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MPSI · Mathématiques · Raisonnement et vocabulaire ensembliste · Chapitre 2

Ensembles et applications

Fiche de cours9 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Ensembles, appartenance, inclusion

Définition. Un ensemble EE est une collection d’objets, appelés ses éléments ; on écrit x∈Ex\in E si xx est un élément de EE, et x∉Ex\notin E sinon. L’ensemble vide, noté ∅\varnothing, est l’ensemble n’ayant aucun élément. Toute étude systématique de la théorie des ensembles est hors programme : on se contente de ce vocabulaire.

Notation. Un ensemble se décrit en extension, par la liste de ses éléments (l’ordre et les répétitions n’y jouent aucun rôle : {2 ;3 ;3}={3 ;2}\ens{2\,;3\,;3}=\ens{3\,;2}), ou en compréhension, par une propriété : {x∈R, x2<4}=]−2 ;2[\ens{x\in\R,\ x^{2}<4}=\intoo{-2}{2}.

Définition. Soient AA et BB deux ensembles. On dit que AA est inclus dans BB, ou que AA est une partie (ou un sous-ensemble) de BB, et l’on note A⊂BA\subset B, lorsque

∀x,x∈A  ⟹  x∈B.\forall x,\quad x\in A\implies x\in B.

On note A⊄BA\not\subset B la négation : il existe x∈Ax\in A tel que x∉Bx\notin B.

Propriété. Si A⊂BA\subset B et B⊂CB\subset C, alors A⊂CA\subset C (transitivité) ; de plus ∅⊂A\varnothing\subset A et A⊂AA\subset A.

Théorème — double inclusion. Pour deux ensembles AA et BB :  A=B  ⟺  (A⊂B  et  B⊂A)\ A=B\iff\bigl(A\subset B\ \text{ et }\ B\subset A\bigr).

Méthode — montrer une égalité d’ensembles. deux stratégies, et deux seulement. (i) Double inclusion : « soit x∈Ax\in A ; montrons x∈Bx\in B », puis la réciproque. (ii) Chaîne d’équivalences : « x∈A  ⟺  ⋯  ⟺  x∈Bx\in A\iff\dots\iff x\in B », ce qui traite les deux inclusions d’un coup, mais n’est possible que si chaque étape est bien une équivalence.

Définition. L’ensemble des parties de EE est  P(E)={A, A⊂E}\ \mathcal{P}(E)=\ens{A,\ A\subset E}. Ses éléments sont des ensembles :  A∈P(E)  ⟺  A⊂E\ A\in\mathcal{P}(E)\iff A\subset E.

Attention∈\in et ⊂\subset ne se mélangent pas

Pour E={1 ;2 ;3}E=\ens{1\,;2\,;3} :  1∈E\ 1\in E mais 1⊄E1\not\subset E (ce n’est pas un ensemble) ;  {1}⊂E\ \ens{1}\subset E et {1}∈P(E)\ens{1}\in\mathcal{P}(E), mais {1}∉E\ens{1}\notin E. De même ∅⊂E\varnothing\subset E et ∅∈P(E)\varnothing\in\mathcal{P}(E), alors que ∅∉E\varnothing\notin E. Enfin P(∅)={∅}\mathcal{P}(\varnothing)=\ens{\varnothing} : cet ensemble a un élément, il n’est pas vide.

2Opérations sur les parties d’un ensemble

Définition. Soient AA et BB deux parties d’un ensemble EE.

Formulaire
  • Réunion : A∪B={x∈E, x∈A ou x∈B}A\cup B=\ens{x\in E,\ x\in A\ \text{ou}\ x\in B} (le « ou » est inclusif) ;
  • Intersection : A∩B={x∈E, x∈A et x∈B}A\cap B=\ens{x\in E,\ x\in A\ \text{et}\ x\in B} ; si A∩B=∅A\cap B=\varnothing, AA et BB sont disjointes ;
  • Différence : A∖B={x∈E, x∈A et x∉B}A\setminus B=\ens{x\in E,\ x\in A\ \text{et}\ x\notin B} ;
  • Complémentaire de AA dans EE : A‾=Ac=E∖A={x∈E, x∉A}\overline{A}=A^{c}=E\setminus A=\ens{x\in E,\ x\notin A}. Ainsi A∖B=A∩B‾A\setminus B=A\cap\overline{B}.

