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MPSI · Physique-chimie · Mouvements et interactions · Chapitre 15

Moment cinétique et forces centrales

Fiche de cours12 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Moment d’une force

Définition. Soit un point matériel MM soumis à une force F⃗\vv{F} et soit OO un point de l’espace. Le moment de F⃗\vv{F} par rapport au point OO est le vecteur M⃗O(F⃗)=OM→∧F⃗\vv{\mathcal{M}}_O(\vv{F})=\vect{OM}\wedge\vv{F}, en N⋅m{\mathrm{N}{\cdot}\mathrm{m}}. Il dépend du point choisi : un moment n’a aucun sens si l’on ne précise pas le point (ou l’axe) de référence.

Définition. Soit Δ\Delta un axe orienté passant par OO, de vecteur unitaire u⃗\vv{u}. Le moment de F⃗\vv{F} par rapport à Δ\Delta est le scalaire MΔ(F⃗)=M⃗O(F⃗)⋅u⃗\mathcal{M}_\Delta(\vv{F})=\vv{\mathcal{M}}_O(\vv{F})\cdot\vv{u}. Il ne dépend pas du point OO choisi sur l’axe : si O′∈ΔO'\in\Delta, O′O→\vect{O'O} est colinéaire à u⃗\vv{u} et (O′O→∧F⃗)⋅u⃗=0\bigl(\vect{O'O}\wedge\vv{F}\bigr)\cdot\vv{u}=0 (produit mixte de deux vecteurs colinéaires).

Théorème — bras de levier. Décomposons F⃗=F⃗∥+F⃗⊥\vv{F}=\vv{F}_\parallel+\vv{F}_\perp en composantes parallèle et orthogonale à Δ\Delta. Seule F⃗⊥\vv{F}_\perp contribue, et

 MΔ(F⃗)=± F⊥×d \boxed{\ \mathcal{M}_\Delta(\vv{F})=\pm\,F_\perp\times d\ }

où dd, le bras de levier, est la distance de l’axe Δ\Delta à la droite d’action de F⃗⊥\vv{F}_\perp. Le signe est ++ si F⃗\vv{F} tend à faire tourner MM dans le sens positif autour de Δ\Delta (règle de la main droite appliquée à u⃗\vv{u}), −- sinon.

Figure 1 — L’axe Δ\Delta sort de la feuille ; dd est la distance de OO à la droite d’action.

AttentionTrois moments nuls, trois raisons

MΔ(F⃗)=0\mathcal{M}_\Delta(\vv{F})=0 si et seulement si F⃗\vv{F} est parallèle à l’axe, ou si sa droite d’action coupe l’axe (d=0d=0), ou si F⃗=0⃗\vv{F}=\vv{0}. Un moment nul n’implique donc pas une force nulle : le poids d’un pendule a un moment nul en position basse sans être nul.

Exempleles deux méthodes donnent le même résultat

MM décrit le cercle de centre OO et de rayon RR du plan (Oxy)(Oxy), repéré par θ\theta, Δ=(Oz)\Delta=(Oz) étant orienté par u⃗z\vv{u}_z et le poids valant −mg u⃗y-mg\,\vv{u}_y. Produit vectoriel : OM→=Rcos⁡θ u⃗x+Rsin⁡θ u⃗y\vect{OM}=R\cos\theta\,\vv{u}_x+R\sin\theta\,\vv{u}_y donne M⃗O(P⃗)=−mgRcos⁡θ u⃗z\vv{\mathcal{M}}_O(\vv{P})=-mgR\cos\theta\,\vv{u}_z. Bras de levier : d=R∣cos⁡θ∣d=R\abs{\cos\theta}, et le poids fait décroître θ\theta quand cos⁡θ>0\cos\theta>0 : MOz=−mgRcos⁡θ\mathcal{M}_{Oz}=-mgR\cos\theta.

2Moment cinétique

Définition. Le moment cinétique en OO d’un point matériel MM de masse mm et de vitesse v⃗\vv{v} dans un référentiel R\mathcal{R} est

 L⃗O(M)=OM→∧m v⃗=OM→∧p⃗ (kg⋅m2⋅s−1),\boxed{\ \vv{L}_O(M)=\vect{OM}\wedge m\,\vv{v}=\vect{OM}\wedge\vv{p}\ }\qquad({\mathrm{kg}{\cdot}\mathrm{m}^{2}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}),

et son moment cinétique par rapport à l’axe orienté Δ=(O,u⃗)\Delta=(O,\vv{u}) est le scalaire LΔ=L⃗O⋅u⃗L_\Delta=\vv{L}_O\cdot\vv{u}. Pour un système discret de points, les deux grandeurs sont additives : L⃗O(S)=∑iOMi→∧miv⃗i\vv{L}_O(S)=\sum_i\vect{OM_i}\wedge m_i\vv{v}_i.

