pH de l’eau

Propriété — deux frontières de même pente. L’eau appartient à deux couples. Avec la convention POX2=PHX2=P∘P_{\ce{O2}}=P_{\ce{H2}}=P^\circ :

OX2+4 HX++4 eX−=2 HX2O:E=1,23−0,06 pH ;2 HX++2 eX−=HX2:E=−0,06 pH.\ce{O2 + 4 H+ + 4 e^- = 2 H2O}:\quad E=1{,}23-0{,}06\,\text{pH} \ ;\qquad \ce{2 H+ + 2 e^- = H2}:\quad E=-0{,}06\,\text{pH}.

Les deux frontières ont pour pente −0,06 ( p/n=4/4=2/2=1 )-0{,}06\ (\,p/n=4/4=2/2=1\,) et délimitent une bande de hauteur 1,23 V{1{,}23\,\mathrm{V}} : le domaine de stabilité thermodynamique de l’eau.

Théorème — stabilité d’une espèce dans l’eau. Une espèce dont le domaine est entièrement au-dessus de la droite OX2\ce{O2}/HX2O\ce{H2O} oxyde l’eau en OX2\ce{O2} ; entièrement au-dessous de la droite HX+\ce{H+}/HX2\ce{H2}, elle réduit l’eau en HX2\ce{H2}. Elle est stable dans l’eau si son domaine recoupe la bande de stabilité. Prévisions purement thermodynamiques : beaucoup d’espèces « instables » se conservent faute de cinétique.

Exempletrois lectures de la figure 1

(a) Le domaine de Fe(s)\ce{Fe(s)} est entièrement sous la droite HX+\ce{H+}/HX2\ce{H2} : le fer est instable dans l’eau, qu’il réduit en HX2\ce{H2}. (b) Les domaines de FeX2+\ce{Fe^2+} et de OX2\ce{O2} sont disjoints : OX2\ce{O2} dissous oxyde FeX2+\ce{Fe^2+} en Fe(OH)X3\ce{Fe(OH)3} dès que pH>2\text{pH}>2. (c) FeX3+\ce{Fe^3+} et Fe(s)\ce{Fe(s)} ont des domaines disjoints : ils médiamutent selon 2 FeX3++Fe→3 FeX2+\ce{2 Fe^3+ + Fe -> 3 Fe^2+}.

9Savoir-faire, formulaire et pièges

Savoir-faire
  • Identifier l’oxydant et le réducteur d’un couple ; relier la position d’un élément dans le tableau périodique au caractère du corps simple et à ses nombres d’oxydation extrêmes ; calculer un n.o. et reconnaître une réaction d’oxydo-réduction.
  • Équilibrer une demi-équation puis une équation bilan, et contrôler élément par élément et en charge.
  • Décrire le fonctionnement d’une pile (polarité, siège de l’oxydation, sens du courant, équation) à partir d’une tension à vide ou des potentiels d’électrode ; appliquer la relation de Nernst (donnée).
  • Prévoir qualitativement (règle du γ\gamma) ou quantitativement (ΔE∘\Delta E^\circ, K∘K^\circ) le caractère favorisé d’une réaction ; prévoir une dismutation ou une médiamutation.
  • Identifier les domaines d’un diagramme potentiel-pH fourni, déterminer la pente d’une frontière, justifier une frontière verticale, superposer deux diagrammes, lire la stabilité d’une espèce dans l’eau et interpréter un écart en termes cinétiques.
FormulaireLes relations à connaître par cœur
  • Nernst : E=E∘+0,06nlog⁡aOxαaRedβE=E^\circ+\dfrac{0{,}06}{n}\log\dfrac{a_{\mathrm{Ox}}^{\alpha}}{a_{\mathrm{Red}}^{\beta}} (nn = électrons de la demi-équation).
  • Pile : U0=E+−E−U_0=E_+-E_- ; oxydation au pôle −- ; pile usée   ⟺  E+=E−\iff E_+=E_-   ⟺  \iff équilibre.
  • Équilibre : log⁡K∘=n ΔE∘0,06\log K^\circ=\dfrac{n\,\Delta E^\circ}{0{,}06} ; ΔE∘>0  ⟺  K∘>1\Delta E^\circ>0\iff K^\circ>1.
  • Pente d’une frontière : −0,06 p/n-0{,}06\,p/n V{\mathrm{V}} par unité de pH ; frontière verticale si les n.o. sont égaux.
  • Eau : OX2\ce{O2}/HX2O\ce{H2O} E=1,23−0,06 pHE=1{,}23-0{,}06\,\text{pH} ; HX+\ce{H+}/HX2\ce{H2} E=−0,06 pHE=-0{,}06\,\text{pH} ; bande de 1,23 V{1{,}23\,\mathrm{V}}.
  • Constantes : F=96 500 C⋅mol−1F={96\,500\,\mathrm{C}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}} ; RTln⁡10F=0,06 V\dfrac{RT\ln 10}{F}={0{,}06\,\mathrm{V}} à 298 K{298\,\mathrm{K}} ; EECS=0,25 VE_{\text{ECS}}={0{,}25\,\mathrm{V}}.
Pièges
  • Chercher à établir la relation de Nernst : elle est admise en première année.
  • Oublier HX2O\ce{H2O}, HX+\ce{H+} ou la charge en équilibrant ; additionner deux demi-équations sans égaliser les électrons ; en laisser dans l’équation bilan.
  • Écrire Nernst avec le réducteur au numérateur, oublier le nn, ou prendre celui de l’équation bilan au lieu de la demi-équation ; oublier le terme en HX+\ce{H+}, dont dépend le pH.
  • Confondre pôle ++ et siège de l’oxydation : l’oxydation a lieu au pôle −- (anode).
  • Conclure qu’une réaction favorisée est rapide : un écart à la prévision s’explique cinétiquement.
  • Lire un diagramme sans ses conventions de tracé ; croire qu’une espèce sans domaine est « impossible » : elle se dismute.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : nombre d’oxydation, équilibrage, Nernst, piles, constantes d’équilibre, lecture d’un diagramme E-pH

