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MPSI · Mathématiques · Arithmétique · Chapitre 11

Arithmétique des entiers relatifs

Fiche de cours10 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Divisibilité dans Z\Z

Définition. Soient a,b∈Za,b\in\Z. On dit que aa divise bb, et l’on note a∣ba\mid b, lorsqu’il existe k∈Zk\in\Z tel que b=akb=ak. On dit aussi que aa est un diviseur de bb, ou que bb est un multiple de aa. On note D(b)={d∈Z, d∣b}\mathcal{D}(b)=\ens{d\in\Z,\ d\mid b} l’ensemble des diviseurs de bb.

Propriété — règles de calcul. Soient a,b,c,u,v∈Za,b,c,u,v\in\Z.

Formulaire
  • a∣0a\mid 0 pour tout aa ; 1∣b1\mid b pour tout bb ; 0∣b  ⟺  b=00\mid b\iff b=0 ;
  • transitivité : si a∣ba\mid b et b∣cb\mid c, alors a∣ca\mid c ;
  • combinaisons linéaires : si a∣ba\mid b et a∣ca\mid c, alors a∣(ub+vc)a\mid (ub+vc) pour tous u,v∈Zu,v\in\Z ;
  • si a∣ba\mid b et b≠0b\neq0, alors ∣a∣⩽∣b∣\abs{a}\leq\abs{b} : tout entier non nul n’a qu’un nombre fini de diviseurs ;
  • a∣b  ⟺  ∣a∣∣∣b∣a\mid b\iff \abs{a}\mid\abs{b} : la divisibilité ne dépend que des valeurs absolues.

Théorème — entiers associés. Soient a,b∈Za,b\in\Z. Alors  a∣b\ a\mid b et b∣a  ⟺  b=ab\mid a\iff b=a ou b=−ab=-a. On dit alors que aa et bb sont associés. En particulier, deux entiers naturels qui se divisent mutuellement sont égaux.

Idée de preuve (exigible). Si a=0a=0, a∣ba\mid b donne b=0b=0. Sinon ∣a∣⩽∣b∣\abs{a}\leq\abs{b} et ∣b∣⩽∣a∣\abs{b}\leq\abs{a}, donc ∣a∣=∣b∣\abs{a}=\abs{b}.

Attention

a∣ba\mid b est une assertion, pas un nombre : on n’écrit jamais « a∣b=ca\mid b=c », et l’on ne confond pas a∣ba\mid b avec ab\frac{a}{b}. La divisibilité est une relation d’ordre sur N\N, mais pas sur Z\Z : elle n’y est pas antisymétrique (1∣−11\mid-1 et −1∣1-1\mid1).

2Division euclidienne

Théorème — division euclidienne. Soient a∈Za\in\Z et b∈Z∗b\in\Z^{*}. Il existe un unique couple (q,r)∈Z2(q,r)\in\Z^{2} tel que

a=bq+ret0⩽r<∣b∣.a=bq+r\qquad\text{et}\qquad 0\leq r<\abs{b}.

L’entier qq est le quotient, rr le reste de la division euclidienne de aa par bb. De plus  b∣a  ⟺  r=0\ b\mid a\iff r=0.

Idée de preuve (exigible). Existence pour b>0b>0 : E={k∈Z, bk⩽a}E=\ens{k\in\Z,\ bk\leq a} est non vide et majoré, donc admet un plus grand élément qq ; alors bq⩽a<b(q+1)bq\leq a<b(q+1) et r=a−bqr=a-bq convient. Unicité : si bq+r=bq′+r′bq+r=bq'+r' avec 0⩽r,r′<b0\leq r,r'<b, alors b(q−q′)=r′−rb(q-q')=r'-r avec ∣r′−r∣<b\abs{r'-r}<b, donc r=r′r=r' puis q=q′q=q'. Le cas b<0b<0 s’en déduit en remplaçant bb par −b-b. Pour b>0b>0, q=⌊ab⌋q=\left\lfloor\frac{a}{b}\right\rfloor.