Propriété — lecture géométrique. L⃗O\vv{L}_O est orthogonal au plan (O,OM→,v⃗)(O,\vect{OM},\vv{v}), son sens est donné par la règle de la main droite appliquée à la rotation de MM autour de OO, et ∥L⃗O∥=m v d\norme{\vv{L}_O}=m\,v\,d où dd est la distance de OO à la droite support de v⃗\vv{v}. Donc L⃗O=0⃗\vv{L}_O=\vv{0} si et seulement si v⃗=0⃗\vv{v}=\vv{0} ou si le support de v⃗\vv{v} passe par OO : un mouvement rectiligne dont le support passe par OO a un moment cinétique nul en OO. Le caractère algébrique de LΔL_\Delta donne le sens de rotation : LΔ>0L_\Delta>0 signifie que MM tourne autour de Δ\Delta dans le sens positif.

Propriété — en coordonnées polaires. Pour un mouvement du plan (Oxy)(Oxy), OM→=r u⃗r\vect{OM}=r\,\vv{u}_r et v⃗=r˙ u⃗r+rθ˙ u⃗θ\vv{v}=\dot r\,\vv{u}_r+r\dot\theta\,\vv{u}_\theta, donc

 L⃗O=m r2θ˙ u⃗z soitLOz=m r2θ˙.\boxed{\ \vv{L}_O=m\,r^{2}\dot\theta\,\vv{u}_z\ }\qquad\text{soit}\qquad L_{Oz}=m\,r^{2}\dot\theta.

La composante radiale de la vitesse ne contribue pas au moment cinétique en OO ; pour un cercle de rayon RR, LOz=mR2θ˙L_{Oz}=mR^{2}\dot\theta.

3Théorème du moment cinétique

Théorème — TMC en un point fixe. Dans un référentiel galiléen R\mathcal{R}, soit OO un point fixe de R\mathcal{R}. Pour un point matériel de masse constante soumis aux forces F⃗k\vv{F}_k :

  ⁣dL⃗O ⁣dt=∑kM⃗O(F⃗k) et, sur un axe fixe, ⁣dLΔ ⁣dt=∑kMΔ(F⃗k).\boxed{\ \frac{\dd\vv{L}_O}{\dd t}=\sum_k\vv{\mathcal{M}}_O(\vv{F}_k)\ } \qquad\text{et, sur un axe fixe,}\qquad \frac{\dd L_\Delta}{\dd t}=\sum_k\mathcal{M}_\Delta(\vv{F}_k).

Démonstration (exigible).  ⁣dL⃗O ⁣dt=v⃗∧mv⃗⏟=0⃗+OM→∧ma⃗\dfrac{\dd\vv{L}_O}{\dd t}=\underbrace{\vv{v}\wedge m\vv{v}}_{=\vv{0}}+\vect{OM}\wedge m\vv{a}, car OO est fixe donc  ⁣dOM→/ ⁣dt=v⃗\dd\vect{OM}/\dd t=\vv{v} ; la deuxième loi de Newton donne ma⃗=∑kF⃗km\vv{a}=\sum_k\vv{F}_k.

Méthode — utiliser le TMC scalaire. C’est la forme la plus efficace pour une rotation : elle fournit l’équation du mouvement en éliminant toutes les forces dont la droite d’action coupe l’axe. Pendule simple (MM suspendu en OO par un fil de longueur ℓ\ell, angle θ\theta avec la verticale descendante) : LOz=mℓ2θ˙L_{Oz}=m\ell^{2}\dot\theta, le moment de la tension est nul et celui du poids vaut −mgℓsin⁡θ-mg\ell\sin\theta (bras de levier ℓsin⁡θ\ell\sin\theta), d’où mℓ2θ¨=−mgℓsin⁡θm\ell^{2}\ddot\theta=-mg\ell\sin\theta, soit θ¨+gℓsin⁡θ=0\ddot\theta+\frac{g}{\ell}\sin\theta=0 sans faire intervenir la tension.

