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MPSI · Physique-chimie · Ondes et signaux · Chapitre 7

Propagation et interférences

Fiche de cours11 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Signaux et milieux de propagation

Définition. Un signal est la variation d’une grandeur physique porteuse d’information : acoustique (surpression p(M,t)p(M,t) par rapport à la pression au repos, ou vitesse des particules du fluide) ; mécanique (déplacement transversal d’une corde, altitude de la surface d’un liquide) ; électrique (tension ou intensité le long d’un câble coaxial) ; électromagnétique (champ électrique E→(M,t)\vect{E}(M,t) d’une onde radio, lumineuse ou X).

Notation. On note s(x,t)s(x,t) la valeur du signal en xx à la date tt ; toute cette fiche se limite à une propagation unidimensionnelle selon OxOx. Le milieu est supposé illimité (pas de bord, donc pas d’onde réfléchie), transparent (pas d’absorption) et, jusqu’au bloc 5, non dispersif.

Propriété — ordres de grandeur à savoir citer. Acoustique : audible 20 Hz aˋ 20×103 Hz{20\,\mathrm{Hz}\text{ à }20\times10^{3}\,\mathrm{Hz}}, ultrasons au-delà (40 kHz{40\,\mathrm{kHz}} en TP) ; c=340 m⋅s−1c={340\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} dans l’air, 1 500 m⋅s−1{1\,500\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} dans l’eau, 5 000 m⋅s−1{5\,000\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} dans l’acier. Mécanique : corde et vagues, de 0,1 Hz{0{,}1\,\mathrm{Hz}} à 100 Hz{100\,\mathrm{Hz}} ; houle ∼10 m⋅s−1\sim{10\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}, corde de guitare ∼100 m⋅s−1\sim{100\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}. Électromagnétique : radio 105 Hz aˋ 109 Hz{10^{5}\,\mathrm{Hz}\text{ à }10^{9}\,\mathrm{Hz}}, visible 44 à 8×1014 Hz{8\times10^{14}\,\mathrm{Hz}} (soit 400 nm aˋ 800 nm{400\,\mathrm{nm}\text{ à }800\,\mathrm{nm}}) ; c=3,00×108 m⋅s−1c={3{,}00\times10^{8}\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} dans le vide.

2Onde progressive : le retard de propagation

Définition. Un signal se propage à la célérité c>0c>0 selon les xx croissants lorsque le signal observé en xx reproduit, avec le seul retard τ=x/c\tau=x/c, celui observé en x=0x=0 : pour tout tt,

 s(x,t)=s(0,t−τ)=f ⁣(t−xc) \boxed{\ s(x,t)=s(0,t-\tau)=f\!\left(t-\frac{x}{c}\right)\ }

où ff est la fonction du temps enregistrée à l’origine. Une telle onde est dite progressive. Si elle se propage vers les xx décroissants, le signal en xx est en avance et s(x,t)=g ⁣(t+xc)s(x,t)=g\!\left(t+\dfrac{x}{c}\right).

Propriété — formes équivalentes. Puisque t−xc=−1c(x−ct)t-\dfrac{x}{c}=-\dfrac{1}{c}(x-ct), on peut aussi écrire s(x,t)=F(x−ct)s(x,t)=F(x-ct) (xx croissants) ou G(x+ct)G(x+ct) (xx décroissants). Les fonctions ff et FF sont différentes mais décrivent la même onde : ff est un signal temporel (lu à xx fixé), FF un profil spatial (photographié à tt fixé).

Méthode — reconnaître une onde progressive. Un signal est une onde progressive si et seulement s’il ne dépend de xx et de tt que par la combinaison t∓x/ct\mp x/c (ou x∓ctx\mp ct). Le contrôle d’homogénéité tranche aussitôt : dans t−x/ct-x/c les deux termes sont des durées, dans x−ctx-ct des longueurs ; f(t−cx)f(t-cx) et f(x−t/c)f(x-t/c) sont impossibles.

AttentionLe sens de propagation

Onde vers les xx croissants ⟺\Longleftrightarrow signe moins dans t−x/ct-x/c (le point aval reçoit après). Onde vers les xx décroissants ⟺\Longleftrightarrow signe plus. C’est l’erreur la plus fréquente : la retenir par le raisonnement (« plus loin, c’est plus tard »), jamais par cœur.

