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MPSI · Physique-chimie · Constitution et transformations de la matière · Chapitre 24

Solides cristallins

Fiche de cours14 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Les états solides de la matière

Définition. Un solide cristallin est un solide dont les entités (atomes, ions ou molécules) sont rangées de façon périodique et ordonnée à grande distance. Un solide amorphe (ou vitreux) ne présente qu’un ordre local, comme un liquide figé. Un solide semi-cristallin fait coexister zones cristallines et zones amorphes : c’est le cas de la plupart des polymères usuels.

Propriété — comment les distinguer. Un solide cristallin fond à température fixe sous pression donnée ; un solide amorphe se ramollit progressivement (transition vitreuse), sans température de fusion définie. La silice SiOX2\ce{SiO2} en donne les deux visages : le quartz est cristallin, le verre amorphe.

Méthode — capacité expérimentale : influence des conditions de formation. Un même corps donne un solide cristallin ou amorphe selon la façon dont on le solidifie : un refroidissement lent laisse aux entités le temps de se ranger (gros cristaux bien formés : sulfate de cuivre, alun), un refroidissement brutal (trempe) fige le désordre (verre, ou très petits cristaux). Solvant, concentration et germes gouvernent de même la taille des cristaux obtenus par recristallisation. Plus la solidification est lente, plus le solide obtenu est ordonné.

Définition. Deux variétés allotropiques d’un même élément sont deux solides simples constitués de ce seul élément mais de structures différentes, donc de propriétés physiques différentes : carbone (graphite, diamant), étain (gris, blanc), fer (α\alpha, γ\gamma), soufre, phosphore.

2Le modèle du cristal parfait

Définition. Le modèle du cristal parfait décrit un cristal comme la répétition périodique, dans les trois directions de l’espace et à l’infini, d’un même parallélépipède appelé maille. Le contenu chimique qui se répète est le motif. Le cristal est donc entièrement décrit par les paramètres de maille (longueurs aa, bb, cc et angles) et par les positions du motif dans la maille.

Notation. Les positions sont repérées par leurs coordonnées réduites (x,y,z)(x,y,z), fractions des arêtes, comprises entre 00 et 11. Pour une maille cubique, un seul paramètre aa suffit. Dans tout le chapitre, les entités sont assimilées à des sphères dures indéformables de rayon RR, tangentes entre plus proches voisines.

Définition. La population NN d’une maille est le nombre de motifs qu’elle contient en propre : on pondère chaque position par la fraction du motif réellement située dans la maille. Sommet 18\frac18 ; arête 14\frac14 ; face 12\frac12 ; intérieur 11 (une position est partagée entre 88, 44, 22 ou 11 mailles).

Définition. La coordinence d’une entité est le nombre de ses plus proches voisins, c’est-à-dire le nombre d’entités situées à la distance minimale. On précise toujours de quoi autour de quoi : dans un cristal ionique on donne la coordinence cation/anion et la coordinence anion/cation. Elle ne dépend pas du choix de la maille et n’a rien à voir avec la population : la première compte des voisins (souvent 44, 66, 88 ou 1212), la seconde des motifs par maille (souvent 11, 22 ou 44).

Définition. La compacité CC est la fraction du volume de la maille réellement occupée par les sphères du modèle ; elle est sans dimension et toujours strictement inférieure à 11.

Théorème — compacité et masse volumique. Le cristal étant un pavage de mailles identiques, sa compacité et sa masse volumique sont celles d’une maille, de volume VmailleV_{\text{maille}} et de masse N M/NAN\,M/N_A :

 C=∑iNi 43πRi 3Vmaille  ρ=N MNA Vmaille (maille cubique : Vmaille=a3).\boxed{\ C=\frac{\sum_i N_i\,\tfrac43\pi R_i^{\,3}}{V_{\text{maille}}}\ }\qquad\qquad\boxed{\ \rho=\frac{N\,M}{N_A\,V_{\text{maille}}}\ }\qquad\text{(maille cubique : }V_{\text{maille}}=a^3\text{).}

Méthode — l’ordre des opérations, et le piège des unités. Convertir d’abord aa en mètres et MM en kg⋅mol−1{\mathrm{kg}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}}, puis appliquer la formule. Un paramètre de maille de 400 pm{400\,\mathrm{pm}} donne a3=6,4×10−29 m3a^3=6{,}4\times10^{-29}\,{\mathrm{m}^{3}} : le facteur 10−3010^{-30} entre nm3{\mathrm{nm}^{3}} et m3{\mathrm{m}^{3}} est l’erreur numéro un du chapitre.

