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MPSI · Mathématiques · Raisonnement et vocabulaire ensembliste · Chapitre 1

Logique et raisonnement

Fiche de cours11 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Assertions et connecteurs logiques

Définition. Une assertion (ou proposition) est un énoncé mathématique dont on peut dire, sans ambiguïté, s’il est vrai ou s’il est faux. « 2+2=42+2=4 » est une assertion vraie, « 2∈Q\sqrt{2}\in\Q » une assertion fausse. Aucune définition formelle du vrai et du faux n’est donnée : toute étude systématique de la logique est hors programme. Les mots « assertion », « vrai », « faux » sont ici des mots du langage courant, employés avec rigueur.

Notation. On note PP, QQ, RR des assertions. Une assertion peut dépendre d’une ou plusieurs variables : on écrit alors P(x)P(x), et l’on parle de prédicat. « x2⩾xx^{2}\geq x » n’a de valeur de vérité qu’une fois xx fixé (et une fois précisé l’ensemble où il varie) : c’est vrai pour x=2x=2, faux pour x=12x=\frac12.

Définition. À partir de PP et QQ on construit :

  • la négation de PP, notée ¬P\lnot P ou « non PP » : vraie lorsque PP est fausse, fausse lorsque PP est vraie ;
  • la conjonction « PP et QQ » : vraie lorsque PP et QQ sont toutes deux vraies ;
  • la disjonction « PP ou QQ » : vraie lorsque au moins l’une des deux est vraie.

Propriété — table de vérité. Les valeurs de vérité des assertions composées se lisent dans le tableau suivant, où VV signifie « vraie » et FF « fausse ».

PPQQ¬P\lnot PPP et QQPP ou QQP⟹QP\Longrightarrow QP⟺QP\Longleftrightarrow Q
VVVVFFVVVVVVVV
VVFFFFFFVVFFFF
FFVVVVFFVVVVFF
FFFFVVFFFFVVVV

Propriété — lois de De Morgan. Pour toutes assertions PP et QQ :

Formulaire
  • ¬(¬P)\lnot\left(\lnot P\right) équivaut à PP ;
  • ¬(P et Q)\lnot\left(P\text{ et }Q\right) équivaut à (¬P)\left(\lnot P\right) ou (¬Q)\left(\lnot Q\right) ;
  • ¬(P ou Q)\lnot\left(P\text{ ou }Q\right) équivaut à (¬P)\left(\lnot P\right) et (¬Q)\left(\lnot Q\right).

Idée de preuve. On compare les deux colonnes correspondantes de la table de vérité, ligne par ligne : les quatre cas (V,V)(V,V), (V,F)(V,F), (F,V)(F,V), (F,F)(F,F) donnent les mêmes valeurs.

AttentionLe « ou » des mathématiciens est inclusif

« PP ou QQ » est vraie lorsque les deux le sont : x⩾0x\geq0 ou x⩽0x\leq0 est vraie pour tout réel xx. Le « ou » exclusif du langage courant (« fromage ou dessert ») n’est pas celui des mathématiques. Retenir l’exemple fondamental : pour (x,y)∈R2(x,y)\in\R^{2},  xy=0  ⟺  x=0\ xy=0\iff x=0 ou y=0y=0, et  x2+y2=0  ⟺  x=0\ x^{2}+y^{2}=0\iff x=0 et y=0y=0.

2Implication, contraposée, équivalence

Définition. L’implication P⟹QP\Longrightarrow Q est l’assertion « (¬P)\left(\lnot P\right) ou QQ ». Elle se lit « PP implique QQ », ou « si PP alors QQ ». On dit alors que PP est une condition suffisante pour QQ, et que QQ est une condition nécessaire pour PP.

AttentionUne implication de prémisse fausse est vraie

La troisième ligne de la table le dit : si PP est fausse, P⟹QP\Longrightarrow Q est vraie quelle que soit QQ. Ainsi « 1=2⟹3=41=2\Longrightarrow 3=4 » est une assertion vraie. Une implication n’affirme rien sur PP : elle affirme seulement qu’on ne peut pas avoir PP vraie et QQ fausse.

Propriété. Pour toutes assertions PP et QQ :

Formulaire
  • la négation de P⟹QP\Longrightarrow Q est « PP et ¬Q\lnot Q » ;
  • la contraposée (¬Q)⟹(¬P)\left(\lnot Q\right)\Longrightarrow\left(\lnot P\right) est équivalente à P⟹QP\Longrightarrow Q ;
  • la réciproque Q⟹PQ\Longrightarrow P n’est pas équivalente à P⟹QP\Longrightarrow Q.