Figure 1 — Deux photographies du milieu : le profil est translaté de c Δtc\,\Delta t sans déformation (milieu non dispersif et transparent). Ici Δt=9 ms\Delta t={9\,\mathrm{ms}} et c Δt=4,5 mc\,\Delta t={4{,}5\,\mathrm{m}}, donc c=500 m⋅s−1c={500\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}.

Méthode — exploiter un enregistrement. Deux photographies s(x)s(x) aux dates t1t_1 et t2t_2 : le décalage Δx\Delta x du profil donne le sens de propagation (son signe) et c=Δx/Δtc=\Delta x/\Delta t. Deux chronogrammes s(t)s(t) en x1x_1 et x2x_2 : le retard Δt\Delta t donne c=(x2−x1)/Δtc=(x_2-x_1)/\Delta t.

3Onde progressive sinusoïdale et double périodicité

Définition. Une onde progressive sinusoïdale (ou monochromatique) de pulsation ω\omega se propageant vers les xx croissants s’écrit, en partant de s(0,t)=smcos⁡(ωt+φ0)s(0,t)=s_m\cos(\omega t+\varphi_0) :

 s(x,t)=smcos⁡ ⁣[ω ⁣(t−xc)+φ0]=smcos⁡(ωt−kx+φ0),k=ωc \boxed{\ s(x,t)=s_m\cos\!\left[\omega\!\left(t-\frac{x}{c}\right)+\varphi_0\right]=s_m\cos\bigl(\omega t-kx+\varphi_0\bigr),\qquad k=\frac{\omega}{c}\ }

sm>0s_m>0 est l’amplitude, k>0k>0 le nombre d’onde (en rad⋅m−1{\mathrm{rad}{\cdot}\mathrm{m}^{-1}}), et Φ(x,t)=ωt−kx+φ0\Phi(x,t)=\omega t-kx+\varphi_0 la phase de l’onde.

Théorème — double périodicité. Le signal est périodique en temps et en espace :

T=2πω(peˊriode temporelle),λ=2πk(longueur d’onde), λ=c T=cf T=\frac{2\pi}{\omega}\quad\text{(période temporelle)},\qquad \lambda=\frac{2\pi}{k}\quad\text{(longueur d'onde)},\qquad \boxed{\ \lambda=c\,T=\frac{c}{f}\ }

Idée de la démonstration : λ\lambda est la plus petite période spatiale, donc kλ=2πk\lambda=2\pi ; avec k=ω/ck=\omega/c et ωT=2π\omega T=2\pi, il vient λ=2πc/ω=cT\lambda=2\pi c/\omega=cT. Autre lecture : pendant une période TT, le profil se translate de cTcT, et comme il se reproduit à l’identique, cTcT est bien une période spatiale.

Attentionλ\lambda n’appartient pas à la source

La fréquence est imposée par la source et ne change pas quand l’onde change de milieu. La longueur d’onde, elle, dépend du milieu par cc : un son de 440 Hz{440\,\mathrm{Hz}} a λ=77 cm\lambda={77\,\mathrm{cm}} dans l’air et λ=3,4 m\lambda={3{,}4\,\mathrm{m}} dans l’eau. Une onde lumineuse de λ0=600 nm\lambda_0={600\,\mathrm{nm}} dans le vide a λ=λ0/n=400 nm\lambda=\lambda_0/n={400\,\mathrm{nm}} dans un verre d’indice n=1,5n=1{,}5.

Figure 2 — À xx fixé : période TT.

Figure 3 — À tt fixé : période λ=cT\lambda=cT.

