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MPSI · Physique-chimie · L’énergie : conversions et transferts · Chapitre 19

Deuxième principe

Fiche de cours11 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Pourquoi un deuxième principe ?

Remarque. Le premier principe, ΔU=W+Q\Delta U=W+Q, est une loi de conservation : il autorise aussi bien un café chaud qui se refroidit dans une pièce qu’un café froid qui se réchauffe en refroidissant la pièce. Pourtant un seul de ces deux scénarios se produit. Le deuxième principe est le principe d’évolution : il dit dans quel sens une transformation peut se produire spontanément.

Définition. Une transformation est réversible si l’on peut, à tout instant, inverser le sens de l’évolution en inversant une modification infinitésimale des contraintes extérieures, le système et le milieu extérieur repassant alors par les mêmes états. Une transformation réversible est nécessairement quasi statique (le système passe par une suite continue d’états d’équilibre), mais la réciproque est fausse. Toute transformation réelle est irréversible.

Propriété — les causes d’irréversibilité. Elles se ramènent toujours à une inhomogénéité ou à une dissipation : transfert thermique sous un écart fini de température (glaçon dans un verre d’eau tiède, deux corps mis en contact) ; frottements, effet Joule, viscosité, c’est-à-dire du travail dégradé en transfert thermique ; détente non contrôlée, dans le vide ou contre une pression extérieure différente de celle du gaz (déséquilibre mécanique fini) ; mélange de deux fluides, diffusion, réaction chimique spontanée. Dans chacun de ces cas, le film passé à l’envers est absurde : c’est le critère intuitif de l’irréversibilité.

2Entropie et interprétation statistique

Définition. À tout système à l’équilibre on associe une fonction d’état extensive SS, l’entropie, exprimée en J⋅K−1{\mathrm{J}{\cdot}\mathrm{K}^{-1}}. Comme toute fonction d’état, ΔS\Delta S ne dépend que de l’état initial et de l’état final, jamais du chemin suivi.

Notation. En MPSI, les expressions de SS sont toujours fournies par l’énoncé : leur construction n’est pas une capacité exigible. Il faut en revanche savoir les utiliser sans hésiter, et savoir que SS est extensive : Stotal=∑iSiS_{\text{total}}=\sum_i S_i.

Propriété — interprétation statistique. Un état macroscopique donné est réalisé par un très grand nombre Ω\Omega de microétats compatibles avec les contraintes macroscopiques. La formule de Boltzmann, toujours fournie,

 S=kB ln⁡Ω kB=1,38×10−23 J⋅K−1,\boxed{\ S=k_B\,\ln\Omega\ }\qquad k_B={1{,}38\times10^{-23}\,\mathrm{J}{\cdot}\mathrm{K}^{-1}},

montre que l’entropie mesure le nombre de façons de réaliser l’état macroscopique, c’est-à-dire le désordre statistique : un gaz occupant un plus grand volume, une température plus élevée, une phase moins ordonnée correspondent à un Ω\Omega plus grand, donc à une entropie plus grande.

Attentionune interprétation, pas un outil de calcul

Le programme demande une interprétation qualitative et interdit tout développement quantitatif à partir de S=kBln⁡ΩS=k_B\ln\Omega : on ne calcule jamais Ω\Omega pour résoudre un exercice, on utilise les expressions fournies de SS. « L’entropie mesure le désordre » est une image utile pour prévoir un signe ; ce n’est pas une démonstration.

3Le deuxième principe

Théorème — deuxième principe. Pour tout système fermé subissant une transformation entre deux états d’équilibre, la variation d’entropie se décompose en deux termes :

 ΔS=Seˊch+Screˊeˊe Seˊch=∑iQiTi, Screˊeˊe⩾0 \boxed{\ \Delta S=S_{\text{éch}}+S_{\text{créée}}\ }\qquad S_{\text{éch}}=\sum_i\frac{Q_i}{T_i},\qquad \boxed{\ S_{\text{créée}}\geq 0\ }

où QiQ_i est le transfert thermique reçu de la source (ou du thermostat) ii, de température TiT_i — la température de la source, pas celle du système. L’entropie créée est nulle si et seulement si la transformation est réversible, et strictement positive sinon.