Idée de preuve (exigible). P⟹QP\Longrightarrow Q est par définition « (¬P)\left(\lnot P\right) ou QQ », et (¬Q)⟹(¬P)\left(\lnot Q\right)\Longrightarrow\left(\lnot P\right) est « QQ ou (¬P)\left(\lnot P\right) » : c’est la même assertion, la disjonction étant symétrique. Pour la négation, ¬((¬P) ou Q)\lnot\left(\left(\lnot P\right)\text{ ou }Q\right) vaut « PP et ¬Q\lnot Q » par De Morgan et double négation.

Définition. L’équivalence P⟺QP\Longleftrightarrow Q est l’assertion « (P⟹Q)\left(P\Longrightarrow Q\right) et (Q⟹P)\left(Q\Longrightarrow P\right) ». On dit que PP est une condition nécessaire et suffisante pour QQ, ou que PP et QQ sont équivalentes.

AttentionTrois fautes de notation

Les symboles ⟹\Longrightarrow et ⟺\Longleftrightarrow relient des assertions, jamais des nombres ni des expressions : « x2−1⟹(x−1)(x+1)x^{2}-1\Longrightarrow(x-1)(x+1) » n’a aucun sens (on écrit une égalité). Ne pas confondre la réciproque (on échange PP et QQ) et la contraposée (on nie et on échange). Enfin P⟹QP\Longrightarrow Q ne se démontre jamais « en supposant QQ ».

Méthode — démontrer une équivalence. deux stratégies. Par double implication : on démontre P⟹QP\Longrightarrow Q, puis Q⟹PQ\Longrightarrow P (c’est toujours possible, et c’est la méthode sûre). Par équivalences successives : on écrit une chaîne P  ⟺  P1  ⟺  ⋯  ⟺  QP\iff P_{1}\iff\dots\iff Q, mais il faut alors vérifier que chaque étape est une équivalence — élever au carré, multiplier par une quantité de signe inconnu, composer par une fonction non injective ne sont que des implications.

3Quantificateurs

Définition. Soient EE un ensemble et P(x)P(x) un prédicat portant sur x∈Ex\in E.

  • « ∀x∈E, P(x)\forall x\in E,\ P(x) » — quantificateur universel — signifie : P(x)P(x) est vraie pour tous les éléments xx de EE ;
  • « ∃x∈E, P(x)\exists x\in E,\ P(x) » — quantificateur existentiel — signifie : il existe au moins un élément xx de EE tel que P(x)P(x) soit vraie ;
  • « ∃! x∈E, P(x)\exists!\,x\in E,\ P(x) » signifie : il existe un unique élément xx de EE tel que P(x)P(x) soit vraie.

La variable xx est muette : on peut la renommer sans changer l’assertion, et elle n’a aucun sens en dehors de la portée du quantificateur.

Notation. Si E=∅E=\varnothing, l’assertion « ∀x∈E, P(x)\forall x\in E,\ P(x) » est vraie et « ∃x∈E, P(x)\exists x\in E,\ P(x) » est fausse. Une assertion universelle portant sur un ensemble vide est vraie « par vacuité ».

Théorème — négation d’une assertion quantifiée. Pour tout ensemble EE et tout prédicat PP :

¬(∀x∈E, P(x))  ⟺  (∃x∈E, ¬P(x)),¬(∃x∈E, P(x))  ⟺  (∀x∈E, ¬P(x)).\lnot\left(\forall x\in E,\ P(x)\right)\iff\left(\exists x\in E,\ \lnot P(x)\right), \qquad \lnot\left(\exists x\in E,\ P(x)\right)\iff\left(\forall x\in E,\ \lnot P(x)\right).

Méthode — nier une assertion quantifiée. on parcourt l’assertion de gauche à droite : chaque ∀\forall devient ∃\exists, chaque ∃\exists devient ∀\forall, les ensembles ne changent pas, et l’on nie in fine la conclusion. Par exemple, la négation de

∀ε>0, ∃n∈N, ∀k⩾n, ∣uk∣⩽εest∃ε>0, ∀n∈N, ∃k⩾n, ∣uk∣>ε.\forall \varepsilon>0,\ \exists n\in\N,\ \forall k\geq n,\ \abs{u_{k}}\leq\varepsilon \qquad\text{est}\qquad \exists \varepsilon>0,\ \forall n\in\N,\ \exists k\geq n,\ \abs{u_{k}}>\varepsilon.