Propriété — règles de calcul. Pour AA, BB, CC parties de EE :

Formulaire
  • commutativité, associativité, idempotence : A∪B=B∪AA\cup B=B\cup A, (A∪B)∪C=A∪(B∪C)(A\cup B)\cup C=A\cup(B\cup C), A∪A=AA\cup A=A (idem pour ∩\cap) ;
  • éléments neutres et absorbants : A∪∅=AA\cup\varnothing=A, A∩∅=∅A\cap\varnothing=\varnothing, A∪E=EA\cup E=E, A∩E=AA\cap E=A ;
  • distributivité croisée :  A∩(B∪C)=(A∩B)∪(A∩C)\ A\cap(B\cup C)=(A\cap B)\cup(A\cap C) et A∪(B∩C)=(A∪B)∩(A∪C)A\cup(B\cap C)=(A\cup B)\cap(A\cup C) ;
  • lois de De Morgan :  A∪B‾=A‾∩B‾\ \overline{A\cup B}=\overline{A}\cap\overline{B} et A∩B‾=A‾∪B‾\overline{A\cap B}=\overline{A}\cup\overline{B} ;
  • involutivité : A‾‾=A\overline{\overline{A}}=A ; contraposition :  A⊂B  ⟺  B‾⊂A‾  ⟺  A∩B‾=∅\ A\subset B\iff\overline{B}\subset\overline{A}\iff A\cap\overline{B}=\varnothing ;
  • caractérisations de l’inclusion :  A⊂B  ⟺  A∪B=B  ⟺  A∩B=A\ A\subset B\iff A\cup B=B\iff A\cap B=A.

Idée de preuve. Chaque ligne traduit une règle de logique du chapitre 1 (distributivité de « et » sur « ou », négation d’une conjonction, contraposition) ; on la démontre par équivalences sur l’appartenance d’un xx quelconque.

Définition. Soit EE un ensemble. Une famille (Ai)i∈I(A_{i})_{i\in I} de parties de EE est un recouvrement de EE si ⋃i∈IAi=E\bigcup_{i\in I}A_{i}=E. C’est une partition de EE si, de plus, les AiA_{i} sont non vides et deux à deux disjointes :

∀i∈I, Ai≠∅ ;∀(i,j)∈I2, i≠j  ⟹  Ai∩Aj=∅ ;⋃i∈IAi=E.\forall i\in I,\ A_{i}\neq\varnothing\ ;\qquad \forall (i,j)\in I^{2},\ i\neq j\implies A_{i}\cap A_{j}=\varnothing\ ;\qquad \bigcup_{i\in I}A_{i}=E.

Autrement dit : tout élément de EE appartient à un et un seul des AiA_{i}.

Définition. Le produit cartésien de EE et FF est  E×F={(x,y), x∈E et y∈F}\ E\times F=\ens{(x,y),\ x\in E\ \text{et}\ y\in F}, ensemble des couples. On note E2=E×EE^{2}=E\times E et, plus généralement, E1×⋯×EnE_{1}\times\dots\times E_{n} l’ensemble des nn-uplets (x1,…,xn)(x_{1},\dots,x_{n}) avec xi∈Eix_{i}\in E_{i}.

Propriété. (x,y)=(x′,y′)  ⟺  (x=x′ et y=y′)(x,y)=(x',y')\iff\bigl(x=x'\ \text{et}\ y=y'\bigr) : dans un couple, l’ordre compte. On a E×F=∅  ⟺  (E=∅ ou F=∅)E\times F=\varnothing\iff\bigl(E=\varnothing\ \text{ou}\ F=\varnothing\bigr), et (A×B)∩(C×D)=(A∩C)×(B∩D)(A\times B)\cap(C\times D)=(A\cap C)\times(B\cap D).

