AttentionLe statut de ce chapitre
Chapitre de techniques de calcul. L’étude théorique des limites, de la continuité et de la dérivabilité est reportée aux chapitres 9 et 10 : ici, les théorèmes de dérivation (opérations, composée, réciproque) et la caractérisation des fonctions monotones sont admis, conformément au programme.
1Généralités sur les fonctions
Définition. Soit une fonction d’une variable réelle. Son ensemble de définition est l’ensemble des pour lesquels existe. Sa courbe représentative dans un repère est .
Définition. Soit symétrique par rapport à (c’est-à-dire pour tout ). Une fonction est paire si , impaire si . Soit : est -périodique si , et .
Remarque. La symétrie du domaine fait partie de la définition : est paire, mais n’a aucun sens. Graphiquement : paire symétrique par rapport à ; impaire symétrique par rapport à ; -périodique invariante par la translation de vecteur .
Méthode — réduire le domaine d’étude. si est -périodique, on l’étudie sur un intervalle de longueur ; si de plus est paire ou impaire, sur la moitié de cet intervalle, et l’on complète par les symétries ci-dessus.
Propriété — transformations du graphe. Soient , . La courbe de se déduit de par la translation de vecteur ; celle de par la translation de vecteur (attention au signe) ; celle de par l’affinité verticale de rapport , celle de par l’affinité horizontale de rapport ; celle de en symétrisant par rapport à la partie de située au-dessous de l’axe.
Définition. Soit . est majorée si ; minorée si ; bornée si elle est majorée et minorée — ce qui équivaut à : est majorée. est croissante sur un intervalle si , strictement croissante si ; de même pour la décroissance ; monotone = croissante ou décroissante. Enfin admet un maximum global en si , et un maximum local en s’il existe tel que ; idem pour les minimums, un extremum étant un maximum ou un minimum.
Attention
« est majorée par » ne dit pas que est atteint : est minorée par sans jamais valoir . Ne pas confondre borne et extremum.
2Dérivation
Définition. est dérivable en si le taux d’accroissement admet une limite finie quand ; cette limite est le nombre dérivé . La tangente à au point d’abscisse a alors pour équation . L’étude théorique est faite au chapitre 10.
Théorème — opérations, admis. Soient et dérivables sur un intervalle et . Alors et sont dérivables sur , et
Si est dérivable sur , à valeurs dans un intervalle , et si est dérivable sur , alors est dérivable sur et .
Propriété — dérivées des composées usuelles. Pour dérivable et :
Théorème — dérivée d’une réciproque, admis. Soit une bijection dérivable d’un intervalle sur un intervalle , et soit . Si , alors est dérivable en et
Interprétation géométrique. Les courbes de et de sont symétriques par rapport à la droite d’équation ; la symétrie échange les tangentes, donc les pentes et . Si , la tangente horizontale devient verticale et n’est pas dérivable en .
Définition. est de classe sur si elle est dérivable sur et si est continue sur . On définit par récurrence et lorsque cela a un sens ; est de classe si existe et est continue.
Théorème — caractérisation des monotonies, admis. Soit dérivable sur un intervalle . Alors est constante sur sur ; est croissante sur sur ; est strictement croissante sur sur et ne contient aucun intervalle d’intérieur non vide.
Attention
Deux hypothèses sont indispensables. Sur un intervalle : a une dérivée sur sans y être décroissante. Et n’est pas nécessaire à la stricte croissance : est strictement croissante sur bien que . En pratique : si sauf en un nombre fini de points, est strictement croissante.
Méthode — étudier une fonction. (1) domaine de définition ; (2) parité, périodicité, réduction du domaine ; (3) domaine de dérivabilité et calcul de ; (4) signe de (factoriser !) ; (5) tableau de variations avec valeurs et limites aux bornes ; (6) conclusion : extremums, allure, tangentes.
Méthode — démontrer une inégalité sur . poser , étudier le signe de , dresser le tableau de variations de et comparer à sa valeur en un point bien choisi (souvent une borne de , où s’annule).
Remarque — dérivées partielles. Pour fonction de deux variables, est la dérivée de à fixé, et celle de à fixé. Exemple : pour , et . Tout développement théorique est hors programme à ce stade.
3Exponentielle, logarithmes, puissances
Théorème. est une bijection strictement croissante, de dérivée , vérifiant . Sa réciproque est le logarithme népérien , strictement croissant, de dérivée , vérifiant pour ; les deux courbes sont symétriques par rapport à la droite . On note (logarithme décimal), (logarithme de base ), et plus généralement pour , .
Définition. Pour et , on pose . La fonction est définie et dérivable sur , de dérivée . Pour , est aussi définie sur .