Notation. SeˊchS_{\text{éch}} est l’entropie échangée : c’est un terme de transfert, du même statut que WW et QQ. ScreˊeˊeS_{\text{créée}} est l’entropie créée à l’intérieur du système : elle n’est reçue de personne, elle apparaît. Pour une transformation élémentaire,  ⁣dS=δQTsource+δScreˊeˊe\dd S=\dfrac{\delta Q}{T_{\text{source}}}+\delta S_{\text{créée}} ; si la température de la source varie continûment, Seˊch=∫δQTsourceS_{\text{éch}}=\displaystyle\int\frac{\delta Q}{T_{\text{source}}}.

Attentionles trois confusions à ne jamais faire

ΔS\Delta S peut être négative (compression isotherme, corps qui refroidit) : ce n’est pas ΔS\Delta S mais ScreˊeˊeS_{\text{créée}} qui est positive ; SeˊchS_{\text{éch}} peut l’être aussi. Enfin ΔS=0\Delta S=0 (cycle, ou transformation isentropique) n’implique pas Screˊeˊe=0S_{\text{créée}}=0 : cela impose seulement Screˊeˊe=−SeˊchS_{\text{créée}}=-S_{\text{éch}}.

Propriété — deux cas particuliers décisifs.

  • Système isolé ou calorifugé : Qi=0Q_i=0 donc Seˊch=0S_{\text{éch}}=0 et ΔS=Screˊeˊe⩾0\boxed{\Delta S=S_{\text{créée}}\geq 0} — l’entropie d’un système isolé ne peut que croître. Une évolution adiabatique n’est isentropique que si elle est de plus réversible : une détente dans le vide est adiabatique et pourtant ΔS>0\Delta S>0. Retenir adiabatique + réversible ⟺\Longleftrightarrow isentropique, jamais « adiabatique ⟹\Longrightarrow isentropique ».
  • Cycle : SS étant une fonction d’état, ΔS=0\Delta S=0 sur un cycle, donc Screˊeˊe=−SeˊchS_{\text{créée}}=-S_{\text{éch}}, soit ∑iQiTi⩽0\displaystyle\sum_i\frac{Q_i}{T_i}\leq 0.

4Les expressions fournies de l’entropie

FormulaireExpressions de SS — toujours données en énoncé, à savoir utiliser
  • Gaz parfait de capacités thermiques molaires CVmC_{V\mathrm{m}} et CPmC_{P\mathrm{m}} constantes, trois formes équivalentes (par Mayer CPm−CVm=RC_{P\mathrm{m}}-C_{V\mathrm{m}}=R) :

    ΔS=n CVmln⁡T2T1+n Rln⁡V2V1=n CPmln⁡T2T1−n Rln⁡P2P1=n CVmln⁡P2P1+n CPmln⁡V2V1.\Delta S=n\,C_{V\mathrm{m}}\ln\frac{T_2}{T_1}+n\,R\ln\frac{V_2}{V_1} =n\,C_{P\mathrm{m}}\ln\frac{T_2}{T_1}-n\,R\ln\frac{P_2}{P_1} =n\,C_{V\mathrm{m}}\ln\frac{P_2}{P_1}+n\,C_{P\mathrm{m}}\ln\frac{V_2}{V_1}.
  • Phase condensée incompressible et indilatable, de capacité thermique C=mcC=mc constante :

    ΔS=C ln⁡T2T1=m c ln⁡T2T1.\Delta S=C\,\ln\frac{T_2}{T_1}=m\,c\,\ln\frac{T_2}{T_1}.
  • Transition de phase 1→21\to 2 à la température TT : Δh12(T)=T Δs12(T)\Delta h_{12}(T)=T\,\Delta s_{12}(T), donc ΔS=m Δh12(T)T\Delta S=\dfrac{m\,\Delta h_{12}(T)}{T} pour une masse mm transformée.
  • Formule de Boltzmann : S=kBln⁡ΩS=k_B\ln\Omega (interprétation qualitative seulement).

Méthode — choisir la bonne forme. Prendre celle dont les deux variables sont connues dans les deux états : (T,V)(T,V) pour une transformation isochore ou une détente de Joule-Gay-Lussac, (T,P)(T,P) pour une transformation monobare ou une compression à taux de pression donné, (P,V)(P,V) quand la température n’intervient pas. Les trois donnent évidemment le même résultat : c’est un contrôle gratuit. Elles montrent aussi que ΔS=0\Delta S=0 est possible sans que rien ne soit constant, les deux logarithmes se compensant : c’est l’origine de la loi de Laplace.