4Déphasage dû à la propagation

Théorème — déphasage et retard. Soient deux points M1(x1)M_1(x_1) et M2(x2)M_2(x_2) d’un milieu non dispersif traversé par l’onde progressive sinusoïdale précédente. Le signal en M2M_2 est celui de M1M_1 retardé de τ=x2−x1c\tau=\dfrac{x_2-x_1}{c}, donc le déphasage de M2M_2 par rapport à M1M_1 vaut

 Δφ=Φ2−Φ1=−k (x2−x1)=−2πλ Δx=−ω τ=−2π τT \boxed{\ \Delta\varphi=\Phi_2-\Phi_1=-k\,(x_2-x_1)=-\frac{2\pi}{\lambda}\,\Delta x=-\omega\,\tau=-2\pi\,\frac{\tau}{T}\ }

Le signe −- traduit un retard : le point situé plus loin de la source est en retard de phase.

Propriété — cas particuliers. Δx=λ\Delta x=\lambda donne Δφ=−2π\Delta\varphi=-2\pi : les deux points vibrent en phase. Δx=λ/2\Delta x=\lambda/2 donne Δφ=−π\Delta\varphi=-\pi : ils vibrent en opposition de phase. Plus généralement, M1M_1 et M2M_2 vibrent en phase si et seulement si Δx=p λ\Delta x=p\,\lambda avec p∈Zp\in\Z.

Méthode — mesurer λ\lambda, puis cc. On déplace un récepteur le long de la direction de propagation en observant à l’oscilloscope son déphasage avec un récepteur fixe : chaque retour en phase correspond à un déplacement de λ\lambda. Après NN coïncidences sur une distance dd, λ=d/N\lambda=d/N puis c=λfc=\lambda f ; prendre NN grand améliore la précision.

Exempleultrasons de travaux pratiques

Émetteur à f=40,0 kHzf={40{,}0\,\mathrm{kHz}} dans l’air. On déplace le récepteur de d=42,5 mmd={42{,}5\,\mathrm{mm}} et l’on observe N=5N=5 retours en phase : λ=8,50 mm\lambda={8{,}50\,\mathrm{mm}}, puis c=λf=8,50×10−3×40,0×103=340 m⋅s−1c=\lambda f=8{,}50\times10^{-3}\times 40{,}0\times10^{3}={340\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}.

5Milieux dispersifs et vitesse de phase

Définition. On appelle relation de dispersion du milieu la relation ω↦k(ω)\omega\mapsto k(\omega) imposée par le milieu à toute onde progressive sinusoïdale qui s’y propage. On définit alors la vitesse de phase

 vφ=ωk \boxed{\ v_\varphi=\frac{\omega}{k}\ }

qui est la vitesse à laquelle se déplace un point de phase donnée (une crête, par exemple).

Définition. Le milieu est non dispersif si vφv_\varphi ne dépend pas de ω\omega, c’est-à-dire si k=ω/ck=\omega/c avec cc constante : alors vφ=cv_\varphi=c pour toutes les fréquences. Il est dispersif dans le cas contraire.

Propriété — conséquence. Dans un milieu non dispersif, un signal de forme quelconque se propage sans déformation : toutes ses composantes sinusoïdales voyagent à la même vitesse. Dans un milieu dispersif, chacune avance à sa propre vitesse vφ(ω)v_\varphi(\omega) et le signal se déforme : seule une onde monochromatique garde sa forme.

Exemplecinq milieux

Non dispersifs : le vide pour la lumière ; l’air pour le son audible ; un câble coaxial idéal. Dispersifs : un verre d’indice n(λ0)=1,500+B/λ0 2n(\lambda_0)=1{,}500+B/\lambda_0^{\,2} avec B=5,0×10−15 m2B={5{,}0\times10^{-15}\,\mathrm{m}^{2}}, où vφ=c/nv_\varphi=c/n vaut c/1,520c/1{,}520 à 500 nm{500\,\mathrm{nm}} et c/1,512c/1{,}512 à 650 nm{650\,\mathrm{nm}} (dispersion du prisme) ; l’ionosphère, de relation ω2=ωp 2+c2k2\omega^2=\omega_p^{\,2}+c^2k^2 ; les vagues de gravité en eau profonde, de relation ω2=g k\omega^2=g\,k, pour lesquelles vφ=gλ/2πv_\varphi=\sqrt{g\lambda/2\pi} vaut 12,5 m⋅s−1{12{,}5\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} à λ=100 m\lambda={100\,\mathrm{m}} et 25,0 m⋅s−1{25{,}0\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} à λ=400 m\lambda={400\,\mathrm{m}} : la houle longue arrive la première.