Théorème — conservation. Si ∑kM⃗O(F⃗k)=0⃗\sum_k\vv{\mathcal{M}}_O(\vv{F}_k)=\vv{0}, alors L⃗O\vv{L}_O est un vecteur constant ; si seulement ∑kMΔ(F⃗k)=0\sum_k\mathcal{M}_\Delta(\vv{F}_k)=0, alors LΔL_\Delta est constant. On cherche donc un point (ou un axe) annulant tous les moments : forces centrales de centre OO, pivot idéal, forces parallèles à Δ\Delta ou dont la droite d’action coupe Δ\Delta.

4Mouvement dans un champ de force centrale

Définition. Un point matériel est soumis à un champ de force centrale de centre OO si, à tout instant, F⃗=F u⃗r\vv{F}=F\,\vv{u}_r avec u⃗r=OM→/r\vv{u}_r=\vect{OM}/r : la force est portée par la droite (OM)(OM). Elle est attractive si F<0F<0, répulsive si F>0F>0.

Théorème — planéité. Une force centrale de centre OO a un moment nul en OO (deux vecteurs colinéaires), donc le TMC donne L⃗O=L⃗0\vv{L}_O=\vv{L}_0 constant. Si L⃗0≠0⃗\vv{L}_0\neq\vv{0} : comme OM→⋅L⃗O=OM→⋅(OM→∧mv⃗)=0\vect{OM}\cdot\vv{L}_O=\vect{OM}\cdot(\vect{OM}\wedge m\vv{v})=0 à tout instant, MM reste dans le plan passant par OO et orthogonal à L⃗0\vv{L}_0 — le mouvement est plan, ce plan étant fixé par les conditions initiales. Si L⃗0=0⃗\vv{L}_0=\vv{0}, la vitesse initiale est radiale et le mouvement est rectiligne sur la droite (OM0)(OM_0).

Théorème — loi des aires. On travaille en coordonnées polaires dans le plan du mouvement, (Oz)(Oz) étant orienté par L⃗0\vv{L}_0. La conservation de L=LOz=mr2θ˙L=L_{Oz}=mr^{2}\dot\theta s’écrit

 C=r2θ˙=Lm=cte (m2⋅s−1),et, comme  ⁣dA=12r2 ⁣dθ,  ⁣dA ⁣dt=C2=cte \boxed{\ C=r^{2}\dot\theta=\frac{L}{m}=\text{cte}\ }\quad({\mathrm{m}^{2}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}),\qquad\text{et, comme }\dd\mathcal{A}=\tfrac12 r^{2}\dd\theta,\qquad \boxed{\ \frac{\dd\mathcal{A}}{\dd t}=\frac{C}{2}=\text{cte}\ }

CC est la constante des aires et  ⁣dA/ ⁣dt\dd\mathcal{A}/\dd t la vitesse aréolaire : le rayon vecteur balaie des aires égales en des durées égales (deuxième loi de Kepler, valable pour toute force centrale). Conséquence qualitative : le mobile va d’autant plus vite qu’il est près du centre. Enfin CC et θ˙\dot\theta gardent le signe de CC : le sens de rotation ne change jamais et rr ne s’annule pas.

5Force centrale conservative : l’énergie potentielle effective

Propriété. Une force centrale dont la norme ne dépend que de rr, F⃗=F(r) u⃗r\vv{F}=F(r)\,\vv{u}_r, est conservative : elle dérive de Ep(r)E_\text{p}(r) avec F(r)=− ⁣dEp/ ⁣drF(r)=-\dd E_\text{p}/\dd r, et Em=Ec+EpE_\text{m}=E_\text{c}+E_\text{p} est constante.

Théorème — énergie potentielle effective. Ec=12m(r˙2+r2θ˙2)E_\text{c}=\frac12 m(\dot r^{2}+r^{2}\dot\theta^{2}) ; en éliminant θ˙\dot\theta grâce à r2θ˙=C=L/mr^{2}\dot\theta=C=L/m :

 Em=12 m r˙2+Ep,eff(r),Ep,eff(r)=Ep(r)+L22mr2 \boxed{\ E_\text{m}=\frac12\,m\,\dot r^{2}+E_{\text{p,eff}}(r),\qquad E_{\text{p,eff}}(r)=E_\text{p}(r)+\frac{L^{2}}{2m r^{2}}\ }

Le problème est ramené à un mouvement à une dimension sur r>0r>0 : on applique la lecture graphique du chapitre d’énergétique. Le terme L2/(2mr2)L^{2}/(2mr^{2}), positif et décroissant, est le terme centrifuge ; il interdit au mobile d’atteindre le centre dès que L≠0L\neq 0.