12 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hcalculatrice autorisée

  1. Oxydant, réducteur, coupleDifficulté 1 sur 3
  2. Nombres d’oxydationDifficulté 1 sur 3
  3. Équilibrer des demi-équationsDifficulté 1 sur 3
  4. Équilibrer des équations d’oxydo-réductionDifficulté 1 sur 3
  5. Appliquer la relation de NernstDifficulté 1 sur 3
  6. La pile DaniellDifficulté 2 sur 3
  7. Prévoir et quantifierDifficulté 2 sur 3
  8. Diagramme de prédominance en potentielDifficulté 1 sur 3
  9. Lire un diagramme potentiel-pH fourniDifficulté 2 sur 3
  10. Le diagramme potentiel-pH de l’eauDifficulté 2 sur 3
  11. Dismutation et médiamutationDifficulté 2 sur 3
  12. Électrodes de référenceDifficulté 1 sur 3
2

Exercices d'application

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Applications : piles, influence du pH et de la précipitation, superposition de diagrammes potentiel-pH

9 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Une pile de concentrationDifficulté 2 sur 3
  2. Quand la précipitation change le potentiel standardDifficulté 2 sur 3
  3. Le permanganate et le pHDifficulté 2 sur 3
  4. Les deux visages du peroxyde d’hydrogèneDifficulté 2 sur 3
  5. Diiode et thiosulfate : un état final à calculerDifficulté 2 sur 3
  6. Superposer le diagramme du fer et celui de l’eauDifficulté 2 sur 3
  7. L’eau de Javel : diagramme du chlore et stabilitéDifficulté 2 sur 3
  8. Une pile pour mesurer un pHDifficulté 2 sur 3
  9. La pile Daniell au cours de sa déchargeDifficulté 2 sur 3
3

Interrogation A

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Nombre d’oxydation, relation de Nernst, pile, constante d’équilibre, lecture d’un diagramme potentiel-pH

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Une pile fer-argent7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Lecture du diagramme potentiel-pH du cuivre7 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Pente d’une frontière, diagramme de l’eau, dismutation, pile dépendant du pH, superposition de diagrammes

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Une pile dont la tension mesure le pH7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Le diagramme potentiel-pH du zinc7 ptsDifficulté 2 sur 3
5

Approfondissement

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Conventions de tracé, formule barycentrique, dismutations, pile à combustible, états finaux non totaux

7 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 4 hcalculatrice autorisée

  1. Ce que la convention de tracé change — et ce qu’elle ne change pasDifficulté 3 sur 3
  2. La formule barycentrique des potentiels standardDifficulté 3 sur 3
  3. Le cuivre(I) : une espèce qui ne survit qu’en précipitantDifficulté 3 sur 3
  4. Construire le diagramme potentiel-pH de l’iodeDifficulté 3 sur 3
  5. La pile à combustible hydrogène-oxygèneDifficulté 3 sur 3
  6. Un état final qui n’est pas totalDifficulté 3 sur 3
  7. Pourquoi ne jamais mélanger eau de Javel et détartrantDifficulté 3 sur 3
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DS type concours

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Le fer en solution aqueuse : d’une pile au traitement d’une eau ferrugineuse

Durée : 3 hcalculatrice autorisée3 parties25 questionsbarème indicatif sur 20

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Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral

1 question de cours4 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 3 sur 3environ 20 min{20\,\mathrm{min}} par exercice

  1. Question de coursDifficulté 1 sur 3
  2. Une pile zinc-argentDifficulté 1 sur 3
  3. Un fil d’argent dans l’eau de merDifficulté 2 sur 3
  4. Le diagramme potentiel-pH du manganèseDifficulté 2 sur 3
  5. Mesurer le produit ionique de l’eau avec une pileDifficulté 3 sur 3

Prépa · Physique-chimie : les 26 chapitres

  1. Mesures et incertitudes
  2. Optique géométrique
  3. Circuits dans l’ARQS
  4. Circuits du premier ordre
  5. Oscillateurs libres et forcés
  6. Filtrage linéaire
  7. Propagation et interférences
  8. Cinématique du point
  9. Lois de Newton
  10. Énergétique du point
  11. Particules chargées
  12. Transformations de la matière
  13. Cinétique chimique
  14. Structure des entités chimiques
  15. Moment cinétique et forces centrales
  16. Mouvement d’un solide
  17. Système thermodynamique
  18. Premier principe
  19. Deuxième principe
  20. Machines thermiques
  21. Champ magnétique et forces de Laplace
  22. Induction
  23. Physique quantique
  24. Solides cristallins
  25. Acide-base et précipitation
  26. Oxydo-réduction et diagrammes E-pH