On n’oublie pas de nier la conclusion elle-même : la négation de ⩽\leq est >>, celle de == est ≠\neq.

AttentionL’ordre des quantificateurs change tout

« ∀x∈R, ∃y∈R, x+y=0\forall x\in\R,\ \exists y\in\R,\ x+y=0 » est vraie (prendre y=−xy=-x, qui dépend de xx), alors que « ∃y∈R, ∀x∈R, x+y=0\exists y\in\R,\ \forall x\in\R,\ x+y=0 » est fausse (un même yy devrait convenir pour tous les xx). Deux quantificateurs de même nature consécutifs commutent ; deux quantificateurs de natures différentes, jamais.

AttentionLes quantificateurs ne sont pas des abréviations

Le programme est explicite : « l’emploi de quantificateurs en guise d’abréviation est exclu ». On écrit les symboles ∀\forall et ∃\exists lorsqu’on énonce une assertion quantifiée — par exemple pour la nier — mais une démonstration se rédige en français : on y écrit « soit xx un réel » ou « il existe un entier nn tel que… ». On n’écrit pas « ff croissante ∀x\forall x » au fil d’une phrase.

4Les modes de raisonnement

Méthode — déduction directe. pour démontrer P⟹QP\Longrightarrow Q : on suppose PP vraie (« supposons PP », « soit xx tel que… ») et l’on enchaîne des implications jusqu’à QQ. Pour démontrer « ∀x∈E, P(x)\forall x\in E,\ P(x) », on commence par « soit x∈Ex\in E » : xx est alors fixé quelconque.

Méthode — contraposition. pour démontrer P⟹QP\Longrightarrow Q, on démontre (¬Q)⟹(¬P)\left(\lnot Q\right)\Longrightarrow\left(\lnot P\right), qui lui est équivalente. À utiliser quand ¬Q\lnot Q est une hypothèse plus maniable que PP : « si n2n^{2} est impair alors nn est impair » se démontre en supposant nn pair.

Méthode — raisonnement par l’absurde. pour démontrer une assertion AA, on suppose ¬A\lnot A et l’on aboutit à une contradiction (une assertion et sa négation simultanément vraies) ; on conclut que AA est vraie. C’est la méthode reine pour démontrer une non-existence (« il n’existe pas de rationnel de carré 22 »).

AttentionContraposition ou absurde ?

Ce ne sont pas les mêmes raisonnements. Pour P⟹QP\Longrightarrow Q : par contraposition on part de ¬Q\lnot Q pour arriver à ¬P\lnot P ; par l’absurde on suppose à la fois PP et ¬Q\lnot Q et l’on cherche une contradiction quelconque. L’absurde est plus souple, mais on y perd le fil : à niveau égal de difficulté, on préfère la contraposition.

Méthode — disjonction de cas. pour démontrer AA, on partage la situation en cas dont on vérifie qu’ils recouvrent tous les possibles, et l’on démontre AA dans chacun. Les cas peuvent se chevaucher ; ils ne doivent rien laisser de côté. Exemples : nn pair ou impair ; x⩾ax\geq a ou x<ax<a pour lever une valeur absolue ; x=0x=0 ou x≠0x\neq0 avant de diviser.

Méthode — contre-exemple. pour démontrer que « ∀x∈E, P(x)\forall x\in E,\ P(x) » est fausse, il suffit d’exhiber un x0∈Ex_{0}\in E tel que P(x0)P(x_{0}) soit fausse : c’est exactement la négation. Réciproquement, un exemple ne démontre jamais une assertion universelle.

Méthode — analyse-synthèse. pour résoudre un problème d’existence et d’unicité (« montrer qu’il existe un unique objet tel que… »). Analyse : on suppose le problème résolu et l’on en tire des conditions nécessaires, jusqu’à ne plus avoir qu’un seul candidat — ce qui démontre l’unicité. Synthèse : on vérifie que ce candidat convient effectivement — ce qui démontre l’existence. Les deux temps sont indispensables : l’analyse seule ne prouve pas l’existence.

Méthode — double implication, double inclusion. pour une équivalence, deux implications ; pour une égalité d’ensembles, deux inclusions ; pour une égalité de réels, deux inégalités. Même schéma, trois usages.