Méthode — lire le mouvement radial. Les valeurs de rr accessibles sont celles où la droite horizontale EmE_\text{m} est au-dessus de la courbe Ep,effE_{\text{p,eff}}. Les racines de Em=Ep,eff(r)E_\text{m}=E_{\text{p,eff}}(r) donnent r˙=0\dot r=0 : ce sont le péricentre rmin⁡r_{\min} et l’apocentre rmax⁡r_{\max}. Si rr reste borné, le mouvement est un état lié ; s’il peut tendre vers +∞+\infty, c’est un état de diffusion. Si EmE_\text{m} vaut le minimum de Ep,effE_{\text{p,eff}}, alors r˙=0\dot r=0 en permanence : rr est constant, la trajectoire est un cercle.

6Le champ newtonien

Définition. Un champ de force centrale est newtonien s’il varie en 1/r21/r^{2} :

F⃗=−Kr2 u⃗r,Ep(r)=−Kr(origine aˋ l’infini),\vv{F}=-\frac{K}{r^{2}}\,\vv{u}_r,\qquad E_\text{p}(r)=-\frac{K}{r}\quad\text{(origine à l'infini)},

attractif si K>0K>0, répulsif si K<0K<0. Gravitation : K=GMm>0K=GMm>0. Interaction coulombienne entre deux charges : K=−q1q24πε0K=-\dfrac{q_1q_2}{4\pi\varepsilon_0}, donc Ep=q1q24πε0rE_\text{p}=\dfrac{q_1q_2}{4\pi\varepsilon_0 r} — attractive pour des charges opposées, répulsive sinon.

Propriété — allure de Ep,effE_{\text{p,eff}}, cas attractif. Avec K>0K>0 et L≠0L\neq 0, le terme centrifuge domine en 0+0^+ (Ep,eff→+∞E_{\text{p,eff}}\to+\infty) et le terme newtonien à l’infini (Ep,eff→0−E_{\text{p,eff}}\to 0^-) : la courbe présente un unique minimum, en

r0=L2mK,Ep,eff(r0)=−mK22L2<0.r_0=\frac{L^{2}}{mK},\qquad E_{\text{p,eff}}(r_0)=-\frac{mK^{2}}{2L^{2}}<0.

On lit alors la nature du mouvement : Em=Ep,eff(r0)E_\text{m}=E_{\text{p,eff}}(r_0) donne un cercle de rayon r0r_0 ; Ep,eff(r0)<Em<0E_{\text{p,eff}}(r_0)<E_\text{m}<0 donne un état lié, rr oscillant entre rmin⁡r_{\min} et rmax⁡r_{\max} — la trajectoire est alors une ellipse (résultat admis) ; Em⩾0E_\text{m}\geq 0 donne un état de diffusion. Dans le cas répulsif, Ep,effE_{\text{p,eff}} est strictement décroissante et positive : il n’existe aucun état lié.

Figure 2 — Énergie potentielle effective newtonienne attractive : les trois types de mouvement radial.

Théorème — lois de Kepler. (1) Dans le référentiel héliocentrique, chaque planète décrit une ellipse dont le Soleil occupe un foyer. (2) Le segment Soleil-planète balaie des aires égales pendant des durées égales. (3) Le rapport T2/a3T^{2}/a^{3} de la période de révolution au cube du demi-grand axe est le même pour toutes les planètes : T2a3=4π2GMS\dfrac{T^{2}}{a^{3}}=\dfrac{4\pi^{2}}{GM_S}. Ces trois lois se transposent aux satellites d’une même planète, en remplaçant MSM_S par la masse de la planète. Attention : T2/a3T^{2}/a^{3} n’est universelle que pour des corps tournant autour du même centre attracteur ; les constantes d’un satellite terrestre et d’une planète diffèrent d’un facteur MS/MT≈3×105M_S/M_T\approx 3\times 10^{5}.