5La méthode du bilan entropique

Méthode — bilan entropique en six étapes. (i) définir le système (il doit être fermé ; souvent il faut l’élargir pour y inclure un deuxième corps) et préciser les parois (rigides ? calorifugées ?) ; (ii) identifier l’état initial et l’état final complètement, en utilisant les contraintes du milieu extérieur et, si besoin, le premier principe ; (iii) calculer ΔS\Delta S avec l’expression fournie, en passant par l’état final réel (peu importe le chemin) ; (iv) calculer QQ par le premier principe, puis Seˊch=∑Qi/TiS_{\text{éch}}=\sum Q_i/T_i avec les températures des sources ; (v) en déduire Screˊeˊe=ΔS−SeˊchS_{\text{créée}}=\Delta S-S_{\text{éch}} ; (vi) contrôler que Screˊeˊe⩾0S_{\text{créée}}\geq 0 et nommer la (ou les) cause(s) physique(s) d’irréversibilité. Un Screˊeˊe<0S_{\text{créée}}<0 signale une erreur de signe ou un état final faux.

Exempleun bilan type : corps chaud plongé dans un thermostat

Un bloc de capacité thermique CC à T1T_1 est plongé dans un thermostat à T0<T1T_0<T_1 ; état final : bloc à T0T_0. Premier principe : Q=C (T0−T1)<0Q=C\,(T_0-T_1)<0. Expression fournie : ΔS=Cln⁡(T0/T1)<0\Delta S=C\ln(T_0/T_1)<0. Entropie échangée : Seˊch=Q/T0S_{\text{éch}}=Q/T_0. D’où, en posant x=T1/T0>1x=T_1/T_0>1,

Screˊeˊe=C(ln⁡T0T1−T0−T1T0)=C (x−1−ln⁡x)>0.S_{\text{créée}}=C\left(\ln\frac{T_0}{T_1}-\frac{T_0-T_1}{T_0}\right)=C\,\bigl(x-1-\ln x\bigr)>0 .

L’entropie du bloc diminue, celle du thermostat augmente davantage, et la cause d’irréversibilité est l’écart fini de température. Avec une infinité de thermostats échelonnés de T1T_1 à T0T_0, on aurait Seˊch=∫T1T0C  ⁣dT/T=ΔSS_{\text{éch}}=\int_{T_1}^{T_0}C\,\dd T/T=\Delta S et Screˊeˊe=0S_{\text{créée}}=0 : même état final, même QQ, mais transformation réversible.

6Transformation isentropique d’un gaz parfait : la loi de Laplace

Théorème — loi de Laplace. Pour un gaz parfait de rapport γ=CPm/CVm\gamma=C_{P\mathrm{m}}/C_{V\mathrm{m}} constant, subissant une transformation adiabatique et réversible (donc isentropique et quasi statique) :

 P Vγ=cte  T Vγ−1=cte  P1−γ Tγ=cte \boxed{\ P\,V^{\gamma}=\text{cte}\ }\qquad\boxed{\ T\,V^{\gamma-1}=\text{cte}\ }\qquad\boxed{\ P^{1-\gamma}\,T^{\gamma}=\text{cte}\ }

Les deux dernières se déduisent de la première par PV=nRTPV=nRT. Idée de la démonstration : la transformation étant adiabatique et mécaniquement réversible,  ⁣dU=δW=−P  ⁣dV\dd U=\delta W=-P\,\dd V avec PP la pression du gaz ; or  ⁣dU=n CVm  ⁣dT\dd U=n\,C_{V\mathrm{m}}\,\dd T, et  ⁣dT\dd T se tire de P  ⁣dV+V  ⁣dP=nR  ⁣dTP\,\dd V+V\,\dd P=nR\,\dd T. En éliminant  ⁣dT\dd T puis en utilisant CPm−CVm=RC_{P\mathrm{m}}-C_{V\mathrm{m}}=R, on obtient γ  ⁣dVV+ ⁣dPP=0\gamma\,\dfrac{\dd V}{V}+\dfrac{\dd P}{P}=0, qui s’intègre en PVγ=ctePV^\gamma=\text{cte}.