Exempletrois raisonnements types
  • Absurde. Supposons 2=pq\sqrt{2}=\frac{p}{q} avec p,qp,q entiers, q⩾1q\geq1, la fraction étant irréductible. Alors p2=2q2p^{2}=2q^{2}, donc p2p^{2} est pair, donc pp est pair (contraposée de « pp impair ⟹p2\Longrightarrow p^{2} impair »). En écrivant p=2p′p=2p' il vient 4p′2=2q24p'^{2}=2q^{2}, soit q2=2p′2q^{2}=2p'^{2} : qq est pair lui aussi. Ainsi 22 divise pp et qq, ce qui contredit l’irréductibilité. Donc 2∉Q\sqrt{2}\notin\Q.
  • Disjonction de cas. Pour (x,y)∈R2(x,y)\in\R^{2},  max⁡(x,y)=x+y+∣x−y∣2\ \max(x,y)=\dfrac{x+y+\abs{x-y}}{2} : si x⩾yx\geq y, ∣x−y∣=x−y\abs{x-y}=x-y et le membre de droite vaut x=max⁡(x,y)x=\max(x,y) ; si x<yx<y, ∣x−y∣=y−x\abs{x-y}=y-x et il vaut y=max⁡(x,y)y=\max(x,y). Les deux cas recouvrent R2\R^{2}.
  • Analyse-synthèse. Toute fonction f:R→Rf:\R\to\R s’écrit de manière unique f=p+if=p+i avec pp paire et ii impaire. Analyse : si f=p+if=p+i, alors f(−x)=p(x)−i(x)f(-x)=p(x)-i(x), donc nécessairement p(x)=f(x)+f(−x)2p(x)=\frac{f(x)+f(-x)}{2} et i(x)=f(x)−f(−x)2i(x)=\frac{f(x)-f(-x)}{2}. Synthèse : ces deux fonctions sont respectivement paire et impaire, et leur somme vaut ff.

5Raisonnement par récurrence

Théorème — propriété fondamentale de N\N — admise. Toute partie non vide de N\N admet un plus petit élément. Toute partie non vide et majorée de N\N admet un plus grand élément. Toute construction et toute axiomatique de N\N sont hors programme : cette propriété est admise et sert de point de départ.

Théorème — principe de récurrence. Soit P(n)P(n) un prédicat portant sur n∈Nn\in\N. Si

(i) P(0) est vraie,(ii) ∀n∈N, (P(n)⟹P(n+1)),\text{(i) } P(0) \text{ est vraie},\qquad\text{(ii) } \forall n\in\N,\ \bigl(P(n)\Longrightarrow P(n+1)\bigr),

alors P(n)P(n) est vraie pour tout n∈Nn\in\N.

Démonstration (exigible). Par l’absurde, soit A={n∈N, ¬P(n)}A=\ens{n\in\N,\ \lnot P(n)} et supposons A≠∅A\neq\varnothing. Alors AA admet un plus petit élément n0n_{0}. Comme P(0)P(0) est vraie, 0∉A0\notin A, donc n0⩾1n_{0}\geq1 et n0−1∈Nn_{0}-1\in\N. Par minimalité de n0n_{0}, n0−1∉An_{0}-1\notin A, c’est-à-dire P(n0−1)P(n_{0}-1) est vraie ; l’hypothèse (ii) appliquée à n=n0−1n=n_{0}-1 donne alors P(n0)P(n_{0}) vraie, donc n0∉An_{0}\notin A : contradiction. Donc A=∅A=\varnothing.

Méthode — rédiger une récurrence. quatre temps, toujours les mêmes.

  1. Énoncer la propriété : « pour n∈Nn\in\N, notons P(n)P(n) la propriété … ». Elle doit dépendre de nn et de rien d’autre.
  2. Initialisation : vérifier P(n0)P(n_{0}) pour le premier rang utile, en calculant les deux membres séparément.
  3. Hérédité : « soit n⩾n0n\geq n_{0} tel que P(n)P(n) soit vraie ; montrons P(n+1)P(n+1) ». On indique où l’hypothèse de récurrence est utilisée.
  4. Conclusion : « par récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout n⩾n0n\geq n_{0} ».

Théorème — variantes. Soit n0∈Nn_{0}\in\N et P(n)P(n) un prédicat.