Attention

{x ;y}={y ;x}\ens{x\,;y}=\ens{y\,;x} mais (x,y)≠(y,x)(x,y)\neq(y,x) dès que x≠yx\neq y. Et (A×B)∪(C×D)≠(A∪C)×(B∪D)(A\times B)\cup(C\times D)\neq(A\cup C)\times(B\cup D) en général : pour A=D={0}A=D=\ens{0}, B=C={1}B=C=\ens{1}, le couple (0,0)(0,0) est dans le second, pas dans le premier.

3Applications

Définition. Une application ff de EE dans FF associe à chaque x∈Ex\in E un unique f(x)∈Ff(x)\in F ; EE est l’ensemble de départ, FF l’ensemble d’arrivée, Γf={(x,f(x)), x∈E}⊂E×F\Gamma_{f}=\ens{\bigl(x,f(x)\bigr),\ x\in E}\subset E\times F le graphe de ff, et F(E,F)=FE\mathcal{F}(E,F)=F^{E} l’ensemble de ces applications. Le programme ne distingue pas fonction et application. Une famille (ui)i∈I(u_{i})_{i\in I} d’éléments de FF est une application I→FI\to F ; une suite est une famille indexée par N\N.

Définition. L’identité de EE est idE:E→E\mathrm{id}_{E}:E\to E, x↦xx\mapsto x. La fonction indicatrice d’une partie AA de EE est

1A:E→{0 ;1},1A(x)={1si x∈A,0si x∉A.\mathbf{1}_{A}:E\to\ens{0\,;1},\qquad \mathbf{1}_{A}(x)=\begin{cases}1&\text{si }x\in A,\\0&\text{si }x\notin A.\end{cases}

Propriété. Pour A,B∈P(E)A,B\in\mathcal{P}(E) :  1A∩B=1A1B\ \mathbf{1}_{A\cap B}=\mathbf{1}_{A}\mathbf{1}_{B},  1A‾=1−1A\ \mathbf{1}_{\overline{A}}=1-\mathbf{1}_{A},  1A∪B=1A+1B−1A1B\ \mathbf{1}_{A\cup B}=\mathbf{1}_{A}+\mathbf{1}_{B}-\mathbf{1}_{A}\mathbf{1}_{B}, et  A=B  ⟺  1A=1B\ A=B\iff\mathbf{1}_{A}=\mathbf{1}_{B}. L’application A↦1AA\mapsto\mathbf{1}_{A} est donc une injection de P(E)\mathcal{P}(E) dans F(E,{0 ;1})\mathcal{F}\bigl(E,\ens{0\,;1}\bigr) ; c’est même une bijection.

Méthode — identité ensembliste par les indicatrices. traduire chaque membre en expression polynomiale en 1A,1B,…\mathbf{1}_{A},\mathbf{1}_{B},\dots, puis identifier les deux polynômes en tenant compte de 1A2=1A\mathbf{1}_{A}^{2}=\mathbf{1}_{A}.

Définition. Soient f:E→Ff:E\to F et A⊂EA\subset E. La restriction de ff à AA est f∣A:A→Ff_{|A}:A\to F, x↦f(x)x\mapsto f(x). Si g:A→Fg:A\to F et f:E→Ff:E\to F vérifient f∣A=gf_{|A}=g, on dit que ff est un prolongement de gg à EE.

Attention

Deux applications sont égales si et seulement si elles ont même ensemble de départ, même ensemble d’arrivée et prennent les mêmes valeurs. Ainsi x↦x2x\mapsto x^{2} de R\R dans R\R et x↦x2x\mapsto x^{2} de R\R dans R+\R_{+} sont deux applications différentes : la seconde est surjective, la première non. Changer l’ensemble d’arrivée change l’application.