Attention

Le reste est toujours positif, même si a<0a<0. Ainsi −100=7×(−15)+5-100=7\times(-15)+5 : le quotient est −15-15 et le reste 55, pas −100=7×(−14)−2-100=7\times(-14)-2. Une erreur classique consiste à écrire q=−14q=-14 parce que « −14-14 est plus proche ».

Méthode — disjonction selon le reste. pour étudier une propriété de n∈Zn\in\Z modulo bb, écrire n=bq+rn=bq+r avec r∈⟦0 ;b−1⟧r\in\intent{0}{b-1} et traiter les bb cas : ils recouvrent Z\Z sans se chevaucher, par unicité du reste.

3PGCD, algorithme d’Euclide, PPCM

Théorème — pgcd. Soient a,b∈Za,b\in\Z non tous deux nuls. L’ensemble D(a)∩D(b)\mathcal{D}(a)\cap\mathcal{D}(b) des diviseurs communs à aa et bb admet un plus grand élément, appelé pgcd de aa et bb et noté a∧ba\wedge b ; il appartient à N∗\N^{*} et vérifie D(a)∩D(b)=D(a∧b)\mathcal{D}(a)\cap\mathcal{D}(b)=\mathcal{D}(a\wedge b). Ainsi a∧ba\wedge b est le plus grand des diviseurs communs au sens de la divisibilité : tout diviseur commun divise a∧ba\wedge b.

Propriété — règles de calcul. Pour a,b,c∈Za,b,c\in\Z non tous nuls et k∈N∗k\in\N^{*} :

Formulaire
  • a∧b=b∧a=∣a∣∧∣b∣a\wedge b=b\wedge a=\abs{a}\wedge\abs{b} ; a∧0=∣a∣a\wedge 0=\abs{a} (a≠0a\neq0) ; a∧1=1a\wedge 1=1 ; a∣b  ⟺  a∧b=∣a∣a\mid b\iff a\wedge b=\abs{a} (pour a≠0a\neq 0) ;
  • homogénéité : (ka)∧(kb)=k (a∧b)(ka)\wedge(kb)=k\,(a\wedge b) ;
  • clé de l’algorithme : a∧b=b∧ra\wedge b=b\wedge r, où rr est le reste de la division euclidienne de aa par bb (b≠0b\neq0) ; plus généralement a∧b=(a−qb)∧ba\wedge b=(a-qb)\wedge b pour tout q∈Zq\in\Z ;
  • associativité : (a∧b)∧c=a∧(b∧c)(a\wedge b)\wedge c=a\wedge(b\wedge c), ce qui autorise la notation a1∧⋯∧ana_{1}\wedge\cdots\wedge a_{n}.

Théorème — algorithme d’Euclide. Soient a,b∈Na,b\in\N avec b≠0b\neq 0. On pose r0=ar_{0}=a, r1=br_{1}=b et, tant que rk≠0r_{k}\neq0, on note rk+1r_{k+1} le reste de la division euclidienne de rk−1r_{k-1} par rkr_{k}. Si rN+1=0r_{N+1}=0 est le premier reste nul, alors  a∧b=rN\ a\wedge b=r_{N} : le pgcd est le dernier reste non nul.

Idée de preuve (exigible). Terminaison : (rk)k⩾1(r_{k})_{k\geq1} est une suite d’entiers naturels strictement décroissante tant qu’elle ne s’annule pas, donc elle s’annule. Correction : à chaque étape rk−1∧rk=rk∧rk+1r_{k-1}\wedge r_{k}=r_{k}\wedge r_{k+1} d’après la règle ci-dessus ; par récurrence a∧b=rN∧rN+1=rN∧0=rNa\wedge b=r_{N}\wedge r_{N+1}=r_{N}\wedge0=r_{N}.