Attentionles trois hypothèses, à vérifier chaque fois

(1) gaz parfait, (2) γ\gamma constant, (3) adiabatique et réversible. Appliquer Laplace à une détente dans le vide, à une compression brutale sous une pression extérieure constante, ou à une phase condensée, est l’erreur la plus sanctionnée du chapitre. Pour une adiabatique irréversible, on écrit le premier principe avec W=−Pext ΔVW=-P_{\text{ext}}\,\Delta V — et rien d’autre.

Propriété — dans le diagramme de Clapeyron. En un point donné, (∂P∂V)T=−PV\left(\dfrac{\partial P}{\partial V}\right)_T=-\dfrac{P}{V} tandis que (∂P∂V)S=−γ PV\left(\dfrac{\partial P}{\partial V}\right)_S=-\gamma\,\dfrac{P}{V} : l’isentropique est γ\gamma fois plus pentue que l’isotherme. Partant du même état, une détente adiabatique réversible fait chuter la pression plus vite et refroidit le gaz ; une compression adiabatique l’échauffe. À détente donnée, l’aire sous la courbe — donc le travail — est plus faible pour l’adiabatique.

Figure 1 — Isotherme et isentropique issues du même état, pour γ=1,40\gamma=1{,}40. L’isentropique descend plus vite : en se détendant adiabatiquement, le gaz traverse des isothermes de plus en plus basses, donc il refroidit.

7Entropie et changements d’état

Propriété — transition de phase. Une transition de phase d’un corps pur, sous la pression Psat(T)P_{\text{sat}}(T), se fait à TT et PP constantes. Elle est réversible si le corps est en contact avec un thermostat à sa propre température TT : alors ΔS=QT=m Δh12T\Delta S=\dfrac{Q}{T}=\dfrac{m\,\Delta h_{12}}{T}, ce qui est exactement la relation Δh12=T Δs12\Delta h_{12}=T\,\Delta s_{12}.

Exempleordres de grandeur pour l’eau

Δsfus=3,34×105 J⋅kg−1273 K=1,22 kJ⋅K−1⋅kg−1\Delta s_{\text{fus}}=\dfrac{{3{,}34\times10^{5}\,\mathrm{J}{\cdot}\mathrm{kg}^{-1}}}{{273\,\mathrm{K}}}={1{,}22\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{K}^{-1}{\cdot}\mathrm{kg}^{-1}} et Δsvap=2,26×106 J⋅kg−1373 K=6,06 kJ⋅K−1⋅kg−1\Delta s_{\text{vap}}=\dfrac{{2{,}26\times10^{6}\,\mathrm{J}{\cdot}\mathrm{kg}^{-1}}}{{373\,\mathrm{K}}}={6{,}06\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{K}^{-1}{\cdot}\mathrm{kg}^{-1}} : la vaporisation crée cinq fois plus de désordre que la fusion, car le passage à l’état gazeux multiplie le volume accessible par ≈1 300\approx{1\,300} alors que la fusion ne détruit que l’ordre à longue distance du cristal. À comparer au chauffage de l’eau liquide de 0∘C{0{}^{\circ}\mathrm{C}} à 100∘C{100{}^{\circ}\mathrm{C}} : cln⁡(373/273)=1,30 kJ⋅K−1⋅kg−1c\ln(373/273)={1{,}30\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{K}^{-1}{\cdot}\mathrm{kg}^{-1}}. Δs12\Delta s_{12} est positive dans le sens fusion, vaporisation, sublimation, négative dans le sens inverse ; on prend Δh\Delta h et Δs\Delta s dans le même sens, et TT en kelvins.