4Image directe, image réciproque

Définition. Soit f:E→Ff:E\to F. Pour A⊂EA\subset E et B⊂FB\subset F, on pose

f(A)={f(x), x∈A}={y∈F, ∃x∈A, y=f(x)}(image directe),f(A)=\ens{f(x),\ x\in A}=\ens{y\in F,\ \exists x\in A,\ y=f(x)}\quad\text{(\cle{image directe})},
f−1(B)={x∈E, f(x)∈B}(image reˊciproque).f^{-1}(B)=\ens{x\in E,\ f(x)\in B}\quad\text{(\cle{image réciproque})}.

On appelle image de ff l’ensemble Im⁡f=f(E)⊂F\operatorname{Im} f=f(E)\subset F.

Attentionle piège du chapitre

f−1(B)f^{-1}(B) est défini pour toute application ff : cette notation ne suppose aucunement la bijectivité et n’a rien à voir avec l’application réciproque f−1f^{-1} (§ suivant). C’est une partie de EE : on écrit f−1({y})f^{-1}\bigl(\ens{y}\bigr), jamais f−1(y)f^{-1}(y), tant que la bijectivité n’est pas établie.

Théorème — image réciproque : elle commute avec tout. Soient f:E→Ff:E\to F et B,B′⊂FB,B'\subset F. Alors

f−1(B∪B′)=f−1(B)∪f−1(B′),f−1(B∩B′)=f−1(B)∩f−1(B′),f−1(B‾)=f−1(B)‾,f^{-1}(B\cup B')=f^{-1}(B)\cup f^{-1}(B'),\qquad f^{-1}(B\cap B')=f^{-1}(B)\cap f^{-1}(B'),\qquad f^{-1}\bigl(\overline{B}\bigr)=\overline{f^{-1}(B)},

et B⊂B′  ⟹  f−1(B)⊂f−1(B′)B\subset B'\implies f^{-1}(B)\subset f^{-1}(B').

Idée de preuve (exigible). x∈f−1(B∪B′)  ⟺  f(x)∈B∪B′  ⟺  (f(x)∈Bx\in f^{-1}(B\cup B')\iff f(x)\in B\cup B'\iff\bigl(f(x)\in B ou f(x)∈B′)  ⟺  x∈f−1(B)∪f−1(B′)f(x)\in B'\bigr)\iff x\in f^{-1}(B)\cup f^{-1}(B') : la condition « f(x)∈⋅f(x)\in\cdot » se distribue sur les connecteurs logiques ; idem pour ∩\cap et pour le complémentaire.

Théorème — image directe : une seule inclusion pour ∩\cap. Soient f:E→Ff:E\to F et A,A′⊂EA,A'\subset E. Alors

f(A∪A′)=f(A)∪f(A′),f(A∩A′)⊂f(A)∩f(A′),A⊂A′  ⟹  f(A)⊂f(A′).f(A\cup A')=f(A)\cup f(A'),\qquad \boxed{f(A\cap A')\subset f(A)\cap f(A')},\qquad A\subset A'\implies f(A)\subset f(A').

L’inclusion encadrée peut être stricte.

Contre-exemple (exigible). Pour f:R→Rf:\R\to\R, x↦x2x\mapsto x^{2}, A={−1}A=\ens{-1} et A′={1}A'=\ens{1} : A∩A′=∅A\cap A'=\varnothing donc f(A∩A′)=∅f(A\cap A')=\varnothing, alors que f(A)∩f(A′)={1}f(A)\cap f(A')=\ens{1}.

Théorème — aller-retour. Soient f:E→Ff:E\to F, A⊂EA\subset E et B⊂FB\subset F. Alors

A⊂f−1(f(A))etf(f−1(B))⊂B,A\subset f^{-1}\bigl(f(A)\bigr)\qquad\text{et}\qquad f\bigl(f^{-1}(B)\bigr)\subset B,

ces inclusions pouvant être strictes. De plus f(f−1(B))=B∩Im⁡ff\bigl(f^{-1}(B)\bigr)=B\cap\operatorname{Im} f.