Théorème — relation de Bézout. Soient a,b∈Za,b\in\Z non tous nuls et d=a∧bd=a\wedge b. Il existe (u,v)∈Z2(u,v)\in\Z^{2} tel que

au+bv=d.au+bv=d.

Un tel couple (u,v)(u,v), appelé couple de Bézout de (a,b)(a,b), s’obtient par l’algorithme d’Euclide étendu : on remonte les divisions successives en exprimant chaque reste comme combinaison de aa et bb.

Attention

De au+bv=cau+bv=c on ne peut conclure a∧b=ca\wedge b=c, mais seulement (a∧b)∣c(a\wedge b)\mid c : ainsi 6×2+4×(−1)=86\times2+4\times(-1)=8 alors que 6∧4=26\wedge4=2. Le couple (u,v)(u,v) n’est jamais unique : (u+kb′, v−ka′)(u+kb',\,v-ka') convient aussi, où a=da′a=da' et b=db′b=db'.

Définition. Soient a,b∈Z∗a,b\in\Z^{*}. L’ensemble des multiples communs strictement positifs de aa et bb est non vide (il contient ∣ab∣\abs{ab}) : il admet un plus petit élément, appelé ppcm de aa et bb et noté a∨ba\vee b. Les multiples communs de aa et bb sont exactement les multiples de a∨ba\vee b, et  (a∧b) (a∨b)=∣ab∣\ \boxed{(a\wedge b)\,(a\vee b)=\abs{ab}}. En particulier, si a∧b=1a\wedge b=1 alors a∨b=∣ab∣a\vee b=\abs{ab}.

4Entiers premiers entre eux

Définition. Deux entiers aa et bb sont premiers entre eux lorsque a∧b=1a\wedge b=1, c’est-à-dire lorsque leurs seuls diviseurs communs sont 11 et −1-1.

Théorème — théorème de Bézout. Soient a,b∈Za,b\in\Z. Alors

a∧b=1  ⟺  ∃ (u,v)∈Z2, au+bv=1.a\wedge b=1\iff \exists\,(u,v)\in\Z^{2},\ au+bv=1.

Idée de preuve (exigible). (⇒\Rightarrow) c’est la relation de Bézout avec d=1d=1. (⇐\Leftarrow) si au+bv=1au+bv=1, tout diviseur commun dd de aa et bb divise au+bv=1au+bv=1, donc d∈{−1,1}d\in\ens{-1,1} : a∧b=1a\wedge b=1.

Théorème — lemme de Gauss. Soient a,b,c∈Za,b,c\in\Z. Si a∣bca\mid bc et a∧b=1a\wedge b=1, alors a∣ca\mid c.

Idée de preuve (exigible). Par Bézout, au+bv=1au+bv=1 ; en multipliant par cc, c=acu+(bc)vc=acu+(bc)v. Or aa divise acac et aa divise bcbc par hypothèse, donc aa divise cette combinaison linéaire, c’est-à-dire cc.

Propriété — conséquences à connaître. Soient a,b,c,n∈Za,b,c,n\in\Z.

Formulaire
  • si a∣na\mid n, b∣nb\mid n et a∧b=1a\wedge b=1, alors ab∣nab\mid n ;
  • si a∧n=1a\wedge n=1 et b∧n=1b\wedge n=1, alors (ab)∧n=1(ab)\wedge n=1 ; par récurrence, ak∧n=1a^{k}\wedge n=1 pour tout k∈Nk\in\N ;
  • si d=a∧bd=a\wedge b et a=da′a=da', b=db′b=db', alors a′∧b′=1a'\wedge b'=1 (on « sort » le pgcd) ;
  • forme irréductible : tout x∈Qx\in\Q s’écrit x=pqx=\frac{p}{q} avec p∈Zp\in\Z, q∈N∗q\in\N^{*} et p∧q=1p\wedge q=1 ; cette écriture est unique.