7Le mouvement circulaire : tout est calculable

Théorème — uniformité. Si un point matériel soumis au seul champ newtonien attractif décrit un cercle de centre OO, son mouvement est uniforme. Démonstration (exigible). Le théorème de la puissance cinétique donne  ⁣dEc/ ⁣dt=F⃗⋅v⃗\dd E_\text{c}/\dd t=\vv{F}\cdot\vv{v} ; or F⃗\vv{F} est radiale et, sur un cercle, v⃗=rθ˙ u⃗θ\vv{v}=r\dot\theta\,\vv{u}_\theta est orthoradiale, donc F⃗⋅v⃗=0\vv{F}\cdot\vv{v}=0 et vv est constante. (Variante : la projection de ma⃗=F⃗m\vv{a}=\vv{F} sur u⃗θ\vv{u}_\theta donne mrθ¨=0mr\ddot\theta=0.)

Théorème — vitesse, période, troisième loi. Sur ce cercle a⃗=−v2ru⃗r\vv{a}=-\dfrac{v^{2}}{r}\vv{u}_r ; la projection de la deuxième loi sur u⃗r\vv{u}_r donne −mv2r=−Kr2-m\dfrac{v^{2}}{r}=-\dfrac{K}{r^{2}}, d’où, avec K=GMmK=GMm :

 v=GMr ,T=2πrv=2πr3GM, T2r3=4π2GM \boxed{\ v=\sqrt{\frac{GM}{r}}\ },\qquad T=\frac{2\pi r}{v}=2\pi\sqrt{\frac{r^{3}}{GM}},\qquad \boxed{\ \frac{T^{2}}{r^{3}}=\frac{4\pi^{2}}{GM}\ }

La masse du satellite n’intervient pas. Plus l’orbite est haute, plus le satellite est lent (v∝r−1/2v\propto r^{-1/2}) et plus sa période est longue (T∝r3/2T\propto r^{3/2}).

Théorème — énergie d’une orbite. Sur le cercle Ec=12mv2=GMm2r=−12EpE_\text{c}=\frac12 mv^{2}=\dfrac{GMm}{2r}=-\frac12 E_\text{p}, donc

 Em=−GMm2r=−Ec=Ep2 et, pour une ellipse de demi-grand axe a (admis), Em=−GMm2a \boxed{\ E_\text{m}=-\frac{GMm}{2r}=-E_\text{c}=\frac{E_\text{p}}{2}\ } \qquad\text{et, pour une ellipse de demi-grand axe $a$ (admis),}\qquad \boxed{\ E_\text{m}=-\frac{GMm}{2a}\ }

L’énergie mécanique ne dépend que du demi-grand axe, pas de la forme de l’ellipse ; le cercle est le cas a=ra=r.

Remarque. Passer d’une orbite circulaire r1r_1 à une orbite r2>r1r_2>r_1 coûte ΔEm=12GMTm(1r1−1r2)>0\Delta E_\text{m}=\frac12 GM_Tm\left(\frac{1}{r_1}-\frac{1}{r_2}\right)>0 : monter coûte de l’énergie bien que le satellite y soit plus lent.

8Satellites terrestres et vitesses cosmiques

Théorème — satellite géostationnaire. Un satellite géostationnaire reste à la verticale du même point de la Terre : son mouvement est circulaire uniforme, de période sidérale T0=23 h 56 min 4 s=86 164 sT_0={23\,\mathrm{h}}\,{56\,\mathrm{min}}\,{4\,\mathrm{s}}={86\,164\,\mathrm{s}}, dans le sens de rotation de la Terre, et son plan orbital est le plan équatorial. En effet le centre OO de la Terre appartient nécessairement au plan de l’orbite ; or le point survolé décrit un cercle d’axe l’axe des pôles, et le seul plan contenant OO et un tel cercle est le plan équatorial — une orbite inclinée ferait osciller le satellite en latitude. Numériquement

r=(GMT T024π2)1/3=4,21×104 km,h=r−RT=3,58×104 km,v=3,07 km⋅s−1.r=\left(\frac{GM_T\,T_0^{2}}{4\pi^{2}}\right)^{1/3}={4{,}21\times10^{4}\,\mathrm{km}},\qquad h=r-R_T={3{,}58\times10^{4}\,\mathrm{km}},\qquad v={3{,}07\,\mathrm{km}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}.