5Composition, injections, surjections, bijections

Définition. Si f:E→Ff:E\to F et g:F→Gg:F\to G, la composée est g∘f:E→Gg\circ f:E\to G, x↦g(f(x))x\mapsto g\bigl(f(x)\bigr). La composition est associative (h∘(g∘f)=(h∘g)∘fh\circ(g\circ f)=(h\circ g)\circ f) et admet les identités comme neutres (f∘idE=f=idF∘ff\circ\mathrm{id}_{E}=f=\mathrm{id}_{F}\circ f), mais elle n’est pas commutative.

Définition. Soit f:E→Ff:E\to F.

Formulaire
  • ff est injective si  ∀(x,x′)∈E2, f(x)=f(x′)  ⟹  x=x′\ \forall(x,x')\in E^{2},\ f(x)=f(x')\implies x=x' (de façon équivalente : x≠x′  ⟹  f(x)≠f(x′)x\neq x'\implies f(x)\neq f(x')) : tout élément de FF a au plus un antécédent ;
  • ff est surjective si  ∀y∈F, ∃x∈E, y=f(x)\ \forall y\in F,\ \exists x\in E,\ y=f(x), c’est-à-dire Im⁡f=F\operatorname{Im} f=F : tout élément de FF a au moins un antécédent ;
  • ff est bijective si elle est injective et surjective :  ∀y∈F, ∃! x∈E, y=f(x)\ \forall y\in F,\ \exists!\,x\in E,\ y=f(x).

Méthode — dans la pratique. pour l’injectivité, partir de f(x)=f(x′)f(x)=f(x') et calculer jusqu’à x=x′x=x'. Sinon, fixer y∈Fy\in F et résoudre f(x)=yf(x)=y d’inconnue x∈Ex\in E : le nombre de solutions donne les trois réponses d’un coup. Pour nier, exhiber x≠x′x\neq x' avec f(x)=f(x′)f(x)=f(x'), ou un yy sans antécédent.

Théorème — application réciproque. f:E→Ff:E\to F est bijective si et seulement s’il existe g:F→Eg:F\to E telle que  g∘f=idE\ g\circ f=\mathrm{id}_{E} et f∘g=idFf\circ g=\mathrm{id}_{F}. Une telle gg est alors unique : c’est l’application réciproque f−1f^{-1}, elle-même bijective, avec (f−1)−1=f\bigl(f^{-1}\bigr)^{-1}=f ; pour y∈Fy\in F, f−1(y)f^{-1}(y) est l’unique antécédent de yy.

Idée de preuve. Si ff est bijective, poser g(y)=g(y)= l’unique antécédent de yy. Réciproquement g∘f=idEg\circ f=\mathrm{id}_{E} force l’injectivité (appliquer gg à f(x)=f(x′)f(x)=f(x')) et f∘g=idFf\circ g=\mathrm{id}_{F} la surjectivité (y=f(g(y))y=f(g(y))) ; l’unicité vient de g′=g′∘(f∘g)=(g′∘f)∘g=gg'=g'\circ(f\circ g)=(g'\circ f)\circ g=g.

Théorème — composition et injectivité / surjectivité. Soient f:E→Ff:E\to F et g:F→Gg:F\to G.

Formulaire
  • Si ff et gg sont injectives (resp. surjectives, bijectives), alors g∘fg\circ f l’est ; dans le dernier cas  (g∘f)−1=f−1∘g−1\ \boxed{(g\circ f)^{-1}=f^{-1}\circ g^{-1}} ;
  • si g∘fg\circ f est injective, alors ff est injective ; si g∘fg\circ f est surjective, alors gg est surjective.

Idée de preuve (exigible). Deuxième point : si f(x)=f(x′)f(x)=f(x') alors g(f(x))=g(f(x′))g(f(x))=g(f(x')), donc x=x′x=x' par injectivité de g∘fg\circ f. Si z∈Gz\in G, il existe x∈Ex\in E avec g(f(x))=zg(f(x))=z : l’élément f(x)f(x) de FF est un antécédent de zz par gg.

Attention

Les réciproques du second point sont fausses. Avec f:R+→Rf:\R_{+}\to\R, x↦xx\mapsto x (injective) et g:R→Rg:\R\to\R, x↦x2x\mapsto x^{2} : g∘fg\circ f est injective sur R+\R_{+} alors que gg ne l’est pas. Retenir : « ce qui est à droite dans g∘fg\circ f hérite de l’injectivité, ce qui est à gauche hérite de la surjectivité ».