Définition. Soient a1,…,an∈Za_{1},\dots,a_{n}\in\Z non tous nuls. Ils sont premiers entre eux dans leur ensemble lorsque a1∧⋯∧an=1a_{1}\wedge\cdots\wedge a_{n}=1, et premiers entre eux deux à deux lorsque ai∧aj=1a_{i}\wedge a_{j}=1 pour tous i≠ji\neq j. On a la relation de Bézout généralisée : il existe u1,…,un∈Zu_{1},\dots,u_{n}\in\Z tels que ∑i=1naiui=a1∧⋯∧an\sum_{i=1}^{n}a_{i}u_{i}=a_{1}\wedge\cdots\wedge a_{n}.

Attention

« Deux à deux » entraîne « dans leur ensemble », mais la réciproque est fausse : 66, 1010, 1515 sont premiers entre eux dans leur ensemble (6∧10∧15=16\wedge10\wedge15=1) alors qu’aucune paire ne l’est (6∧10=26\wedge10=2, 6∧15=36\wedge15=3, 10∧15=510\wedge15=5). Ne pas confondre non plus « a∧b=1a\wedge b=1 » et « aa et bb sont premiers » : 88 et 99 sont premiers entre eux sans être premiers.

5Nombres premiers

Définition. Un entier p⩾2p\geq2 est premier lorsque ses seuls diviseurs positifs sont 11 et pp. On note P\mathcal{P} l’ensemble des nombres premiers : P={2,3,5,7,11,13,17,19,23,29,… }\mathcal{P}=\ens{2,3,5,7,11,13,17,19,23,29,\dots}. Un entier n⩾2n\geq2 non premier est dit composé. L’entier 11 n’est pas premier.

Propriété. Tout entier n⩾2n\geq2 admet un diviseur premier, et son plus petit diviseur >1>1 est premier. Si n⩾2n\geq2 n’a aucun diviseur premier p⩽np\leq\sqrt{n}, alors nn est premier.

Méthode — crible d’Ératosthène. pour lister les nombres premiers ⩽N\leq N : écrire 2,3,…,N2,3,\dots,N, puis, tant qu’il reste un entier non barré p⩽Np\leq\sqrt{N}, barrer tous les multiples de pp strictement supérieurs à pp. Les entiers non barrés sont les nombres premiers ⩽N\leq N : on s’arrête à N\sqrt{N} car tout composé n⩽Nn\leq N a un diviseur premier ⩽n\leq\sqrt{n}.

Théorème. L’ensemble P\mathcal{P} des nombres premiers est infini.

Idée de preuve (exigible). Par l’absurde, si P={p1,…,pk}\mathcal{P}=\ens{p_{1},\dots,p_{k}}, l’entier N=p1⋯pk+1N=p_{1}\cdots p_{k}+1 est ⩾2\geq2, donc admet un diviseur premier p=pip=p_{i} ; alors pp divise NN et N−1N-1, donc p∣1p\mid1 : absurde.

Théorème — lemme d’Euclide. Soit p∈Pp\in\mathcal{P} et a,b∈Za,b\in\Z. Alors  p∣ab⟹p∣a\ p\mid ab\Longrightarrow p\mid a ou p∣bp\mid b. Plus généralement, si pp divise un produit a1⋯ana_{1}\cdots a_{n}, il divise l’un des aia_{i}.

Idée de preuve. Si p∤ap\nmid a, alors p∧a=1p\wedge a=1 (les diviseurs positifs de pp sont 11 et pp), et le lemme de Gauss donne p∣bp\mid b.

Théorème — décomposition en facteurs premiers. Tout entier n⩾2n\geq2 s’écrit

n=p1α1p2α2⋯prαrn=p_{1}^{\alpha_{1}}p_{2}^{\alpha_{2}}\cdots p_{r}^{\alpha_{r}}

avec r⩾1r\geq1, p1<p2<⋯<prp_{1}<p_{2}<\cdots<p_{r} premiers et αi∈N∗\alpha_{i}\in\N^{*} ; cette écriture est unique.

