1Le modèle du gaz parfait
Définition. Dans le modèle du gaz parfait, les entités (atomes ou molécules) sont ponctuelles — leur volume propre est négligeable devant celui du récipient —, elles n’ont aucune interaction entre elles, et leurs chocs sur les parois sont élastiques. Elles sont animées d’un mouvement désordonné permanent : l’agitation thermique.
Propriété — interprétation microscopique. La pression résulte des chocs incessants des entités sur les parois : elle augmente si les chocs sont plus fréquents (plus d’entités, volume plus petit) ou plus violents. La température thermodynamique mesure l’énergie cinétique moyenne d’agitation d’une entité : elle est d’autant plus grande que les entités vont vite. La masse volumique traduit, pour un gaz donné, le nombre d’entités par unité de volume.
Remarque. Le modèle cesse d’être valable à forte pression (le volume propre des entités n’est plus négligeable) et à basse température (les interactions attractives deviennent sensibles : le gaz se liquéfie).
2Équation d’état
Propriété. Pour moles de gaz parfait : avec en , en , en , et en , avec . En conséquence, pour un gaz de masse molaire : .
Notation. Une transformation est isotherme si est constante (alors constante : loi de Mariotte), isobare si est constante ( constante), isochore si est constant ( constante). Entre deux états d’une même quantité de gaz : .
Méthode — appliquer . convertir d’abord toutes les grandeurs en unités du système international (, , ) ; ne jamais utiliser de température en dans cette relation.
3Énergie interne
Définition. L’énergie interne d’un système (en ) est la somme des énergies microscopiques qu’il contient : énergies cinétiques d’agitation des entités et énergies potentielles d’interaction entre elles. Elle ne comprend ni l’énergie cinétique d’ensemble ni l’énergie potentielle de pesanteur du système.
Propriété. Pour un système incompressible (solide ou liquide), ne dépend que de la température :
où est la capacité thermique massique (), la capacité thermique du système () et . Une variation de température a la même valeur en et en .
Propriété — changement d’état. À température constante, la fusion, la vaporisation ou leur inverse mettent en jeu , où est l’énergie massique de changement d’état () : pour une fusion ou une vaporisation (le système reçoit), pour une solidification ou une liquéfaction.
4Premier principe de la thermodynamique
Théorème. Pour un système fermé au repos évoluant d’un état initial à un état final :
(travail) et (transfert thermique, ou chaleur) sont exprimés en et comptés positivement lorsqu’ils sont reçus par le système, négativement lorsqu’ils sont cédés.
Remarque. est une propriété du système, qui ne dépend que de son état ; et décrivent des transferts entre le système et l’extérieur au cours de la transformation. Pour un système incompressible, est négligeable et .
Propriété — sens du transfert thermique. Le transfert thermique se fait spontanément du corps le plus chaud vers le corps le plus froid, jusqu’à l’équilibre thermique (températures égales). Dans un ensemble thermiquement isolé (calorimètre), l’énergie interne totale se conserve : .
Propriété — puissance et rendement. ( en , en ) ; ; .
Méthode — mener un bilan d’énergie. définir le système et son état initial ; écrire ; exprimer chaque terme (, , ) ; résoudre en littéral, puis faire l’application numérique avec des unités SI.
• • • • • • .
5Savoir-faire du chapitre
- Énoncer les hypothèses du modèle du gaz parfait et ses limites ; relier , et à l’échelle microscopique.
- Exploiter et ; identifier une transformation isotherme, isobare ou isochore.
- Distinguer variation d’énergie interne et transferts ; prévoir le sens d’un transfert thermique.
- Calculer et l’énergie d’un changement d’état ; déterminer une température d’équilibre.
- Mener un bilan d’énergie : durée de chauffage, puissance, rendement d’un dispositif.
6Exemples types
À et , et une mole de gaz parfait occupe . L’air y a pour masse volumique .
Une bouilloire de puissance porte d’eau de à . L’eau est incompressible : . Si tout le transfert est utile, , soit environ .
Un glaçon de à est placé dans d’eau à , dans un calorimètre de capacité négligeable. Le glaçon fond () puis l’eau obtenue s’échauffe ; l’eau initiale se refroidit. s’écrit , d’où .
- Utiliser des , des litres ou des bars dans : cette relation exige les unités SI et en kelvins.
- Écrire en kelvins mais en degrés Celsius : une variation a la même valeur dans les deux unités, une température non.
- Confondre (propriété du système) et (transfert) : on ne dit pas qu’un corps « contient de la chaleur ».
- Oublier les signes : pour le corps qui se refroidit ; dans un calorimètre, la somme de tous les transferts est nulle.
- Oublier l’énergie de changement d’état : tant que la glace fond, la température reste à .