Propriété — orbites et missions. LEO (h∼400 kmh\sim{400\,\mathrm{km}}, T≈90 minT\approx{90\,\mathrm{min}}) : station spatiale, observation à haute résolution, couverture intermittente. Polaire héliosynchrone (h∼800 kmh\sim{800\,\mathrm{km}}) : chaque point du globe survolé à la même heure solaire locale — météorologie. MEO (h∼20 000 kmh\sim{20\,000\,\mathrm{km}}, T≈12 hT\approx{12\,\mathrm{h}}) : navigation (GPS, Galileo), qui exige de voir plusieurs satellites à la fois. GEO : télécommunications, antenne au sol fixe, mais pôles invisibles et retard de 0,24 s{0{,}24\,\mathrm{s}} à l’aller-retour.

Théorème — vitesses cosmiques. La première vitesse cosmique est celle d’une orbite circulaire rasante, v1=GMT/RT=7,91 km⋅s−1v_1=\sqrt{GM_T/R_T}={7{,}91\,\mathrm{km}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}. La vitesse de libération est la vitesse minimale de lancement permettant d’atteindre l’infini ; l’état est de diffusion si Em⩾0E_\text{m}\geq 0, soit 12mv2⩾GMTmRT\frac12 mv^{2}\geq\dfrac{GM_Tm}{R_T} :

 vlib=2GMTRT=v12=11,2 km⋅s−1 \boxed{\ v_\text{lib}=\sqrt{\frac{2GM_T}{R_T}}=v_1\sqrt{2}={11{,}2\,\mathrm{km}{\cdot}\mathrm{s}^{-1}}\ }

Elle est indépendante de la direction de lancement et de la masse du projectile : c’est une condition purement énergétique.

9Capacité numérique et démonstrations exigibles

Méthode — tracer une trajectoire. On intègre le système du premier ordre sur (x,y,vx,vy)(x,y,v_x,v_y) avec μ=GM\mu=GM : x˙=vx\dot x=v_x, y˙=vy\dot y=v_y, v˙x=−μx/(x2+y2)3/2\dot v_x=-\mu x/(x^{2}+y^{2})^{3/2}, v˙y=−μy/(x2+y2)3/2\dot v_y=-\mu y/(x^{2}+y^{2})^{3/2}.

import numpy as np
mu, h, N = 3.982e14, 1.0, 40000          # G*M_T (SI), pas de temps, nombre de pas
X = np.zeros((N, 4)) ; X[0] = [7.0e6, 0.0, 0.0, 8.2e3]
def f(e):
    x, y, vx, vy = e ; d = (x * x + y * y) ** 1.5
    return np.array([vx, vy, -mu * x / d, -mu * y / d])
for k in range(N - 1):                   # Euler explicite
    X[k + 1] = X[k] + h * f(X[k])

Remarque. Deux contrôles indispensables : C=xvy−yvxC=xv_y-yv_x et Em/m=12(vx2+vy2)−μ/x2+y2E_\text{m}/m=\frac12(v_x^{2}+v_y^{2})-\mu/\sqrt{x^{2}+y^{2}} doivent rester constants. Avec Euler explicite ils dérivent et l’orbite « spirale » : réduire hh, ou passer à un schéma semi-implicite.