Définition. Selon la nature de l’entité et de la liaison, le rayon de la sphère porte un nom différent : rayon métallique (moitié de la plus courte distance entre noyaux d’un métal), rayon covalent (moitié d’une longueur de liaison), rayon de van der Waals (moitié de la plus courte distance d’approche d’entités non liées), rayon ionique. Pour un même élément ils diffèrent : RvdW>Rmeˊt>RcovR_{\text{vdW}}>R_{\text{mét}}>R_{\text{cov}} ; un cation est plus petit que l’atome dont il dérive, un anion plus gros.

Méthode — relier un rayon aux paramètres d’une maille donnée. Repérer la direction de tangence, celle selon laquelle les sphères se touchent, et écrire que la longueur de ce segment vaut la somme des rayons rencontrés. Les trois directions utiles d’un cube sont l’arête (aa), la diagonale d’une face (a2a\sqrt2) et la grande diagonale (a3a\sqrt3).

3La maille cubique à faces centrées

Définition. La maille cubique à faces centrées (CFC) est la maille cubique d’arête aa portant un motif à chacun des 88 sommets et au centre de chacune des 66 faces, soit les coordonnées réduites (0,0,0)(0,0,0), (12,12,0)\left(\frac12,\frac12,0\right), (12,0,12)\left(\frac12,0,\frac12\right) et (0,12,12)\left(0,\frac12,\frac12\right), toutes les autres s’en déduisant par translation. C’est la seule maille dont la connaissance est exigible : toute autre structure sera décrite par l’énoncé.

Schéma
Schéma
Les quatre nombres de la CFC
populationN=4N=4
coordinence1212
tangencea=22 Ra=2\sqrt2\,R
compacitéC=π26≈0,740C=\dfrac{\pi\sqrt2}{6}\approx 0{,}740

Figure 1 — Maille CFC en perspective (sphères réduites) et une face en vraie grandeur : la tangence a lieu sur la diagonale de la face, jamais sur l’arête.

Théorème — les quatre résultats, démontrés. Population : N=8×18+6×12=1+3=4N=8\times\frac18+6\times\frac12=1+3=4. Tangence : les sphères se touchent le long de la diagonale d’une face, qui porte quatre rayons, d’où a2=4Ra\sqrt2=4R, soit a=22 Ra=2\sqrt2\,R et R=a24≈0,354 aR=\frac{a\sqrt2}{4}\approx 0{,}354\,a ; le long de l’arête 2R=0,707 a<a2R=0{,}707\,a<a : pas de tangence. Coordinence : un atome au centre d’une face a pour plus proches voisins les 44 sommets de cette face et les 44 centres de faces de chacun des deux cubes qui la partagent, soit 4+4+4=124+4+4=12 voisins à la distance a22=2R\frac{a\sqrt2}{2}=2R. Compacité : C=4×43πR3a3=16π3a3(a24) ⁣3=16π3×2264=π26=0,7405C=\dfrac{4\times\frac43\pi R^3}{a^3}=\dfrac{16\pi}{3a^3}\left(\dfrac{a\sqrt2}{4}\right)^{\!3}=\dfrac{16\pi}{3}\times\dfrac{2\sqrt2}{64}=\dfrac{\pi\sqrt2}{6}=0{,}7405.