Remarque — vφ>cv_\varphi>c n’est pas un paradoxe. Pour l’ionosphère, k=ωc1−ωp 2ω2k=\dfrac{\omega}{c}\sqrt{1-\dfrac{\omega_p^{\,2}}{\omega^2}} donne vφ=c1−ωp 2/ω2>cv_\varphi=\dfrac{c}{\sqrt{1-\omega_p^{\,2}/\omega^2}}>c : la vitesse de phase n’est ni la vitesse de transport de l’énergie, ni celle de l’information — une sinusoïde illimitée dans le temps ne transporte aucune information. La propagation n’est possible que si ω>ωp\omega>\omega_p ; en dessous, kk n’est pas réel et l’onde est réfléchie (les ondes courtes font ainsi le tour de la Terre).

6Interférences de deux ondes de même fréquence

Notation. Deux sources S1S_1 et S2S_2 émettent des ondes synchrones (même fréquence) et cohérentes (leur déphasage à l’émission est constant dans le temps). En un point MM les deux ondes se superposent : s(M,t)=s1(M,t)+s2(M,t)s(M,t)=s_1(M,t)+s_2(M,t) avec sj=Ajcos⁡(ωt+Φj)s_j=A_j\cos(\omega t+\Phi_j).

Théorème — amplitude résultante. En posant Δφ=Φ2−Φ1\Delta\varphi=\Phi_2-\Phi_1, la somme de deux sinusoïdes de même pulsation est une sinusoïde de même pulsation, d’amplitude AA telle que

 A2=A1 2+A2 2+2 A1A2cos⁡Δφ \boxed{\ A^2=A_1^{\,2}+A_2^{\,2}+2\,A_1A_2\cos\Delta\varphi\ }

Idée de la démonstration : on somme les amplitudes complexes s1‾=A1ejΦ1\underline{s_1}=A_1\e^{j\Phi_1} et s2‾=A2ejΦ2\underline{s_2}=A_2\e^{j\Phi_2}, puis on prend le module au carré de s‾=s1‾+s2‾\underline{s}=\underline{s_1}+\underline{s_2}.

Définition. L’intensité (ou éclairement, en optique) est proportionnelle au carré de l’amplitude : I=K A2I=K\,A^2. La relation précédente devient la formule de Fresnel, fournie :

 I=I1+I2+2I1I2 cos⁡Δφ \boxed{\ I=I_1+I_2+2\sqrt{I_1I_2}\,\cos\Delta\varphi\ }

Le terme 2I1I2cos⁡Δφ2\sqrt{I_1I_2}\cos\Delta\varphi est le terme d’interférences : sans lui, les intensités s’ajouteraient simplement.

Théorème — conditions d’interférences. Avec I1=I2=I0I_1=I_2=I_0, la formule de Fresnel donne I=2I0(1+cos⁡Δφ)=4I0cos⁡2 ⁣Δφ2I=2I_0(1+\cos\Delta\varphi)=4I_0\cos^2\!\dfrac{\Delta\varphi}{2}, donc

constructives : Δφ=2pπ (p∈Z) ⟹ Imax⁡=4I0,destructives : Δφ=π+2pπ ⟹ Imin⁡=0.\text{constructives : }\Delta\varphi=2p\pi\ (p\in\Z)\ \Longrightarrow\ I_{\max}=4I_0,\qquad \text{destructives : }\Delta\varphi=\pi+2p\pi\ \Longrightarrow\ I_{\min}=0.

Définition. Le contraste de la figure d’interférences est C=Imax⁡−Imin⁡Imax⁡+Imin⁡=2I1I2I1+I2\mathcal{C}=\dfrac{I_{\max}-I_{\min}}{I_{\max}+I_{\min}}=\dfrac{2\sqrt{I_1I_2}}{I_1+I_2}. Il vaut 11 si et seulement si I1=I2I_1=I_2 ; il tombe à 0,800{,}80 dès que I2=I1/4I_2=I_1/4.