Théorème — injectivité, surjectivité et images. Soit f:E→Ff:E\to F. Alors ff est injective   ⟺  ∀A∈P(E), f−1(f(A))=A  ⟺  ∀A,A′∈P(E), f(A∩A′)=f(A)∩f(A′)\iff\forall A\in\mathcal{P}(E),\ f^{-1}\bigl(f(A)\bigr)=A\iff\forall A,A'\in\mathcal{P}(E),\ f(A\cap A')=f(A)\cap f(A') ; et ff est surjective   ⟺  ∀B∈P(F), f(f−1(B))=B\iff\forall B\in\mathcal{P}(F),\ f\bigl(f^{-1}(B)\bigr)=B.

6Relations binaires : équivalence et ordre

Définition. Une relation binaire R\mathcal{R} sur EE est la donnée, pour tout (x,y)∈E2(x,y)\in E^{2}, du fait que « xRyx\mathcal{R}y » est vraie ou fausse. Elle est réflexive si ∀x, xRx\forall x,\ x\mathcal{R}x ; symétrique si ∀x,y, xRy  ⟹  yRx\forall x,y,\ x\mathcal{R}y\implies y\mathcal{R}x ; transitive si ∀x,y,z, (xRy\forall x,y,z,\ \bigl(x\mathcal{R}y et yRz)  ⟹  xRzy\mathcal{R}z\bigr)\implies x\mathcal{R}z ; antisymétrique si ∀x,y, (xRy\forall x,y,\ \bigl(x\mathcal{R}y et yRx)  ⟹  x=yy\mathcal{R}x\bigr)\implies x=y.

Définition. Une relation d’équivalence est une relation réflexive, symétrique et transitive. Pour x∈Ex\in E, la classe d’équivalence de xx est  cl(x)={y∈E, xRy}\ \mathrm{cl}(x)=\ens{y\in E,\ x\mathcal{R}y}.

Théorème — classes et partition. Soit R\mathcal{R} une relation d’équivalence sur EE. Alors, pour tous x,y∈Ex,y\in E :

x∈cl(x) ;xRy  ⟺  cl(x)=cl(y) ;cl(x)≠cl(y)  ⟹  cl(x)∩cl(y)=∅.x\in\mathrm{cl}(x)\ ;\qquad x\mathcal{R}y\iff\mathrm{cl}(x)=\mathrm{cl}(y)\ ;\qquad \mathrm{cl}(x)\neq\mathrm{cl}(y)\implies\mathrm{cl}(x)\cap\mathrm{cl}(y)=\varnothing.

Les classes d’équivalence, deux à deux distinctes, forment donc une partition de EE. La notion d’ensemble quotient est hors programme.

Idée de preuve (exigible). La réflexivité donne x∈cl(x)x\in\mathrm{cl}(x) : les classes sont non vides et recouvrent EE. Si xRyx\mathcal{R}y et z∈cl(y)z\in\mathrm{cl}(y), la transitivité donne xRzx\mathcal{R}z, d’où cl(y)⊂cl(x)\mathrm{cl}(y)\subset\mathrm{cl}(x), et la symétrie l’autre inclusion. Enfin z∈cl(x)∩cl(y)z\in\mathrm{cl}(x)\cap\mathrm{cl}(y) entraîne cl(x)=cl(z)=cl(y)\mathrm{cl}(x)=\mathrm{cl}(z)=\mathrm{cl}(y) : deux classes distinctes sont disjointes.

Notation — congruences. Soit c∈Rc\in\R. Pour a,b∈Ra,b\in\R on écrit  a≡b [c]  ⟺  ∃k∈Z, a−b=kc\ a\equiv b\ [c]\iff\exists k\in\Z,\ a-b=kc. Pour n∈N∗n\in\N^{*} et a,b∈Za,b\in\Z,  a≡b [n]  ⟺  n∣(a−b)\ a\equiv b\ [n]\iff n\mid(a-b). Dans les deux cas c’est une relation d’équivalence, compatible avec l’addition ; pour a,b∈Za,b\in\Z elle l’est aussi avec la multiplication.