8Les résultats classiques à savoir retrouver

  • Détente isotherme réversible de V1V_1 à V2V_2 au contact d’un thermostat T0T_0 : ΔU=0\Delta U=0, W=−nRT0ln⁡(V2/V1)W=-nRT_0\ln(V_2/V_1), Q=−WQ=-W, ΔS=nRln⁡(V2/V1)=Seˊch\Delta S=nR\ln(V_2/V_1)=S_{\text{éch}}, Screˊeˊe=0S_{\text{créée}}=0. Contre une PextP_{\text{ext}} constante, l’état final est le même donc ΔS\Delta S aussi, mais ∣W∣|W| est plus petit, donc QQ et SeˊchS_{\text{éch}} également : Screˊeˊe>0S_{\text{créée}}>0.
  • Détente de Joule-Gay-Lussac : un gaz occupant V1V_1 se détend dans un volume total V2V_2, parois rigides et calorifugées. Alors W=0W=0 et Q=0Q=0, donc ΔU=0\Delta U=0 : pour un gaz parfait la température est inchangée ; et Seˊch=0S_{\text{éch}}=0, donc Screˊeˊe=ΔS=nRln⁡(V2/V1)>0S_{\text{créée}}=\Delta S=nR\ln(V_2/V_1)>0. C’est l’exemple canonique d’une transformation adiabatique non isentropique.
  • Deux corps identiques mis en contact (CC, T1T_1 et T2T_2), ensemble isolé : Tf=T1+T22T_f=\dfrac{T_1+T_2}{2} et Screˊeˊe=ΔS=Cln⁡Tf 2T1T2>0S_{\text{créée}}=\Delta S=C\ln\dfrac{T_f^{\,2}}{T_1T_2}>0 par l’inégalité arithmético-géométrique T1+T22⩾T1T2\dfrac{T_1+T_2}{2}\geq\sqrt{T_1T_2}.
  • Travail dissipé (frottement, effet Joule) dans un corps calorifugé de capacité CC : ΔU=Wdiss\Delta U=W_{\text{diss}}, Tf=Ti+Wdiss/CT_f=T_i+W_{\text{diss}}/C et Screˊeˊe=ΔS=Cln⁡(Tf/Ti)>0S_{\text{créée}}=\Delta S=C\ln(T_f/T_i)>0 : tout travail dissipé crée de l’entropie.
  • Compression adiabatique irréversible sous Pext=P2P_{\text{ext}}=P_2 constante : le premier principe n CVm(T2−T1)=−P2(V2−V1)n\,C_{V\mathrm{m}}(T_2-T_1)=-P_2(V_2-V_1) donne CPm T2=CVmT1+R T1P2P1C_{P\mathrm{m}}\,T_2=C_{V\mathrm{m}}T_1+R\,T_1\dfrac{P_2}{P_1}, et T2T_2 est supérieure à celle de la compression réversible de même rapport de pression.

Remarque. Complément numérique. Le programme ne prévoit aucune capacité numérique dans cette partie. Un contrôle utile consiste néanmoins à coder le bilan entropique et à faire lever une erreur dès que Screˊeˊe<0S_{\text{créée}}<0 : c’est le signe infaillible d’un état final faux ou d’une erreur de signe sur QQ.

def bilan(dS, S_ech):          # S_ech = somme des Q_i / T_i (T = source !)
    S_cr = dS - S_ech
    assert S_cr >= -1e-9, "entropie creee negative : revoir l'etat final"
    return S_cr