Idée de preuve (exigible). Existence par récurrence forte : si nn est premier c’est fini, sinon n=abn=ab avec 2⩽a,b<n2\leq a,b<n et l’on applique l’hypothèse de récurrence. Unicité : si deux décompositions coïncident, un premier pp figurant à gauche divise le produit de droite, donc l’un de ses facteurs premiers par le lemme d’Euclide, donc lui est égal ; on simplifie par pp et l’on conclut par récurrence sur nn.

Définition. Soit p∈Pp\in\mathcal{P} et n∈Z∗n\in\Z^{*}. La valuation pp-adique de nn, notée vp(n)v_{p}(n), est le plus grand k∈Nk\in\N tel que pk∣np^{k}\mid n ; c’est l’exposant de pp dans la décomposition de ∣n∣\abs{n} (avec vp(n)=0v_{p}(n)=0 si p∤np\nmid n). On convient vp(0)=+∞v_{p}(0)=+\infty. Ainsi, pour n⩾2n\geq2,

n=∏p∈Pp vp(n),n=\prod_{p\in\mathcal{P}}p^{\,v_{p}(n)},

produit où seuls un nombre fini de facteurs diffèrent de 11.

Théorème — propriétés des valuations. Soient a,b∈Z∗a,b\in\Z^{*}, p∈Pp\in\mathcal{P} et k∈Nk\in\N.

Formulaire
  • vp(ab)=vp(a)+vp(b)v_{p}(ab)=v_{p}(a)+v_{p}(b) et vp ⁣(ak)=k vp(a)v_{p}\!\left(a^{k}\right)=k\,v_{p}(a) ;
  • a∣b  ⟺  ∀p∈P, vp(a)⩽vp(b)\displaystyle a\mid b\iff \forall p\in\mathcal{P},\ v_{p}(a)\leq v_{p}(b) (pour a,b⩾1a,b\geq1) ;
  • vp(a∧b)=min⁡(vp(a),vp(b))\displaystyle v_{p}(a\wedge b)=\min\bigl(v_{p}(a),v_{p}(b)\bigr) et vp(a∨b)=max⁡(vp(a),vp(b))v_{p}(a\vee b)=\max\bigl(v_{p}(a),v_{p}(b)\bigr) ;
  • a∧b=1  ⟺  aa\wedge b=1\iff a et bb n’ont aucun facteur premier commun ; de min⁡+max⁡=\min+\max= somme, on retrouve (a∧b)(a∨b)=ab(a\wedge b)(a\vee b)=ab ;
  • le nombre de diviseurs positifs de n=p1α1⋯prαrn=p_{1}^{\alpha_{1}}\cdots p_{r}^{\alpha_{r}} vaut (α1+1)⋯(αr+1)(\alpha_{1}+1)\cdots(\alpha_{r}+1).

6Congruences et calcul modulaire

Définition. Soient n∈N∗n\in\N^{*} et a,b∈Za,b\in\Z. On dit que aa est congru à bb modulo nn, et l’on note a≡b [n]a\equiv b\ [n], lorsque n∣(b−a)n\mid(b-a). C’est le cas si et seulement si aa et bb ont le même reste dans la division euclidienne par nn.

Propriété. La relation ≡ [n]\equiv\ [n] est réflexive, symétrique et transitive. Elle est compatible avec les opérations : si a≡b [n]a\equiv b\ [n] et c≡d [n]c\equiv d\ [n], alors

a+c≡b+d [n],a−c≡b−d [n],ac≡bd [n],ak≡bk [n] (k∈N).a+c\equiv b+d\ [n],\qquad a-c\equiv b-d\ [n],\qquad ac\equiv bd\ [n],\qquad a^{k}\equiv b^{k}\ [n]\ (k\in\N).

Elle n’est pas compatible avec la division : voir l’encadré ci-dessous. La structure d’anneau Z/nZ\Z/n\Z est hors programme : on calcule uniquement avec les congruences.