Attentionla cohérence

Deux sources indépendantes (deux lampes, deux lasers distincts) ont un déphasage à l’émission qui fluctue au hasard : le terme d’interférences a une moyenne nulle et l’on n’observe que I=I1+I2I=I_1+I_2. En optique, on divise une même source — c’est le rôle des deux trous d’Young. En acoustique et en radio, deux émetteurs pilotés par un même générateur sont cohérents.

7Interférences lumineuses : chemin optique et trous d’Young

Définition. Le chemin optique d’un rayon allant de AA à BB est (AB)=∫ABn  ⁣dℓ(AB)=\displaystyle\int_A^B n\,\dd\ell, soit (AB)=n AB(AB)=n\,AB dans un milieu homogène d’indice nn. La phase accumulée le long du trajet vaut 2πλ0 (AB)\dfrac{2\pi}{\lambda_0}\,(AB), où λ0\lambda_0 est la longueur d’onde dans le vide.

Définition. La différence de chemin optique au point MM entre les deux trajets est δ=(S2M)−(S1M)\delta=(S_2M)-(S_1M), et

 Δφ=2π δλ0 l’ordre d’interfeˊrence est p=δλ0=Δφ2π.\boxed{\ \Delta\varphi=\frac{2\pi\,\delta}{\lambda_0}\ }\qquad \text{l'\cle{ordre d'interférence} est }p=\frac{\delta}{\lambda_0}=\frac{\Delta\varphi}{2\pi}.

Les interférences sont constructives si pp est entier (δ=pλ0\delta=p\lambda_0), destructives si pp est demi-entier (δ=(p+12)λ0\delta=(p+\frac12)\lambda_0).

Figure 4 — Trous d’Young : une source unique SS éclaire deux trous S1S_1 et S2S_2 distants de aa, ce qui garantit la cohérence. L’écran est à la distance D≫aD\gg a.

Théorème — différence de chemin optique des trous d’Young. Avec les notations de la figure 4 — S1S_1 d’ordonnée +a/2+a/2, S2S_2 d’ordonnée −a/2-a/2, MM d’abscisse xx — dans l’air (n=1n=1), SS étant à égale distance de S1S_1 et de S2S_2 :

S2M=D2+(x+a2) ⁣2,S1M=D2+(x−a2) ⁣2,S_2M=\sqrt{D^2+\left(x+\frac{a}{2}\right)^{\!2}},\qquad S_1M=\sqrt{D^2+\left(x-\frac{a}{2}\right)^{\!2}},

donc S2M2−S1M2=2axS_2M^2-S_1M^2=2ax et δ=S2M−S1M=2axS2M+S1M\delta=S_2M-S_1M=\dfrac{2ax}{S_2M+S_1M}. Comme a≪Da\ll D et ∣x∣≪D\abs{x}\ll D, S1M+S2M≈2DS_1M+S_2M\approx 2D :

 δ=a xD d’ouˋΔφ=2πaxλ0Detp=axλ0D.\boxed{\ \delta=\frac{a\,x}{D}\ }\qquad\text{d'où}\qquad \Delta\varphi=\frac{2\pi a x}{\lambda_0 D}\quad\text{et}\quad p=\frac{ax}{\lambda_0 D}.

Théorème — répartition d’intensité et interfrange. Les deux trous étant identiques, I1=I2=I0I_1=I_2=I_0 et la formule de Fresnel donne

 I(x)=2I0[1+cos⁡ ⁣(2πaxλ0D)]=4I0cos⁡2 ⁣(πaxλ0D) \boxed{\ I(x)=2I_0\left[1+\cos\!\left(\frac{2\pi a x}{\lambda_0 D}\right)\right]=4I_0\cos^2\!\left(\frac{\pi a x}{\lambda_0 D}\right)\ }

On observe des franges rectilignes, parallèles aux trous, équidistantes. La frange centrale (x=0x=0, p=0p=0) est brillante. L’interfrange est la distance entre deux franges brillantes consécutives :

 i=λ0Da \boxed{\ i=\frac{\lambda_0 D}{a}\ }

Franges brillantes en x=p ix=p\,i (p∈Zp\in\Z), franges sombres en x=(p+12)ix=\left(p+\frac12\right)i.