Formulaire
  • Récurrence à partir de n0n_{0} : si P(n0)P(n_{0}) et si P(n)⟹P(n+1)P(n)\Longrightarrow P(n+1) pour tout n⩾n0n\geq n_{0}, alors P(n)P(n) est vraie pour tout n⩾n0n\geq n_{0}.
  • Récurrence double : si P(n0)P(n_{0}) et P(n0+1)P(n_{0}+1) sont vraies et si, pour tout n⩾n0n\geq n_{0}, (P(n) et P(n+1))⟹P(n+2)\bigl(P(n)\text{ et }P(n+1)\bigr)\Longrightarrow P(n+2), alors P(n)P(n) est vraie pour tout n⩾n0n\geq n_{0}. Deux initialisations.
  • Récurrence forte : si P(n0)P(n_{0}) est vraie et si, pour tout n⩾n0n\geq n_{0}, (P(k) vraie pour tout k∈⟦n0 ;n⟧)⟹P(n+1)\bigl(P(k)\text{ vraie pour tout }k\in\intent{n_{0}}{n}\bigr)\Longrightarrow P(n+1), alors P(n)P(n) est vraie pour tout n⩾n0n\geq n_{0}.

Idée de preuve. On les déduit du principe de récurrence appliqué à une propriété auxiliaire : Q(n)=Q(n)= « P(n+n0)P(n+n_{0}) » pour la première, Q(n)=Q(n)= « P(n)P(n) et P(n+1)P(n+1) » pour la récurrence double, Q(n)=Q(n)= « P(k)P(k) est vraie pour tout k∈⟦n0 ;n⟧k\in\intent{n_{0}}{n} » pour la récurrence forte.

Méthode — choisir sa récurrence. récurrence double lorsque un+2u_{n+2} s’exprime à l’aide de un+1u_{n+1} et unu_{n} ; récurrence forte lorsque le passage au rang n+1n+1 utilise un rang antérieur inconnu (décomposition d’un entier, division, algorithme glouton). Lorsque l’hérédité échoue de peu, essayer de renforcer la propriété : une propriété plus forte peut être plus facile à hériter.

AttentionTrois erreurs classiques

Écrire « supposons P(n)P(n) vraie pour tout nn » en guise d’hypothèse de récurrence : on suppose alors ce qu’on veut démontrer. Oublier l’initialisation : la propriété « n(n+1)n(n+1) est impair » est héréditaire — si n(n+1)n(n+1) est impair, (n+1)(n+2)=n(n+1)+2(n+1)(n+1)(n+2)=n(n+1)+2(n+1) l’est aussi — et pourtant fausse pour tout nn, faute d’initialisation. Enfin, pour une récurrence double, une seule initialisation ne suffit pas.

Savoir-faire
  • Nier une assertion quantifiée, y compris à plusieurs quantificateurs ; distinguer « pour tout … il existe … » et « il existe … pour tout … ».
  • Écrire la réciproque et la contraposée d’une implication ; reconnaître une condition nécessaire, suffisante, nécessaire et suffisante.
  • Choisir le mode de raisonnement : direct, contraposition, absurde, disjonction de cas, contre-exemple, analyse-synthèse.
  • Rédiger une récurrence simple, double, forte, en identifiant précisément la propriété P(n)P(n) et le rang initial.
  • Utiliser la propriété du plus petit élément de N\N : non-existence de suite d’entiers strictement décroissante, descente, algorithme glouton.
Pièges
  • Employer ∀\forall, ∃\exists, ⟹\Longrightarrow comme abréviations dans une phrase rédigée : c’est explicitement exclu par le programme.
  • Échanger deux quantificateurs de natures différentes ; utiliser une variable muette hors de sa portée.
  • Confondre réciproque et contraposée ; confondre « condition nécessaire » et « condition suffisante ».
  • Croire qu’un exemple démontre une assertion universelle, ou qu’un contre-exemple réfute une assertion existentielle.
  • Nier une conjonction en ne niant qu’un seul membre ; oublier de nier la conclusion d’une assertion quantifiée.
  • Oublier une initialisation, ou n’en faire qu’une pour une récurrence double ; confondre récurrence forte et récurrence simple.
  • Enchaîner des «   ⟺  \iff » sans vérifier la réversibilité de chaque étape (élévation au carré, multiplication par une quantité de signe inconnu).