Attention

On ne divise jamais une congruence sans précaution : 6≡12 [6]6\equiv 12\ [6] mais 1≢2 [6]1\not\equiv2\ [6]. La règle correcte est : si ac≡bc [n]ac\equiv bc\ [n] et c∧n=1c\wedge n=1, alors a≡b [n]a\equiv b\ [n] (lemme de Gauss). Plus généralement ac≡bc [n]  ⟺  a≡b [nn∧c]ac\equiv bc\ [n]\iff a\equiv b\ \left[\frac{n}{n\wedge c}\right].

Théorème — inverse modulo nn. Soient n∈N∗n\in\N^{*} et a∈Za\in\Z. Il existe a′∈Za'\in\Z tel que aa′≡1 [n]aa'\equiv1\ [n] si et seulement si a∧n=1a\wedge n=1. Un tel a′a', unique modulo nn, est appelé inverse de aa modulo nn ; on l’obtient par l’algorithme d’Euclide étendu : de au+nv=1au+nv=1 on tire a′=ua'=u.

Méthode — résoudre ax≡b [n]ax\equiv b\ [n]. poser d=a∧nd=a\wedge n.

  • Si d∤bd\nmid b : aucune solution. En effet ax≡b [n]ax\equiv b\ [n] signifie b=ax−nkb=ax-nk pour un certain k∈Zk\in\Z ; or d∣ad\mid a et d∣nd\mid n, donc dd diviserait bb.
  • Si d∣bd\mid b : l’équation équivaut à adx≡bd [nd]\frac{a}{d}x\equiv\frac{b}{d}\ \left[\frac{n}{d}\right], où ad\frac{a}{d} est inversible modulo nd\frac{n}{d} ; en notant a′a' son inverse, x≡a′bd [nd]x\equiv a'\frac{b}{d}\ \left[\frac{n}{d}\right]. Il y a alors exactement dd classes de solutions modulo nn.

Méthode — résoudre ax+by=cax+by=c dans Z2\Z^{2}. soit d=a∧bd=a\wedge b. Si d∤cd\nmid c, pas de solution. Sinon : (i) trouver une solution particulière (x0,y0)(x_{0},y_{0}) par l’algorithme d’Euclide étendu ; (ii) soustraire pour obtenir a(x−x0)=−b(y−y0)a(x-x_{0})=-b(y-y_{0}), puis simplifier par dd et appliquer le lemme de Gauss. On obtient

x=x0+bd k,y=y0−ad k,k∈Z,x=x_{0}+\frac{b}{d}\,k,\qquad y=y_{0}-\frac{a}{d}\,k,\qquad k\in\Z,

et il faut vérifier que tous ces couples sont bien solutions (la double inclusion est exigée).

Théorème — petit théorème de Fermat. Soit p∈Pp\in\mathcal{P} et a∈Za\in\Z.

  • Si p∤ap\nmid a, alors  a p−1≡1 [p]\ a^{\,p-1}\equiv1\ [p].
  • Sans hypothèse sur aa :  ap≡a [p]\ a^{p}\equiv a\ [p].

Idée de preuve (exigible). Pour p∤ap\nmid a, k↦k\mapsto reste de akak modulo pp est une bijection de ⟦1 ;p−1⟧\intent{1}{p-1} sur lui-même (si ak≡ak′ak\equiv ak' alors k≡k′k\equiv k' par Gauss, car a∧p=1a\wedge p=1). En multipliant les p−1p-1 congruences ak≡rk [p]ak\equiv r_{k}\ [p] : a p−1(p−1)!≡(p−1)! [p]a^{\,p-1}(p-1)!\equiv(p-1)!\ [p], et l’on simplifie par (p−1)!(p-1)!, premier à pp. La seconde forme s’en déduit en multipliant par aa.

Attention

L’hypothèse p∤ap\nmid a est indispensable dans la première forme : 2 3−1=4≡1 [3]2^{\,3-1}=4\equiv1\ [3], mais 3 3−1=9≡0 [3]3^{\,3-1}=9\equiv0\ [3]. Et la réciproque est fausse : a n−1≡1 [n]a^{\,n-1}\equiv1\ [n] pour tout aa premier à nn n’entraîne pas que nn soit premier (n=561n=561).