Propriété — empilements compacts. π2/6≈0,74\pi\sqrt2/6\approx 0{,}74 est la compacité maximale d’un empilement de sphères identiques. On l’atteint en empilant des couches compactes — plans où chaque sphère touche six voisines — chaque couche se logeant dans les creux de la précédente. Une couche A offre deux familles de creux, B et C, d’où deux empilements compacts : ABAB…, de maille hexagonale (non exigible), et ABCABC…, dont la maille conventionnelle est précisément la CFC. Tous deux ont la compacité 0,740{,}74 et la coordinence 1212 (66 voisins dans la couche, 33 au-dessus, 33 en dessous). Dans la CFC, les couches compactes sont les plans perpendiculaires à une grande diagonale du cube.

4Les sites interstitiels de la maille CFC

Définition. Un site interstitiel est un espace vide entre les sphères, où l’on peut loger une sphère plus petite. On le nomme d’après la figure formée par ses plus proches voisins : site octaédrique (66 voisins aux sommets d’un octaèdre régulier), site tétraédrique (44 voisins aux sommets d’un tétraèdre régulier). L’habitabilité d’un site est le rayon maximal rr d’une sphère qu’on peut y introduire sans écarter les sphères hôtes.

Schéma
Schéma

Figure 2 — Vues de dessus : une couche compacte A et ses deux familles de creux B et C ; la couche A (trait plein) surmontée d’une couche B (tirets), avec les interstices Octaédriques (33 sphères de A, 33 de B, au-dessus des creux C restés libres) et Tétraédriques (sous chaque sphère de B, au-dessus de chaque sphère de A) : par sphère, un site octaédrique et deux tétraédriques. En perspective : sites octaédrique (centre du cube) et tétraédrique (centre d’un petit cube d’arête a/2a/2).

Théorème — sites octaédriques de la CFC. Ils occupent le centre du cube (12,12,12)\left(\frac12,\frac12,\frac12\right) et le milieu des 1212 arêtes : 1+12×14=41+12\times\frac14=4, soit 44 sites octaédriques par maille, un par atome. Chacun est entouré de 66 atomes à la distance a/2a/2 — pour celui du centre, les 66 centres de faces ; pour celui du milieu d’une arête, les 22 sommets de l’arête et les 44 centres de faces qui l’encadrent.

Théorème — sites tétraédriques de la CFC. On partage le cube en 88 petits cubes d’arête a/2a/2 : le centre de chaque petit cube, de coordonnées (14,14,14)\left(\frac14,\frac14,\frac14\right) et analogues, est un site tétraédrique. Tous sont intérieurs à la maille : 88 sites tétraédriques par maille, deux par atome. Chacun est entouré de 44 atomes à la distance a34\frac{a\sqrt3}{4} : un sommet du grand cube et les 33 centres de faces voisins.

Schéma

Théorème — habitabilités. Octaédrique : le site du milieu d’une arête est aligné avec les deux atomes des sommets de cette arête, donc 2R+2ro=a=22R2R+2r_{\mathrm o}=a=2\sqrt2 R et

ro=a2−R=a(2−2)4≈0,146 a, roR=2−1≈0,414 .r_{\mathrm o}=\frac{a}{2}-R=\frac{a(2-\sqrt2)}{4}\approx 0{,}146\,a,\qquad \boxed{\ \frac{r_{\mathrm o}}{R}=\sqrt2-1\approx 0{,}414\ }.

Tétraédrique : le site est au centre d’un petit cube d’arête a/2a/2, à la distance 12×a32=a34\frac12\times\frac{a\sqrt3}{2}=\frac{a\sqrt3}{4} de l’atome du sommet, donc R+rt=a34R+r_{\mathrm t}=\frac{a\sqrt3}{4} et

rt=a34−R=a(3−2)4≈0,0795 a, rtR=62−1≈0,225 .r_{\mathrm t}=\frac{a\sqrt3}{4}-R=\frac{a(\sqrt3-\sqrt2)}{4}\approx 0{,}0795\,a,\qquad \boxed{\ \frac{r_{\mathrm t}}{R}=\frac{\sqrt6}{2}-1\approx 0{,}225\ }.