Figure 5 — Répartition d’intensité pour a=0,80 mma={0{,}80\,\mathrm{mm}}, D=2,00 mD={2{,}00\,\mathrm{m}} et λ0=600 nm\lambda_0={600\,\mathrm{nm}}, soit i=1,50 mmi={1{,}50\,\mathrm{mm}}. La moyenne vaut 2I0=I1+I22I_0=I_1+I_2 : les interférences redistribuent l’énergie, elles ne la créent pas.

Méthode — exploiter une figure de franges. Mesurer l’étendue LL de NN interfranges (jamais d’un seul) : i=L/Ni=L/N, d’où l’inconnue par i=λ0D/ai=\lambda_0D/a. Contrôles : ii croît avec DD, décroît avec aa, et est proportionnel à λ0\lambda_0 — le rouge donne des franges plus larges que le bleu.

Propriété — influence d’une lame mince. Interposer devant l’un des trous une lame d’épaisseur ee et d’indice nn augmente de (n−1)e(n-1)e le chemin optique de cette voie (on remplace ee d’air par ee de verre). Lame devant S2S_2 : δ=axD+(n−1)e\delta=\dfrac{ax}{D}+(n-1)e et la frange centrale passe en xc=−(n−1)e Dax_c=-\dfrac{(n-1)e\,D}{a} ; lame devant S1S_1 : signes opposés. Dans les deux cas la figure se translate de (n−1)eλ0\dfrac{(n-1)e}{\lambda_0} interfranges vers le trou couvert, sans changer d’interfrange.