Savoir-faireDémonstrations exigibles et savoir-faire
  • TMC : dériver OM→∧mv⃗\vect{OM}\wedge m\vv{v}, le terme v⃗∧mv⃗\vv{v}\wedge m\vv{v} est nul, puis deuxième loi de Newton. Indépendance de MΔ\mathcal{M}_\Delta du point de l’axe ; bras de levier.
  • Planéité : force centrale ⇒L⃗O\Rightarrow\vv{L}_O constant, et OM→⋅L⃗O=0\vect{OM}\cdot\vv{L}_O=0 donne le plan. Loi des aires :  ⁣dA=12r2 ⁣dθ\dd\mathcal{A}=\frac12 r^{2}\dd\theta et r2θ˙=Cr^{2}\dot\theta=C.
  • Construction de Ep,effE_{\text{p,eff}} : écrire EmE_\text{m} en polaires, éliminer θ˙\dot\theta par r2θ˙=Cr^{2}\dot\theta=C ; en déduire états liés, états de diffusion, rmin⁡r_{\min}, rmax⁡r_{\max}, orbite circulaire.
  • Cas circulaire : uniformité, puis vv, TT, troisième loi et Em=−GMm/(2r)E_\text{m}=-GMm/(2r) ; altitude du géostationnaire et vitesse de libération.
  • Troisième loi de Kepler pour « peser » un astre à partir de la période et du rayon d’orbite d’un de ses satellites ; coût énergétique d’un transfert par Em=−GMm/(2a)E_\text{m}=-GMm/(2a).
FormulaireLes relations à connaître par cœur
  • M⃗O(F⃗)=OM→∧F⃗\vv{\mathcal{M}}_O(\vv{F})=\vect{OM}\wedge\vv{F} ; MΔ=±F⊥d\mathcal{M}_\Delta=\pm F_\perp d ; L⃗O=OM→∧mv⃗\vv{L}_O=\vect{OM}\wedge m\vv{v} ; en polaires LOz=mr2θ˙L_{Oz}=mr^{2}\dot\theta.
  • TMC :  ⁣dL⃗O ⁣dt=∑kM⃗O(F⃗k)\dfrac{\dd\vv{L}_O}{\dd t}=\sum_k\vv{\mathcal{M}}_O(\vv{F}_k) (OO fixe, R\mathcal{R} galiléen) ; forme scalaire sur un axe fixe.
  • Force centrale : L⃗O\vv{L}_O constant, mouvement plan, C=r2θ˙=L/mC=r^{2}\dot\theta=L/m,  ⁣dA/ ⁣dt=C/2\dd\mathcal{A}/\dd t=C/2.
  • Em=12mr˙2+Ep,eff(r)E_\text{m}=\frac12 m\dot r^{2}+E_{\text{p,eff}}(r) avec Ep,eff=Ep(r)+L22mr2E_{\text{p,eff}}=E_\text{p}(r)+\dfrac{L^{2}}{2mr^{2}}.
  • Newtonien : F⃗=−Kr2u⃗r\vv{F}=-\dfrac{K}{r^{2}}\vv{u}_r, Ep=−KrE_\text{p}=-\dfrac{K}{r}, gravitation K=GMmK=GMm.
  • Cercle : v=GM/rv=\sqrt{GM/r}, T2=4π2r3/(GM)T^{2}=4\pi^{2}r^{3}/(GM), Em=−GMm2rE_\text{m}=-\dfrac{GMm}{2r} ; ellipse : Em=−GMm2aE_\text{m}=-\dfrac{GMm}{2a} ; libération : vlib=2GM/Rv_\text{lib}=\sqrt{2GM/R}.
  • Données : G=6,67×10−11 G={6{,}67\times10^{-11}\,} SI ; MT=5,97×1024 kgM_T={5{,}97\times10^{24}\,\mathrm{kg}}, RT=6,37×103 kmR_T={6{,}37\times10^{3}\,\mathrm{km}}, GMT=3,98×1014 GM_T={3{,}98\times10^{14}\,} SI ; MS=1,99×1030 kgM_S={1{,}99\times10^{30}\,\mathrm{kg}} ; 1 ua=1,50×1011 m{1\,\mathrm{ua}}={1{,}50\times10^{11}\,\mathrm{m}} ; jour sidéral 86 164 s{86\,164\,\mathrm{s}}.
Pièges
  • Parler d’« un moment » sans préciser le point ou l’axe, ou changer de point en cours de raisonnement.
  • Appliquer le TMC en un point mobile ou dans un référentiel non galiléen ; conclure d’un moment nul que la force est nulle ; se tromper de signe sur MΔ\mathcal{M}_\Delta faute d’avoir orienté l’axe.
  • Confondre EpE_\text{p} et Ep,effE_{\text{p,eff}}, ou oublier le terme centrifuge L2/(2mr2)L^{2}/(2mr^{2}) : c’est lui qui crée le puits et interdit la chute sur le centre.
  • Chercher à démontrer le caractère elliptique de la trajectoire : hors programme — il est affirmé, non établi.
  • Confondre demi-grand axe aa et rayon rr, ou altitude hh et rayon d’orbite r=RT+hr=R_T+h.
  • Appliquer T2/a3=T^{2}/a^{3}= cte à des astres tournant autour de centres attracteurs différents, ou mélanger les unités (TT en jours et aa en ua n’est licite qu’avec la constante correspondante).
  • Oublier qu’un satellite géostationnaire est nécessairement équatorial, ou prendre 24 h{24\,\mathrm{h}} au lieu de 86 164 s{86\,164\,\mathrm{s}}.
  • Croire qu’un satellite plus haut va plus vite : vv décroît en r−1/2r^{-1/2} alors que EmE_\text{m} croît. Faire dépendre vv, TT ou vlibv_\text{lib} de la masse du satellite : elle se simplifie toujours.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

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Exercices de base

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Les bases : moments, théorème du moment cinétique, loi des aires, orbites circulaires