Définition. Une relation d’ordre sur EE est une relation réflexive, antisymétrique et transitive ; on la note ≼\preccurlyeq, et (E,≼)(E,\preccurlyeq) est un ensemble ordonné. L’ordre est total si ∀(x,y)∈E2\forall(x,y)\in E^{2}, x≼yx\preccurlyeq y ou y≼xy\preccurlyeq x, et partiel sinon. Un m∈Am\in A est le plus grand élément de A⊂EA\subset E si ∀x∈A, x≼m\forall x\in A,\ x\preccurlyeq m : il est unique par antisymétrie, mais peut ne pas exister.

Exempleles trois ordres de référence

⩽\leq sur R\R : ordre total. ⊂\subset sur P(E)\mathcal{P}(E) : ordre de plus petit élément ∅\varnothing et de plus grand élément EE, total si et seulement si EE a au plus un élément ({1}\ens{1} et {2}\ens{2} ne sont pas comparables). ∣\mid sur N\N : ordre non total, de plus petit élément 11 et de plus grand élément 00 ; sur Z\Z ce n’est pas un ordre, car 1∣−11\mid-1 et −1∣1-1\mid1 sans que 1=−11=-1.

Savoir-faire
  • Démontrer une égalité d’ensembles par double inclusion, par équivalences ou par indicatrices ; manipuler P(E)\mathcal{P}(E) sans confondre ∈\in et ⊂\subset.
  • Calculer f(A)f(A) et f−1(B)f^{-1}(B) sur des exemples ; savoir quelles identités sont des égalités et lesquelles ne sont que des inclusions, avec le contre-exemple.
  • Montrer qu’une application est injective, surjective, bijective en résolvant f(x)=yf(x)=y ; expliciter la réciproque.
  • Exploiter « g∘fg\circ f injective   ⟹  f\implies f injective » et « g∘fg\circ f surjective   ⟹  g\implies g surjective ».
  • Vérifier qu’une relation est une relation d’équivalence et décrire ses classes ; vérifier qu’une relation est un ordre et dire s’il est total.
Pièges
  • Confondre f−1(B)f^{-1}(B) (toujours défini) et l’application réciproque f−1f^{-1} (qui exige la bijectivité) ; écrire f−1(y)f^{-1}(y) au lieu de f−1({y})f^{-1}\bigl(\ens{y}\bigr).
  • Écrire f(A∩B)=f(A)∩f(B)f(A\cap B)=f(A)\cap f(B) : seule l’inclusion ⊂\subset est vraie en général.
  • Confondre ∈\in et ⊂\subset, notamment dans P(E)\mathcal{P}(E), et oublier que ∅\varnothing est une partie de tout ensemble.
  • Conclure une égalité d’ensembles après une seule inclusion, ou après une chaîne où une étape n’est qu’une implication.
  • Oublier que les parties d’une partition sont non vides ; oublier l’antisymétrie (ordre) ou la symétrie (équivalence).
  • Croire que gg injective découle de « g∘fg\circ f injective », ou que ff est surjective dès que g∘fg\circ f l’est.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : parties, opérations, applications, images, injections, relations

12 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hsans calculatrice

  1. Appartenance, inclusion, partiesDifficulté 1 sur 3
  2. Opérations sur des parties de R\RDifficulté 1 sur 3
  3. Quatre égalités à démontrerDifficulté 2 sur 3
  4. Produit cartésienDifficulté 1 sur 3
  5. Est-ce une application ?Difficulté 1 sur 3
  6. Injective ? surjective ? bijective ?Difficulté 2 sur 3
  7. Images directes et images réciproquesDifficulté 2 sur 3
  8. CompositionDifficulté 1 sur 3
  9. Une application de P(E)\mathcal{P}(E) dans P(E)\mathcal{P}(E)Difficulté 2 sur 3
  10. Fonctions indicatricesDifficulté 2 sur 3
  11. Relations d’équivalenceDifficulté 2 sur 3
  12. Relations d’ordreDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Mise en œuvre : différence symétrique, images, caractérisations, composition, relations