8Savoir-faire et démonstrations exigibles

Savoir-faire
  • Identifier la grandeur physique qui constitue le signal ; citer des ordres de grandeur de fréquences et de célérités.
  • Écrire une onde progressive sous les formes f(t∓x/c)f(t\mp x/c) et F(x∓ct)F(x\mp ct) ; contrôler l’homogénéité et le sens de propagation ; prévoir l’évolution à xx fixé et le profil à tt fixé ; exploiter deux photographies ou deux chronogrammes.
  • Relier ff, λ\lambda et vφv_\varphi ; calculer kk ; changer de milieu en conservant ff ; relier déphasage et retard ; mesurer λ\lambda, cc et un déphasage.
  • Reconnaître un milieu dispersif à partir d’une relation de dispersion fournie et calculer vφ(ω)v_\varphi(\omega).
  • Exprimer les conditions d’interférences et l’amplitude résultante en fonction du déphasage ; exploiter la formule de Fresnel ; tenir compte des indices dans un chemin optique.
  • Établir δ=ax/D\delta=ax/D pour les trous d’Young, en déduire I(x)I(x) et ii, et exploiter une figure de franges.
  • Démonstrations à savoir refaire : forme f(t−x/c)f(t-x/c) à partir du retard, et écriture équivalente F(x−ct)F(x-ct) ; double périodicité λ=cT\lambda=cT ; déphasage Δφ=−2πΔx/λ=−ωτ\Delta\varphi=-2\pi\Delta x/\lambda=-\omega\tau ; amplitude résultante par somme d’amplitudes complexes ; conditions d’interférences ; δ=ax/D\delta=ax/D puis i=λ0D/ai=\lambda_0D/a ; vitesse de phase à partir d’une relation de dispersion.
FormulaireLes relations à connaître par cœur
  • Onde progressive : s(x,t)=f ⁣(t−xc)s(x,t)=f\!\left(t-\dfrac{x}{c}\right) (xx croissants) ; g ⁣(t+xc)g\!\left(t+\dfrac{x}{c}\right) (xx décroissants) ; retard τ=Δxc\tau=\dfrac{\Delta x}{c}.
  • Sinusoïdale : s=smcos⁡(ωt−kx+φ0)s=s_m\cos(\omega t-kx+\varphi_0) ; k=ωvφ=2πλk=\dfrac{\omega}{v_\varphi}=\dfrac{2\pi}{\lambda} ; λ=vφT=vφf\lambda=v_\varphi T=\dfrac{v_\varphi}{f} ; vφ=ωkv_\varphi=\dfrac{\omega}{k}.
  • Déphasage : Δφ=−2π Δxλ=−ωτ\Delta\varphi=-\dfrac{2\pi\,\Delta x}{\lambda}=-\omega\tau ; en phase si Δx=pλ\Delta x=p\lambda, en opposition si Δx=(p+12)λ\Delta x=\left(p+\frac12\right)\lambda.
  • Chemin optique : (AB)=n AB(AB)=n\,AB ; δ=(S2M)−(S1M)\delta=(S_2M)-(S_1M) ; Δφ=2πδλ0\Delta\varphi=\dfrac{2\pi\delta}{\lambda_0} ; p=δλ0p=\dfrac{\delta}{\lambda_0}.
  • Fresnel (fournie) : I=I1+I2+2I1I2cos⁡ΔφI=I_1+I_2+2\sqrt{I_1I_2}\cos\Delta\varphi ; si I1=I2=I0I_1=I_2=I_0 : I=4I0cos⁡2Δφ2I=4I_0\cos^2\dfrac{\Delta\varphi}{2} ; C=2I1I2I1+I2\mathcal{C}=\dfrac{2\sqrt{I_1I_2}}{I_1+I_2}.
  • Trous d’Young : δ=axD\delta=\dfrac{ax}{D} ; i=λ0Dai=\dfrac{\lambda_0D}{a} ; lame mince devant S2S_2 : δ→δ+(n−1)e\delta\to\delta+(n-1)e.
  • Repères : c=3,00×108 m⋅s−1c={3{,}00\times10^{8}\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} ; cson(air)=340 m⋅s−1c_{\text{son}}(\text{air})={340\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}, eau 1 500 m⋅s−1{1\,500\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}, acier 5 000 m⋅s−1{5\,000\,\mathrm{m}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}} ; 40 kHz{40\,\mathrm{kHz}} →λ=8,5 mm\to\lambda={8{,}5\,\mathrm{mm}} ; visible 400 nm aˋ 800 nm{400\,\mathrm{nm}\text{ à }800\,\mathrm{nm}} ; a=0,5 mma={0{,}5\,\mathrm{mm}}, D=1 mD={1\,\mathrm{m}}, λ0=500 nm\lambda_0={500\,\mathrm{nm}} →i=1 mm\to i={1\,\mathrm{mm}}.
Pièges
  • Écrire f(t−cx)f(t-cx) ou f(x−t/c)f(x-t/c) : ces expressions ne sont pas homogènes. Contrôler avant de calculer.
  • Se tromper de signe : vers les xx croissants, c’est t−x/ct-x/c (« plus loin, donc plus tard »).
  • Confondre la période temporelle TT et la période spatiale λ\lambda, ou lire λ\lambda sur un chronogramme s(t)s(t).
  • Croire que λ\lambda ne dépend que de la source : c’est ff qui est imposée par la source ; λ=c/f\lambda=c/f change avec le milieu.
  • Oublier les indices dans δ\delta : c’est une différence de chemin optique, non de distance géométrique.
  • Prendre δ=λ/2\delta=\lambda/2 comme condition constructive : δ=pλ0\delta=p\lambda_0 est constructif, δ=(p+12)λ0\delta=(p+\frac12)\lambda_0 destructif.
  • Ajouter les intensités sans le terme d’interférences, ou ajouter les amplitudes sans tenir compte du déphasage.
  • Croire que deux sources indépendantes interfèrent : il faut la cohérence, donc une source unique divisée (ou un générateur commun).
  • Confondre interférences et diffraction, ou introduire une « équation d’onde » : ni l’une ni l’autre ne figurent au programme de MPSI.
  • Mesurer un interfrange sur une seule frange : toujours mesurer NN interfranges et diviser par NN.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

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Exercices de base

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Les bases : onde progressive, double périodicité, déphasage, dispersion, interférences