Savoir-faire
  • Effectuer une division euclidienne (y compris à dividende négatif) ; raisonner par disjonction selon le reste.
  • Dérouler l’algorithme d’Euclide, puis le remonter pour obtenir un couple de Bézout ; en déduire un inverse modulo nn.
  • Résoudre ax+by=cax+by=c dans Z2\Z^{2} et ax≡b [n]ax\equiv b\ [n], en décrivant tout l’ensemble des solutions.
  • Décomposer un entier en facteurs premiers ; calculer pgcd, ppcm, nombre de diviseurs par les valuations ; reconnaître un carré ou un cube.
  • Calculer un reste de puissance modulo nn (périodicité ou petit théorème de Fermat) ; montrer m∣f(n)m\mid f(n) en factorisant mm en facteurs premiers entre eux deux à deux.
Exempletrois calculs types
  • Euclide et Bézout. 1071=2×462+1471071=2\times462+147, 462=3×147+21462=3\times147+21, 147=7×21147=7\times21 : donc 1071∧462=211071\wedge462=21. En remontant : 21=462−3×147=462−3(1071−2×462)21=462-3\times147=462-3(1071-2\times462), soit 1071×(−3)+462×7=211071\times(-3)+462\times7=21.
  • Valuations. 6048=25×33×76048=2^{5}\times3^{3}\times7 n’est pas un carré (v7=1v_{7}=1 est impair) ; le plus petit k⩾1k\geq1 tel que 6048k6048k soit un carré est k=2×3×7=42k=2\times3\times7=42, et 6048×42=254 016=50426048\times42=254\,016=504^{2}.
  • Puissance modulo nn. 23=8≡1 [7]2^{3}=8\equiv1\ [7], et 2027=3×675+22027=3\times675+2, donc 22027=(23)675×22≡4 [7]2^{2027}=\left(2^{3}\right)^{675}\times2^{2}\equiv4\ [7].
Pièges
  • Confondre « a∧b=1a\wedge b=1 » et « aa et bb premiers » ; confondre « deux à deux » et « dans leur ensemble ».
  • Écrire un reste négatif, ou arrondir le quotient au plus proche au lieu de prendre la partie entière.
  • Lire au+bv=cau+bv=c comme « a∧b=ca\wedge b=c » : elle ne donne que (a∧b)∣c(a\wedge b)\mid c.
  • Utiliser a∣bc⇒a∣ba\mid bc\Rightarrow a\mid b ou a∣ca\mid c sans que aa soit premier : 6∣4×96\mid 4\times 9, mais 6∤46\nmid4 et 6∤96\nmid9.
  • Diviser une congruence par un entier non premier à nn ; oublier p∤ap\nmid a dans le petit théorème de Fermat.
  • S’arrêter à une solution particulière d’une équation diophantienne ; invoquer une propriété de l’anneau Z/nZ\Z/n\Z (hors programme).

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : divisibilité, division euclidienne, pgcd, nombres premiers, congruences

12 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hsans calculatrice

  1. Divisibilité : les réflexesDifficulté 1 sur 3
  2. Division euclidienneDifficulté 1 sur 3
  3. Algorithme d’EuclideDifficulté 1 sur 3
  4. Algorithme d’Euclide étenduDifficulté 2 sur 3
  5. PGCD, PPCM et homogénéitéDifficulté 1 sur 3
  6. Entiers premiers entre eux, fractions irréductiblesDifficulté 2 sur 3
  7. Nombres premiers et crible d’ÉratosthèneDifficulté 1 sur 3
  8. Décomposition en facteurs premiersDifficulté 1 sur 3
  9. Valuations pp-adiquesDifficulté 2 sur 3
  10. Congruences : premiers calculsDifficulté 1 sur 3
  11. Inverse modulo nn et congruences linéairesDifficulté 2 sur 3
  12. Petit théorème de FermatDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Application : équations diophantiennes, pgcd paramétrés, congruences, valuations