10 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 3 hsans calculatrice

  1. Différence symétriqueDifficulté 2 sur 3
  2. Un système d’équations ensemblistesDifficulté 2 sur 3
  3. Images directes et images réciproques : le cas généralDifficulté 2 sur 3
  4. Caractériser l’injectivité et la surjectivité par les imagesDifficulté 2 sur 3
  5. Composition : ce qui se transmet, ce qui ne se transmet pasDifficulté 2 sur 3
  6. Deux applications croiséesDifficulté 2 sur 3
  7. Découper une partie le long de AADifficulté 2 sur 3
  8. La relation d’équivalence associée à une applicationDifficulté 2 sur 3
  9. Congruences dans Z\ZDifficulté 2 sur 3
  10. Un ordre sur les fonctionsDifficulté 2 sur 3
3

Interrogation A

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Durée : 1 h — sans document ni calculatrice

3 exercicesnoté sur 20niveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3la rédaction est évaluée

  1. Questions de cours5 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Trois calculs7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Étude de x↦2x1+x2x\mapsto\frac{2x}{1+x^{2}}8 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Durée : 1 h — sans document ni calculatrice

3 exercicesnoté sur 20niveau Difficulté 2 sur 3la rédaction est évaluée

  1. Questions de cours5 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Trois questions indépendantes7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Parties stables8 ptsDifficulté 2 sur 3
5

Approfondissement

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Cantor, homographies, idempotence, applications induites sur P(E)\mathcal{P}(E), partitions, ordres sur N2\N^{2}

7 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 4 hsans calculatrice

  1. Le théorème de CantorDifficulté 3 sur 3
  2. Six homographiesDifficulté 3 sur 3
  3. Idempotence, involution, et f∘f∘f=ff\circ f\circ f=fDifficulté 3 sur 3
  4. Les deux applications induites sur les partiesDifficulté 3 sur 3
  5. Précomposition par une application fixéeDifficulté 3 sur 3
  6. Partitions et relations d’équivalenceDifficulté 3 sur 3
  7. Deux ordres sur N2\N^{2}Difficulté 3 sur 3
6

DS type concours

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L’ordre de l’inclusion, applications croissantes de P(E)\mathcal{P}(E) et points fixes

durée : 4 hnoté sur 20quatre parties enchaînéescalculatrice interdite

7

Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral indépendants

4 exercicesniveaux Difficulté 1 sur 3, Difficulté 2 sur 3, Difficulté 2 sur 3, Difficulté 3 sur 3environ 20 min chacunsans calculatrice

  1. Une bijection de R\R sur un intervalle bornéDifficulté 1 sur 3
  2. Une composée égale à l’identitéDifficulté 2 sur 3
  3. Deux conditions qui forcent l’égalitéDifficulté 2 sur 3
  4. Couper une partie selon deux parties fixéesDifficulté 3 sur 3

Prépa · Mathématiques : les 26 chapitres

  1. Logique et raisonnement
  2. Ensembles et applications
  3. Sommes et produits
  4. Inégalités et trigonométrie
  5. Nombres complexes
  6. Fonctions usuelles
  7. Primitives et équations différentielles
  8. Nombres réels et suites numériques
  9. Limites et continuité
  10. Dérivabilité et convexité
  11. Arithmétique des entiers relatifs
  12. Structures algébriques usuelles
  13. Calcul matriciel
  14. Polynômes et fractions rationnelles
  15. Analyse asymptotique
  16. Espaces vectoriels
  17. Dimension et applications linéaires
  18. Matrices et applications linéaires
  19. Groupe symétrique
  20. Déterminants
  21. Intégration
  22. Dénombrement
  23. Probabilités
  24. Espaces préhilbertiens
  25. Séries et familles sommables
  26. Fonctions de deux variables