Figure 3 — Coupe le long d’une arête : tangence du site octaédrique, nettement plus spacieux que le tétraédrique (ro/rt≈1,84r_{\mathrm o}/r_{\mathrm t}\approx 1{,}84). Une insertion est-elle possible ? Comparer rr à ror_{\mathrm o} ou rtr_{\mathrm t} calculés pour la structure hôte : si r⩽rsiter\leq r_{\text{site}}, l’insertion se fait sans déformation ; sinon elle reste possible mais écarte les atomes hôtes et dilate la maille — c’est ce que produit le carbone dans le fer, et c’est l’origine du durcissement des aciers.

5Les quatre grands types de cristaux

Propriété — métaux et non-métaux. Les métaux occupent la gauche et le centre du tableau périodique (bloc s sauf H\ce{H} et He\ce{He}, bloc d entier, bas-gauche du bloc p), les non-métaux le coin supérieur droit (C\ce{C}, N\ce{N}, O\ce{O}, P\ce{P}, S\ce{S}, halogènes, gaz nobles) ; entre eux, une frontière en escalier porte les semi-métaux (B\ce{B}, Si\ce{Si}, Ge\ce{Ge}, As\ce{As}, Sb\ce{Sb}, Te\ce{Te}).

MétalliqueCovalentMoléculaireIonique
Entitéscations ++ électrons délocalisésatomesmoléculescations et anions
Interactionliaison métalliqueliaison covalentevan der Waals, pont H\ce{H}électrostatique
Directionnelle ?nonouivdW non, pont H\ce{H} ouinon
Énergie (kJ⋅mol−1{\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}})100100 à 800800150150 à 500500 par liaison11 à 1010 ; 1010 à 4040 (pont H\ce{H})500500 à 40004000 (réticulaire)
TfusT_{\text{fus}}variable, souvent élevéetrès élevée (>1 500 K>{1\,500\,\mathrm{K}})basse (<400 K<{400\,\mathrm{K}})élevée
Duretéductile et malléabletrès dur, cassanttendredur, cassant
Conductionbonne, à l’état solideisolant (sauf graphite)isolantisolant solide, conducteur fondu ou dissous
Solubilitéinsolubleinsolublesolvant de polarité analoguesolvants polaires de εr\varepsilon_r élevée
ExemplesCu\ce{Cu}, Al\ce{Al}, Fe\ce{Fe}, Au\ce{Au}C\ce{C} diamant, Si\ce{Si}, SiOX2\ce{SiO2}IX2\ce{I2}, COX2\ce{CO2}, HX2O\ce{H2O}, CX60\ce{C60}NaCl\ce{NaCl}, MgO\ce{MgO}, CaFX2\ce{CaF2}

Propriété — cristaux métalliques. La liaison métallique est la mise en commun des électrons de valence par l’ensemble des atomes : les cations occupent les nœ uds du réseau, baignés dans un « gaz » d’électrons délocalisés. Elle est non directionnelle et de forte énergie. Les électrons mobiles assurent la conductivité électrique et thermique du solide et l’éclat métallique ; la non-directionnalité laisse les plans d’atomes glisser sans rompre de liaison dirigée (ductilité, malléabilité) et conduit à des structures très compactes ; l’énergie de cohésion, très variable, explique l’étendue des TfusT_{\text{fus}} (234 K{234\,\mathrm{K}} pour Hg\ce{Hg}, 3 695 K{3\,695\,\mathrm{K}} pour W\ce{W}).

Propriété — cristaux covalents. Le cristal est une seule molécule géante, les atomes étant liés de proche en proche par des liaisons covalentes, fortes et directionnelles. Fondre ou déformer exige d’en rompre : TfusT_{\text{fus}} très élevée, grande dureté, comportement cassant (pas de glissement possible). Les électrons sont localisés dans les liaisons : cristal isolant et insoluble. La directionnalité impose des structures peu compactes (C=0,34C=0{,}34 pour le diamant).