11 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 h 30calculatrice autorisée

  1. Moments de forces et bras de levierDifficulté 1 sur 3
  2. Moment cinétique d’un point matérielDifficulté 1 sur 3
  3. Le choix du point change toutDifficulté 1 sur 3
  4. Pendule simple par le théorème du moment cinétiqueDifficulté 1 sur 3
  5. Le palet et le fil que l’on raccourcitDifficulté 2 sur 3
  6. Loi des aires et constante des aires pour la TerreDifficulté 2 sur 3
  7. Lecture d’une énergie potentielle effectiveDifficulté 2 sur 3
  8. Satellite en orbite circulaireDifficulté 1 sur 3
  9. Peser le Soleil, puis la TerreDifficulté 2 sur 3
  10. Le satellite géostationnaireDifficulté 2 sur 3
  11. Vitesse de libérationDifficulté 1 sur 3
2

Exercices d'application

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Mise en œuvre : systèmes de points, états de diffusion, transferts d’orbite, champs centraux non newtoniens

9 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3 à Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Le pendule coniqueDifficulté 2 sur 3
  2. Deux masses sur une tige en rotationDifficulté 2 sur 3
  3. La comète et son paramètre d’impactDifficulté 3 sur 3
  4. Diffusion de Rutherford : la distance d’approche minimaleDifficulté 2 sur 3
  5. Transfert de Hohmann vers l’orbite géostationnaireDifficulté 3 sur 3
  6. Le satellite freiné : un paradoxe apparentDifficulté 3 sur 3
  7. Peser Jupiter avec les satellites galiléensDifficulté 2 sur 3
  8. La bille dans l’entonnoir coniqueDifficulté 3 sur 3
  9. Un champ central élastiqueDifficulté 2 sur 3
3

Interrogation A

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Moment d’une force, théorème du moment cinétique, forces centrales, orbites circulaires

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Le pendule simple, par le moment cinétique7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Un satellite d’observation7 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Énergie potentielle effective, orbites de transfert, lois de Kepler

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions de cours6 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Le palet et la masse suspendue7 ptsDifficulté 3 sur 3
  3. Une sonde vers Mars7 ptsDifficulté 3 sur 3
5

Approfondissement

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Sept problèmes pour aller au bout des forces centrales

7 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 4 hcalculatrice autorisée

  1. Pourquoi l’exposant deux ? Stabilité et précessionDifficulté 3 sur 3
  2. Le vecteur excentricité (hors programme — pour aller plus loin)Difficulté 3 sur 3
  3. Chute radiale sur le centre attracteurDifficulté 3 sur 3
  4. Courbes de rotation des galaxies et masse manquanteDifficulté 3 sur 3
  5. Rayon de Schwarzschild : un calcul newtonienDifficulté 3 sur 3
  6. Capacité numérique : trajectoires et lois de KeplerDifficulté 3 sur 3
  7. La Lune s’éloigne, la Terre ralentitDifficulté 3 sur 3
6

DS type concours

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La mission Juno autour de Jupiter

Durée : 4 hcalculatrice autorisée3 parties23 questionsbarème indicatif sur 20

7

Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral

1 question de cours4 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 3 sur 3environ 20 min{20\,\mathrm{min}} par exercice

  1. Question de coursDifficulté 1 sur 3
  2. Un satellite de navigationDifficulté 1 sur 3
  3. Lancement tangentielDifficulté 2 sur 3
  4. La comète de HalleyDifficulté 2 sur 3
  5. Le satellite freiné brutalementDifficulté 3 sur 3

Prépa · Physique-chimie : les 26 chapitres

  1. Mesures et incertitudes
  2. Optique géométrique
  3. Circuits dans l’ARQS
  4. Circuits du premier ordre
  5. Oscillateurs libres et forcés
  6. Filtrage linéaire
  7. Propagation et interférences
  8. Cinématique du point
  9. Lois de Newton
  10. Énergétique du point
  11. Particules chargées
  12. Transformations de la matière
  13. Cinétique chimique
  14. Structure des entités chimiques
  15. Moment cinétique et forces centrales
  16. Mouvement d’un solide
  17. Système thermodynamique
  18. Premier principe
  19. Deuxième principe
  20. Machines thermiques
  21. Champ magnétique et forces de Laplace
  22. Induction
  23. Physique quantique
  24. Solides cristallins
  25. Acide-base et précipitation
  26. Oxydo-réduction et diagrammes E-pH