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : quantificateurs, négations, implications, modes de raisonnement, récurrence

12 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hsans calculatrice

  1. Vrai ou faux ?Difficulté 1 sur 3
  2. NégationsDifficulté 1 sur 3
  3. Réciproque et contraposéeDifficulté 1 sur 3
  4. Condition nécessaire, condition suffisanteDifficulté 1 sur 3
  5. Raisonnement par contrapositionDifficulté 2 sur 3
  6. Raisonnement par l’absurdeDifficulté 2 sur 3
  7. Disjonction de casDifficulté 2 sur 3
  8. Récurrences simplesDifficulté 1 sur 3
  9. Récurrence et divisibilitéDifficulté 2 sur 3
  10. Récurrence doubleDifficulté 2 sur 3
  11. Récurrence forteDifficulté 2 sur 3
  12. Analyse-synthèseDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Mise en œuvre : ordre des quantificateurs, irrationalité, récurrences, analyse-synthèse

9 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 3 hsans calculatrice

  1. Vrai ou faux, avec plusieurs quantificateursDifficulté 2 sur 3
  2. L’ordre des quantificateursDifficulté 2 sur 3
  3. Implication ou équivalence ?Difficulté 2 sur 3
  4. IrrationalitésDifficulté 2 sur 3
  5. Récurrences et inégalitésDifficulté 2 sur 3
  6. Deux suites, deux récurrences doublesDifficulté 2 sur 3
  7. Le plus petit élément de N\N à l’œuvreDifficulté 2 sur 3
  8. Analyse-synthèseDifficulté 2 sur 3
  9. Quatre démonstrations faussesDifficulté 2 sur 3
3

Interrogation A

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Durée : 1 h — sans document ni calculatrice

3 exercicesnoté sur 20niveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3la rédaction est évaluée

  1. Questions de cours5 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Assertions, équation, disjonction de cas7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Une suite et trois récurrences8 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Durée : 1 h — sans document ni calculatrice

3 exercicesnoté sur 20niveau Difficulté 2 sur 3 à Difficulté 3 sur 3la rédaction est évaluée

  1. Questions de cours5 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Assertions, équation, divisibilité7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Une relation de récurrence à racine double8 ptsDifficulté 3 sur 3
5

Approfondissement

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Équivalence des principes de récurrence, descente infinie, récurrence de Cauchy, quantificateurs

7 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 4 hsans calculatrice

  1. Trois principes équivalentsDifficulté 3 sur 3
  2. Trois démonstrations qui n’en sont pasDifficulté 3 sur 3
  3. Descente infinieDifficulté 3 sur 3
  4. Deux équations fonctionnellesDifficulté 3 sur 3
  5. L’inégalité arithmético-géométrique, par la récurrence de CauchyDifficulté 3 sur 3
  6. Le théorème d’EuclideDifficulté 3 sur 3
  7. Deux assertions voisinesDifficulté 3 sur 3
6

DS type concours

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Suite de Fibonacci, plus petit élément, théorème de Zeckendorf, formule de Binet

durée : 4 hnoté sur 20quatre parties enchaînéescalculatrice interdite

7

Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral indépendants

4 exercicesniveaux Difficulté 1 sur 3, Difficulté 2 sur 3, Difficulté 2 sur 3, Difficulté 3 sur 3environ 20 min chacunsans calculatrice

  1. Deux assertions, deux quantificateursDifficulté 1 sur 3
  2. Les puissances de 1+21+\sqrt{2}Difficulté 2 sur 3
  3. Deux équations fonctionnelles jumellesDifficulté 2 sur 3
  4. Une fonction de N\N dans N\NDifficulté 3 sur 3

Prépa · Mathématiques : les 26 chapitres

  1. Logique et raisonnement
  2. Ensembles et applications
  3. Sommes et produits
  4. Inégalités et trigonométrie
  5. Nombres complexes
  6. Fonctions usuelles
  7. Primitives et équations différentielles
  8. Nombres réels et suites numériques
  9. Limites et continuité
  10. Dérivabilité et convexité
  11. Arithmétique des entiers relatifs
  12. Structures algébriques usuelles
  13. Calcul matriciel
  14. Polynômes et fractions rationnelles
  15. Analyse asymptotique
  16. Espaces vectoriels
  17. Dimension et applications linéaires
  18. Matrices et applications linéaires
  19. Groupe symétrique
  20. Déterminants
  21. Intégration
  22. Dénombrement
  23. Probabilités
  24. Espaces préhilbertiens
  25. Séries et familles sommables
  26. Fonctions de deux variables