Propriété — cristaux moléculaires. Les nœ uds portent des molécules, qui gardent leur identité. La cohésion n’est assurée que par des interactions de van der Waals (non directionnelles, 11 à 10 kJ⋅mol−1{10\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}}) et, le cas échéant, des interactions par pont hydrogène (directionnelles, 1010 à 40 kJ⋅mol−1{40\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}}) : cent fois plus faibles que les liaisons covalentes internes aux molécules. D’où un cristal tendre, très fusible, volatil et isolant, soluble dans un solvant développant des interactions comparables (« qui se ressemble se dissout ») ; les ponts hydrogène, directionnels, imposent des structures peu compactes — la glace flotte sur l’eau.

Propriété — cristaux ioniques. La cohésion vient de l’interaction électrostatique entre ions de charges opposées, dont trois caractères expliquent tout. (i) Forte énergie — l’énergie réticulaire, à fournir pour disperser une mole de cristal en ions gazeux, vaut 788 kJ⋅mol−1{788\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}} pour NaCl\ce{NaCl}, 3 795 kJ⋅mol−1{3\,795\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}} pour MgO\ce{MgO} — d’où TfusT_{\text{fus}} élevée et grande dureté. (ii) Non directionnelle : chaque ion s’entoure du maximum d’ions de signe opposé (structures compactes), mais un plan glissant d’un demi-motif affronterait des charges de même signe, donc le cristal clive et se brise. (iii) Charges localisées : solide isolant, liquide et solution conducteurs. La dissolution exige un solvant polaire de εr\varepsilon_r élevée (78,478{,}4 pour l’eau), qui divise par εr\varepsilon_r l’attraction entre ions et les solvate.

6Les limites du modèle du cristal parfait

AttentionCe que le modèle ne sait pas faire
  • Les entités ne sont pas des sphères dures : le rayon d’un même élément dépend de la structure et de la coordinence (Fe\ce{Fe} vaut 124 pm{124\,\mathrm{pm}} dans le fer α\alpha, 129 pm{129\,\mathrm{pm}} dans le fer γ\gamma) ; une masse volumique calculée ne coïncide avec la mesure qu’à quelques pour cent près.
  • Le cristal réel n’est ni infini ni parfait : surfaces, joints de grains, lacunes — qu’un écart de masse volumique permet de quantifier. La température est absente du modèle (aa dépend de TT), et un composé réel n’est pas toujours stœchiométrique : certains oxydes s’écrivent FeX1−xO\ce{Fe_{1-x}O}.

Méthode — capacité expérimentale : visualiser mailles et sites. Sur modèle cristallin éclaté ou avec un logiciel de visualisation de structures, on construit la maille, on repère les positions du motif, on affiche les sites interstitiels et l’on mesure une distance ou un angle, que l’on confronte à la prévision du modèle (a=22Ra=2\sqrt2R, ro/R=0,414r_{\mathrm o}/R=0{,}414…).