9Démonstrations et raisonnements à savoir refaire

  • Loi de Laplace :  ⁣dU=−P  ⁣dV\dd U=-P\,\dd V (adiabatique réversible),  ⁣dU=nCVm ⁣dT\dd U=nC_{V\mathrm{m}}\dd T, PV=nRTPV=nRT, Mayer, puis intégration de γ ⁣dVV+ ⁣dPP=0\gamma\dfrac{\dd V}{V}+\dfrac{\dd P}{P}=0 ; passage aux deux autres formes.
  • Bilan du corps dans un thermostat et positivité de x−1−ln⁡xx-1-\ln x ; deux corps en contact : TfT_f par le premier principe, puis positivité de ScreˊeˊeS_{\text{créée}}.
  • Détente de Joule-Gay-Lussac : justifier W=0W=0 et Q=0Q=0, en déduire ΔT=0\Delta T=0 pour un gaz parfait, puis Screˊeˊe=nRln⁡(V2/V1)S_{\text{créée}}=nR\ln(V_2/V_1).
  • Compression adiabatique irréversible monobare : établir T2T_2, comparer au cas réversible. Cycle : ΔS=0\Delta S=0 donc ∑Qi/Ti⩽0\sum Q_i/T_i\leq 0. Pente comparée de l’isotherme et de l’isentropique.
Savoir-faire
  • Interpréter qualitativement l’entropie en termes de désordre statistique à partir de S=kBln⁡ΩS=k_B\ln\Omega fournie, et prévoir le signe d’une variation d’entropie.
  • Définir un système fermé et mener un bilan entropique complet (ΔS\Delta S, SeˊchS_{\text{éch}}, ScreˊeˊeS_{\text{créée}}, contrôle du signe) ; relier ScreˊeˊeS_{\text{créée}} à ses causes physiques ; traiter le cas de l’évolution adiabatique.
  • Utiliser les expressions fournies de SS (gaz parfait, phase condensée, transition de phase avec Δh12=TΔs12\Delta h_{12}=T\Delta s_{12}) et l’extensivité de SS.
  • Citer et utiliser la loi de Laplace, en vérifiant ses trois conditions d’application ; comparer deux chemins menant au même état final (même ΔS\Delta S, ScreˊeˊeS_{\text{créée}} différentes).
FormulaireLes relations à connaître par cœur
  • ΔS=Seˊch+Screˊeˊe\Delta S=S_{\text{éch}}+S_{\text{créée}} ; Seˊch=∑QiTsource,iS_{\text{éch}}=\sum\dfrac{Q_i}{T_{\text{source},i}} ; Screˊeˊe⩾0S_{\text{créée}}\geq 0 (nulle ⇔\Leftrightarrow réversible).
  • Isolé ou adiabatique : ΔS=Screˊeˊe⩾0\Delta S=S_{\text{créée}}\geq 0. Cycle : ΔS=0\Delta S=0 donc ∑Qi/Ti⩽0\sum Q_i/T_i\leq 0.
  • Laplace (gaz parfait, γ\gamma constant, adiabatique réversible) : PVγPV^\gamma, TVγ−1TV^{\gamma-1} et P1−γTγP^{1-\gamma}T^\gamma sont constants.
  • Mayer : CPm−CVm=RC_{P\mathrm{m}}-C_{V\mathrm{m}}=R ; CVm=Rγ−1C_{V\mathrm{m}}=\dfrac{R}{\gamma-1} ; CPm=γRγ−1C_{P\mathrm{m}}=\dfrac{\gamma R}{\gamma-1} ; γ=53\gamma=\dfrac53 (monoatomique), γ=1,40\gamma=1{,}40 (air).
  • Transition de phase : Δh12=T Δs12\Delta h_{12}=T\,\Delta s_{12} ; eau : Δsvap=6,06 kJ⋅K−1⋅kg−1\Delta s_{\text{vap}}={6{,}06\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{K}^{-1}{\cdot}\mathrm{kg}^{-1}}, Δsfus=1,22 kJ⋅K−1⋅kg−1\Delta s_{\text{fus}}={1{,}22\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{K}^{-1}{\cdot}\mathrm{kg}^{-1}}.
  • Valeurs utiles : ln⁡2=0,693\ln 2=0{,}693 ; ln⁡3=1,099\ln 3=1{,}099 ; ln⁡5=1,609\ln 5=1{,}609 ; ln⁡10=2,303\ln 10=2{,}303 ; Rln⁡2=5,76 J⋅K−1R\ln 2={5{,}76\,\mathrm{J}{\cdot}\mathrm{K}^{-1}}.
Pièges
  • Croire que ΔS⩾0\Delta S\geq 0 pour tout système : c’est ScreˊeˊeS_{\text{créée}} qui est positive, pas ΔS\Delta S.
  • Écrire Seˊch=Q/TS_{\text{éch}}=Q/T avec la température du système au lieu de celle de la source : l’erreur disparaît dans le cas réversible, d’où sa persistance.
  • Croire qu’une transformation adiabatique est isentropique, ou que ΔS=0\Delta S=0 entraîne Screˊeˊe=0S_{\text{créée}}=0.
  • Appliquer la loi de Laplace à une transformation irréversible, à un gaz non parfait ou à une phase condensée.
  • Calculer ΔS\Delta S « le long du chemin réel » (SS est une fonction d’état), ou oublier un corps du bilan (le thermostat) quand on veut l’entropie créée dans l’ensemble isolé.
  • Travailler en degrés Celsius dans un logarithme ou dans Q/TQ/T ; prendre CVm=32RC_{V\mathrm{m}}=\frac32 R pour l’air (c’est 52R\frac52 R).
  • Oublier de nommer la cause d’irréversibilité : c’est une question de cours, systématiquement posée.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : expressions de l’entropie, bilans entropiques, loi de Laplace

12 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 h 30calculatrice autorisée