9 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 h 30sans calculatrice

  1. Équations diophantiennesDifficulté 2 sur 3
  2. PGCD dépendant d’un paramètreDifficulté 2 sur 3
  3. Reconstituer un couple d’entiersDifficulté 2 sur 3
  4. Systèmes de congruencesDifficulté 2 sur 3
  5. Divisibilités par un entier composéDifficulté 2 sur 3
  6. Valuations, carrés et fractionsDifficulté 2 sur 3
  7. Chiffres et congruencesDifficulté 2 sur 3
  8. Derniers chiffres d’une puissanceDifficulté 2 sur 3
  9. Complément Python : Euclide, Bézout et le cribleDifficulté 2 sur 3
3

Interrogation A

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Durée : 1 h — sans document ni calculatrice

3 exercicesnoté sur 20niveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3la rédaction est évaluée

  1. Questions de cours5 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Euclide, Bézout et une équation diophantienne7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Les puissances de 22 modulo 13138 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Interrogation B

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Durée : 1 h — sans document ni calculatrice

3 exercicesnoté sur 20niveau Difficulté 2 sur 3 à Difficulté 3 sur 3la rédaction est évaluée

  1. Questions de cours5 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Décomposition et valuations7 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. L’équation x2−y2=Nx^{2}-y^{2}=N8 ptsDifficulté 3 sur 3
5

Approfondissement

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Bézout autrement, Fibonacci et Euclide, familles infinies de premiers, Legendre, triplets pythagoriciens

7 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 3 hsans calculatrice

  1. Une autre démonstration du théorème de BézoutDifficulté 3 sur 3
  2. L’algorithme d’Euclide et la suite de FibonacciDifficulté 3 sur 3
  3. Une infinité de nombres premiers de la forme 4k+34k+3Difficulté 3 sur 3
  4. Les nombres de FermatDifficulté 3 sur 3
  5. La formule de LegendreDifficulté 3 sur 3
  6. Les triplets pythagoriciensDifficulté 3 sur 3
  7. La réciproque du petit théorème de Fermat est fausseDifficulté 3 sur 3
6

DS type concours

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Nombres de Mersenne, diviseurs premiers et nombres parfaits

durée : 4 hnoté sur 20quatre parties enchaînéescalculatrice interdite

7

Planche de colle

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Une question de cours et quatre exercices d’oral indépendants

4 exercicesniveaux Difficulté 1 sur 3, Difficulté 2 sur 3, Difficulté 2 sur 3, Difficulté 3 sur 3environ 20 min chacunsans calculatrice

  1. Un reste de puissanceDifficulté 1 sur 3
  2. PGCD et somme imposésDifficulté 2 sur 3
  3. Une divisibilité universelleDifficulté 2 sur 3
  4. Quand nn divise 2n−12^{n}-1Difficulté 3 sur 3

Prépa · Mathématiques : les 26 chapitres

  1. Logique et raisonnement
  2. Ensembles et applications
  3. Sommes et produits
  4. Inégalités et trigonométrie
  5. Nombres complexes
  6. Fonctions usuelles
  7. Primitives et équations différentielles
  8. Nombres réels et suites numériques
  9. Limites et continuité
  10. Dérivabilité et convexité
  11. Arithmétique des entiers relatifs
  12. Structures algébriques usuelles
  13. Calcul matriciel
  14. Polynômes et fractions rationnelles
  15. Analyse asymptotique
  16. Espaces vectoriels
  17. Dimension et applications linéaires
  18. Matrices et applications linéaires
  19. Groupe symétrique
  20. Déterminants
  21. Intégration
  22. Dénombrement
  23. Probabilités
  24. Espaces préhilbertiens
  25. Séries et familles sommables
  26. Fonctions de deux variables