7Savoir-faire, formulaire et pièges

Savoir-faire
  • Distinguer solide cristallin, amorphe, semi-cristallin ; nommer deux variétés allotropiques ; expliquer l’influence de la vitesse de solidification.
  • Pour une structure fournie : déterminer la population par pondération, la coordinence par dénombrement des plus proches voisins, la compacité ; calculer la masse volumique, ou en déduire aa, MM ou NAN_A ; relier un rayon (métallique, covalent, de van der Waals, ionique) aux paramètres de la maille en identifiant la direction de tangence.
  • Pour la CFC : retrouver N=4N=4, coordinence 1212, a=22Ra=2\sqrt2R, C=0,740C=0{,}740 ; localiser et dénombrer les 44 sites octaédriques et les 88 sites tétraédriques, calculer leur habitabilité ; localiser les interstices entre deux plans d’empilement compact.
  • Reconnaître métaux et non-métaux dans le tableau périodique ; relier la nature des interactions aux propriétés macroscopiques (TfusT_{\text{fus}}, dureté, ductilité, conductivité, solubilité).
  • Confronter une prévision du modèle à une donnée expérimentale et interpréter l’écart.
FormulaireÀ connaître par cœ ur
  • Pondérations : sommet 18\frac18 ; arête 14\frac14 ; face 12\frac12 ; intérieur 11. Cube : arête aa, diagonale d’une face a2a\sqrt2, grande diagonale a3a\sqrt3. C=N 43πR3a3C=\dfrac{N\,\frac43\pi R^3}{a^3} ; ρ=N MNA a3\rho=\dfrac{N\,M}{N_A\,a^3} (MM en kg⋅mol−1{\mathrm{kg}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}}, aa en m{\mathrm{m}}).
  • CFC : N=4N=4 ; coordinence 1212 ; a=22 Ra=2\sqrt2\,R, soit R=a24=0,3536 aR=\frac{a\sqrt2}{4}=0{,}3536\,a ; C=π26=0,7405C=\frac{\pi\sqrt2}{6}=0{,}7405.
  • Sites de la CFC : 44 octaédriques (centre ++ milieux des arêtes), roR=2−1=0,414\frac{r_{\mathrm o}}{R}=\sqrt2-1=0{,}414 ; 88 tétraédriques (centres des petits cubes d’arête a/2a/2), rtR=62−1=0,225\frac{r_{\mathrm t}}{R}=\frac{\sqrt6}{2}-1=0{,}225.
  • 2=1,414\sqrt2=1{,}414 ; 3=1,732\sqrt3=1{,}732 ; 6=2,449\sqrt6=2{,}449 ; NA=6,02×1023 mol−1N_A={6{,}02\times10^{23}\,\mathrm{mol}^{-1}} ; a=400 pm⇒a3=6,4×10−29 m3a={400\,\mathrm{pm}}\Rightarrow a^3=6{,}4\times10^{-29}\,{\mathrm{m}^{3}}.
Pièges
  • Compter les atomes d’une maille sans pondérer (une CFC a quatre atomes, pas quatorze), ou confondre population (motifs par maille) et coordinence (voisins d’une entité).
  • Écrire la tangence sur l’arête d’une CFC — elle a lieu sur la diagonale d’une face, a2=4Ra\sqrt2=4R — ou annoncer une compacité supérieure à 0,740{,}74 pour des sphères identiques.
  • Oublier le facteur 10−3010^{-30} entre nm3{\mathrm{nm}^{3}} et m3{\mathrm{m}^{3}}, employer MM en g⋅mol−1{\mathrm{g}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}} dans ρ=NM/(NAa3)\rho=NM/(N_Aa^3), ou oublier NAN_A.
  • Pour un cristal ionique, confondre motif et atome : le motif de NaCl\ce{NaCl} est la paire NaX++ClX−\ce{Na+}+\ce{Cl-}.
  • Intervertir sites octaédriques (44 par maille, r/R=0,414r/R=0{,}414) et tétraédriques (88 par maille, r/R=0,225r/R=0{,}225).
  • Croire que le modèle prédit exactement la masse volumique mesurée : un écart de quelques pour cent est normal et instructif.
  • Invoquer bandes d’énergie ou modèle quantique de la liaison (hors programme) ; dire qu’un solide ionique conduit le courant (il ne conduit que fondu ou dissous).
  • Restituer de mémoire une structure autre que la CFC : aucune n’est exigible, toutes sont fournies par l’énoncé.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : population, coordinence, compacité, masse volumique, maille CFC et sites interstitiels

12 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 h 30calculatrice autorisée

  1. États solides et variétés allotropiquesDifficulté 1 sur 3
  2. Savoir compter : populations de trois mailles fourniesDifficulté 1 sur 3
  3. La maille CFC : les quatre résultatsDifficulté 1 sur 3
  4. Le cuivreDifficulté 1 sur 3
  5. L’argent : remonter de la masse volumique à la structureDifficulté 2 sur 3
  6. Les sites octaédriques de la maille CFCDifficulté 1 sur 3
  7. Les sites tétraédriques de la maille CFCDifficulté 2 sur 3
  8. Une structure fournie : l’oxyde de magnésiumDifficulté 2 sur 3
  9. Une structure fournie : le siliciumDifficulté 2 sur 3
  10. Un cristal moléculaire fourni : l’argon solideDifficulté 1 sur 3
  11. Reconnaître un type de cristal à ses propriétésDifficulté 2 sur 3
  12. Confronter le modèle à l’expérienceDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Alliages, insertions, variétés allotropiques, structures ioniques et moléculaires fournies