  1. Cinq affirmations à corrigerDifficulté 1 sur 3
  2. Variations d’entropie d’un gaz parfaitDifficulté 1 sur 3
  3. Un bloc de cuivre, trois situationsDifficulté 1 sur 3
  4. Détente isotherme réversibleDifficulté 2 sur 3
  5. La même détente, mais brutaleDifficulté 2 sur 3
  6. Détente de Joule-Gay-LussacDifficulté 2 sur 3
  7. Loi de Laplace : une compression réversibleDifficulté 2 sur 3
  8. Deux façons de comprimer, une seule pression finaleDifficulté 2 sur 3
  9. Deux blocs que l’on met en contactDifficulté 2 sur 3
  10. Entropies de changement d’état de l’eauDifficulté 1 sur 3
  11. Un glaçon dans un grand verre d’eauDifficulté 2 sur 3
  12. La formule de Boltzmann : une lecture du désordreDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Applications : irréversibilité, chemins comparés, mélange, travail dégradé

9 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3 à Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Chauffer un litre d’eau : un, deux, puis NN thermostatsDifficulté 2 sur 3
  2. Un glaçon dans un calorimètreDifficulté 2 sur 3
  3. Trois chemins, un même état finalDifficulté 3 sur 3
  4. La pompe à véloDifficulté 2 sur 3
  5. Freinage : où va l’entropie ?Difficulté 2 sur 3
  6. Mélange de deux gaz parfaitsDifficulté 3 sur 3
  7. Une résistance chauffante dans un gazDifficulté 2 sur 3
  8. Lire un diagramme de ClapeyronDifficulté 2 sur 3
  9. Problème ouvert : le prix entropique d’un radiateurDifficulté 2 sur 3
3

Interrogation A

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Bilans entropiques, loi de Laplace, irréversibilité

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Un compresseur d’air7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Un bloc de cuivre dans un calorimètre7 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Détentes d’un gaz parfait, changement d’état, entropie créée

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Trois façons de détendre un gaz7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Une casserole sur une plaque chauffante7 ptsDifficulté 3 sur 3
5

Approfondissement

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Détentes de gaz réels, énoncés historiques, travail maximal, entropie absolue

7 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 4 hcalculatrice autorisée

  1. La détente de Joule-Thomson (hors programme)Difficulté 3 sur 3
  2. Du deuxième principe aux énoncés historiquesDifficulté 3 sur 3
  3. Deux corps finis : quel travail maximal ?Difficulté 3 sur 3
  4. Un cycle irréversible de bout en boutDifficulté 3 sur 3
  5. Un dénombrement de microétats (hors programme)Difficulté 3 sur 3
  6. Entropie absolue d’un solide (hors programme)Difficulté 3 sur 3
  7. Un gaz de van der Waals (hors programme)Difficulté 3 sur 3
6

DS type concours

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Le stockage d’énergie par air comprimé

Durée : 4 hcalculatrice autorisée3 parties23 questionsbarème indicatif sur 20

7

Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral

1 question de cours4 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 3 sur 3environ 20 min{20\,\mathrm{min}} par exercice

  1. Question de coursDifficulté 1 sur 3
  2. Un bloc de fer dans un thermostatDifficulté 1 sur 3
  3. Le piston brusquement chargéDifficulté 2 sur 3
  4. Deux gaz de part et d’autre d’une paroi diathermaneDifficulté 2 sur 3
  5. Jusqu’où peut-on brusquer une détente ?Difficulté 3 sur 3

Prépa · Physique-chimie : les 26 chapitres

  1. Mesures et incertitudes
  2. Optique géométrique
  3. Circuits dans l’ARQS
  4. Circuits du premier ordre
  5. Oscillateurs libres et forcés
  6. Filtrage linéaire
  7. Propagation et interférences
  8. Cinématique du point
  9. Lois de Newton
  10. Énergétique du point
  11. Particules chargées
  12. Transformations de la matière
  13. Cinétique chimique
  14. Structure des entités chimiques
  15. Moment cinétique et forces centrales
  16. Mouvement d’un solide
  17. Système thermodynamique
  18. Premier principe
  19. Deuxième principe
  20. Machines thermiques
  21. Champ magnétique et forces de Laplace
  22. Induction
  23. Physique quantique
  24. Solides cristallins
  25. Acide-base et précipitation
  26. Oxydo-réduction et diagrammes E-pH