Propriété. Pour et : , , , . Suivant le signe de , est strictement croissante (), constante () ou strictement décroissante () sur . Si elle se prolonge par continuité en par la valeur .
Théorème — croissances comparées. Pour tous et :
Retenir la hiérarchie : « l’exponentielle l’emporte sur toute puissance, qui l’emporte sur tout logarithme ».
Théorème — deux inégalités fondamentales. et .
Idée de preuve (exigible). Poser : est du signe de , donc décroît sur , croît sur et atteint son minimum en , où ; d’où . De même a pour dérivée , du signe de sur , et . Dans les deux cas l’égalité a lieu uniquement en : la courbe de est au-dessus de sa tangente en , celle de au-dessous de la sienne en .
4Valeur absolue et partie entière
Propriété. est continue sur , dérivable sur de dérivée ( si , si ), mais pas dérivable en : les taux d’accroissement à droite et à gauche valent et . De même, est l’unique entier vérifiant , soit . La fonction est constante sur chaque (), donc dérivable de dérivée nulle sur ; elle n’est pas continue aux entiers. La partie fractionnaire est -périodique, à valeurs dans .
5Fonctions circulaires réciproques
Théorème — définitions ; la bijectivité est admise, elle sera justifiée au chapitre 9. induit une bijection de sur , de réciproque , impaire et strictement croissante ; induit une bijection de sur , de réciproque , strictement décroissante (ni paire ni impaire) ; induit une bijection de sur , de réciproque , impaire et strictement croissante.
Théorème — dérivées et domaines de dérivabilité — démonstration exigible.
En , et sont continues mais non dérivables (tangentes verticales).
Idée de preuve. Pour : soit avec , donc et ; le théorème de dérivation d’une réciproque donne . Or sur , donc . Même schéma pour (avec sur ) et pour (avec ).
Propriété — identités. Pour : et . Pour : , où si et si . Enfin et .
Idée de preuve (exigible). : poser , où , et utiliser — c’est la positivité de qui autorise la racine. Pour : la fonction est dérivable sur et ; est donc constante sur chacun des deux intervalles et , et , .
AttentionLe piège central du chapitre
seulement si ; seulement si ; seulement si . En revanche pour tout , sans condition. Exemple : .
Figure 1 — Les trois fonctions circulaires réciproques. Figure 2 — Les trois fonctions hyperboliques ; a pour asymptotes .
6Fonctions hyperboliques
Définition. Pour : , , .
Propriété. est paire, et sont impaires ; (donc ne s’annule jamais et est définie sur ) et . De plus
Ainsi et sont strictement croissantes sur ; décroît sur , croît sur , de minimum . Enfin et .
Théorème — seule formule exigible.
Démonstration (exigible). .
Attention
Les fonctions hyperboliques réciproques sont hors programme. On ne peut donc invoquer ni « », ni « », ni « » : pour résoudre ou , on revient à l’exponentielle et l’on pose , ce qui donne une équation du second degré en . Ne pas confondre non plus et : est définie et bornée sur tout entier.
7Fonctions à valeurs complexes
Définition. Soit , intervalle de . On note , où et sont des fonctions de dans . On dit que est dérivable si et le sont, et l’on pose alors .
Propriété. Pour dérivables et : , , là où ne s’annule pas ; en particulier et .
Théorème — dérivée de . Soit dérivable. Alors est dérivable sur et ; en particulier pour .
Méthode — dériver . écrire , dériver l’exponentielle complexe ( fois si besoin : on obtient ), puis reprendre la partie réelle. En notant avec , cela donne .
Savoir-faire
- Déterminer un ensemble de définition, réduire le domaine d’étude par parité ou périodicité.
- Dériver une composée, un quotient, une puissance , une expression ; préciser le domaine de dérivabilité. Dresser un tableau de variations complet, en déduire extremums et inégalités.
- Simplifier , , en discutant la position de ; calculer , ; montrer qu’une fonction est constante sur un intervalle en dérivant ().
- Résoudre une équation en , , en posant ; dériver une fonction à valeurs complexes et l’utiliser pour .
Exempledeux études types
- Simplification. Pour , : en posant , on a et , donc , puis .
- Inégalité. Montrons sur . La fonction est paire, et : croît et , donc sur ; ainsi croît sur avec , d’où sur , puis sur par parité.
Pièges
- Oublier le domaine de dérivabilité : en , et en , en .
- Écrire ou sans condition sur .
- Écrire sans savoir et ; confondre et .
- Utiliser pour avec ( n’a pas de sens ici) ; dériver « comme une puissance » au lieu de passer par ; oublier le facteur dans une composée ; conclure « sur donc décroissante » quand n’est pas un intervalle ; utiliser , , (hors programme) ; confondre et .