9 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Un alliage de substitution : le laitonDifficulté 2 sur 3
  2. Un alliage d’insertion : l’acier austénitiqueDifficulté 2 sur 3
  3. Le palladium, éponge à hydrogèneDifficulté 2 sur 3
  4. Deux variétés allotropiques du fer : où le modèle cèdeDifficulté 3 sur 3
  5. Une structure fournie : la fluorineDifficulté 2 sur 3
  6. Quand les rayons ioniques échouent : la blendeDifficulté 3 sur 3
  7. Pourquoi la glace flotteDifficulté 2 sur 3
  8. Un cristal moléculaire géant : le fullerèneDifficulté 3 sur 3
  9. Déterminer le nombre d’AvogadroDifficulté 2 sur 3
3

Interrogation A

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Modèle du cristal parfait, maille CFC et sites interstitiels, cristaux ioniques

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Le nickel7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Une structure fournie : le chlorure de potassium7 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Empilements compacts, sites tétraédriques, insertion, structures ioniques fournies

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Le platine, métal des catalyseurs7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Deux structures fournies : pourquoi CsCl\ce{CsCl} n’a pas la structure de NaCl\ce{NaCl}7 ptsDifficulté 3 sur 3
5

Approfondissement

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Sept problèmes pour aller au bout du modèle du cristal parfait — et en toucher les limites

7 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 4 hcalculatrice autorisée

  1. D’où vient le nombre 0,7400{,}740 ?Difficulté 3 sur 3
  2. Dénombrer les interstices sans mailleDifficulté 3 sur 3
  3. Les rapports de rayons critiquesDifficulté 3 sur 3
  4. L’énergie d’un cristal ionique : ce que la géométrie seule préditDifficulté 3 sur 3
  5. Une structure fournie à trois espèces : le titanate de strontiumDifficulté 3 sur 3
  6. Un cristal qui n’est pas parfait : la wüstiteDifficulté 3 sur 3
  7. Explorer une structure par le calculDifficulté 3 sur 3
6

DS type concours

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Le fer, du métal à l’acier et à l’oxyde non stœchiométrique

Durée : 3 hcalculatrice autorisée3 parties23 questionsbarème indicatif sur 20

7

Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral

1 question de cours4 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 3 sur 3environ 20 min{20\,\mathrm{min}} par exercice

  1. Question de coursDifficulté 1 sur 3
  2. L’aluminiumDifficulté 1 sur 3
  3. Une structure fournie : le sel de tableDifficulté 2 sur 3
  4. Un intrus dans l’argentDifficulté 2 sur 3
  5. Pourquoi 0,740{,}74 ?Difficulté 3 sur 3

Prépa · Physique-chimie : les 26 chapitres

  1. Mesures et incertitudes
  2. Optique géométrique
  3. Circuits dans l’ARQS
  4. Circuits du premier ordre
  5. Oscillateurs libres et forcés
  6. Filtrage linéaire
  7. Propagation et interférences
  8. Cinématique du point
  9. Lois de Newton
  10. Énergétique du point
  11. Particules chargées
  12. Transformations de la matière
  13. Cinétique chimique
  14. Structure des entités chimiques
  15. Moment cinétique et forces centrales
  16. Mouvement d’un solide
  17. Système thermodynamique
  18. Premier principe
  19. Deuxième principe
  20. Machines thermiques
  21. Champ magnétique et forces de Laplace
  22. Induction
  23. Physique quantique
  24. Solides cristallins
  25. Acide-base et précipitation
  26. Oxydo-réduction et diagrammes E-pH