12 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hcalculatrice autorisée

  1. Fréquences, célérités, longueurs d’ondeDifficulté 1 sur 3
  2. Reconnaître une onde progressiveDifficulté 1 sur 3
  3. Retards de propagationDifficulté 1 sur 3
  4. Deux photographies du milieuDifficulté 2 sur 3
  5. Double périodicité d’une onde sonoreDifficulté 1 sur 3
  6. Déphasage dû à la propagation (ultrasons)Difficulté 2 sur 3
  7. Ce milieu est-il dispersif ?Difficulté 2 sur 3
  8. Propagation d’une onde radio dans l’ionosphèreDifficulté 2 sur 3
  9. Interférences entre deux haut-parleursDifficulté 1 sur 3
  10. Trous d’Young : interfrangeDifficulté 1 sur 3
  11. Mesure d’une longueur d’onde, et lame minceDifficulté 2 sur 3
  12. Tracé numérique d’une figure d’interférencesDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Applications : échographie, dispersion, trous d’Young, interféromètres, antennes

9 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Échographie médicaleDifficulté 2 sur 3
  2. Dispersion dans un verre et dans une fibre optiqueDifficulté 2 sur 3
  3. Télémètre à ultrasons et températureDifficulté 2 sur 3
  4. Trous d’Young : établir δ\delta et discuter le champ d’interférenceDifficulté 2 sur 3
  5. Déplacer la source, ou glisser une lameDifficulté 2 sur 3
  6. Interféromètre acoustique à deux voiesDifficulté 2 sur 3
  7. Deux antennes en phaseDifficulté 2 sur 3
  8. Contraste, et franges en lumière blancheDifficulté 2 sur 3
  9. Exploiter numériquement un profil de frangesDifficulté 2 sur 3
3

Interrogation A

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Onde progressive, double périodicité, déphasage, trous d’Young

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Mesure de la célérité du son par déphasage7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Trous d’Young : mesurer une longueur d’onde7 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Milieu dispersif, vitesse de phase, superposition et trous d’Young

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. La houle, milieu dispersif7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Trous d’Young éclairés par deux radiations7 ptsDifficulté 2 sur 3
5

Approfondissement

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Huit problèmes pour aller au bout de la propagation et des interférences

8 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 4 hcalculatrice autorisée

  1. Deux ondes qui se croisent (hors programme — pour aller plus loin)Difficulté 3 sur 3
  2. Les modes propres d’une corde (hors programme — pour aller plus loin)Difficulté 3 sur 3
  3. Battements (hors programme — pour aller plus loin)Difficulté 3 sur 3
  4. Franges d’Young en lumière blanche et spectre canneléDifficulté 3 sur 3
  5. Une source trop large (hors programme — pour aller plus loin)Difficulté 3 sur 3
  6. Mesurer l’indice d’un gaz au millionièmeDifficulté 3 sur 3
  7. Localiser un séismeDifficulté 3 sur 3
  8. Un interféromètre pour mesurer l’infiniment petitDifficulté 3 sur 3
6

DS type concours

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Le radiotélescope à deux antennes

Durée : 4 hcalculatrice autorisée3 parties24 questionsbarème indicatif sur 20

7

Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral

1 question de cours4 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 3 sur 3environ 20 min{20\,\mathrm{min}} par exercice

  1. Question de coursDifficulté 1 sur 3
  2. Ultrasons dans l’air et dans l’eauDifficulté 1 sur 3
  3. Un dispositif de trous d’YoungDifficulté 2 sur 3
  4. Deux haut-parleursDifficulté 2 sur 3
  5. Un milieu dispersifDifficulté 3 sur 3

Prépa · Physique-chimie : les 26 chapitres

  1. Mesures et incertitudes
  2. Optique géométrique
  3. Circuits dans l’ARQS
  4. Circuits du premier ordre
  5. Oscillateurs libres et forcés
  6. Filtrage linéaire
  7. Propagation et interférences
  8. Cinématique du point
  9. Lois de Newton
  10. Énergétique du point
  11. Particules chargées
  12. Transformations de la matière
  13. Cinétique chimique
  14. Structure des entités chimiques
  15. Moment cinétique et forces centrales
  16. Mouvement d’un solide
  17. Système thermodynamique
  18. Premier principe
  19. Deuxième principe
  20. Machines thermiques
  21. Champ magnétique et forces de Laplace
  22. Induction
  23. Physique quantique
  24. Solides cristallins
  25. Acide-base et précipitation
  26. Oxydo-réduction et diagrammes E-pH