1L’ordre sur et les inégalités
Définition. On munit de la relation définie par : c’est une relation d’ordre total (réflexive, antisymétrique, transitive, et deux réels sont toujours comparables).
Propriété — compatibilité avec les opérations. Soient des réels et .
- : on peut toujours ajouter un réel aux deux membres ;
- si : ; si : (l’inégalité change de sens) ;
- et : on additionne deux inégalités de même sens ; mais et : on ne les multiplie qu’entre réels positifs ;
- si et sont de même signe et non nuls : ; et pour : ().
On ne multiplie jamais une inégalité par une quantité de signe inconnu ; on ne passe aux inverses qu’entre réels de même signe non nuls ; on ne soustrait pas deux inégalités de même sens (de et on ne tire rien sur et ) ; et n’entraîne que si ( mais ).
Notation — intervalles. Pour : , , , , et les intervalles non bornés , … On note , , et pour . Une partie de est un intervalle si et seulement si .
Méthode — résoudre une inéquation. tout ramener à la forme (ou ), factoriser, puis dresser un tableau de signes sur le domaine de définition. Pour une inéquation avec dénominateur, on ne multiplie pas par ce dénominateur : on réduit au même dénominateur et on étudie le signe du quotient.
Propriété — majorations et minorations. Si et : et (on encadre avant d’ajouter). Pour un quotient, si de plus et : .
2Valeur absolue et inégalité triangulaire
Définition. Pour , , et . Le réel est la distance de à .
Propriété. Pour et : ; ; ; () ; ; .
Propriété — lecture sur la droite réelle. Soient et . Alors
c’est-à-dire : les réels dont la distance à est au plus sont ceux de l’intervalle de centre et de rayon .
Théorème — inégalité triangulaire. Pour tous :
On en déduit et, par récurrence, .
Idée de preuve (exigible). car ; les deux membres étant positifs, on conclut par croissance de sur , l’égalité imposant . Pour la variante : , puis on échange et .
Méthode — maximum et minimum de deux réels. et : une valeur absolue permet de se débarrasser d’une disjonction de cas.
3Parties majorées, minorées, bornées ; partie entière
Définition. Soit . Un réel est un majorant de si ; un réel est un minorant si . La partie est majorée (resp. minorée) si elle admet un majorant (resp. un minorant), et bornée si elle est les deux ; est bornée si et seulement si . Enfin est le maximum de , noté , si et majore (définition analogue pour ) ; lorsqu’il existe, il est unique par antisymétrie de .
Un majorant n’a aucune raison d’appartenir à : majore , mais n’a pas de maximum (si , alors et ) : « majorée » et « admet un maximum » sont deux énoncés différents. La borne supérieure est introduite au chapitre 8 et n’est pas utilisée ici.
Théorème — partie entière. Pour tout , il existe un unique tel que . Cet entier est la partie entière de , notée .
Idée de preuve. Pour , la partie de est non vide ( n’est pas majoré) : elle admet un plus petit élément (chapitre 1) et convient. L’unicité vient de ce que deux entiers distincts diffèrent d’au moins ; le cas s’en déduit.
Propriété — caractérisation et règles de calcul. Soient et .
- : pour identifier une partie entière, on encadre ;
- , , (partie fractionnaire) ;
- pour ; ; est croissante ;
- pour et , le nombre de multiples de appartenant à est .
La partie entière n’est pas la troncature : mais (car ). De même en général () et dès que .
4Le cercle trigonométrique
Notation — congruence modulo . Pour et , on écrit lorsqu’il existe tel que . C’est une relation d’équivalence sur (chapitre 2).
Définition. Le plan est muni d’un repère orthonormé direct et désigne le cercle de centre et de rayon , dit cercle trigonométrique. À on associe l’unique point de obtenu en parcourant depuis le point d’une longueur , dans le sens direct si , indirect sinon. Les coordonnées de sont .
Propriété. Pour tous : ; et ; est paire, impaire, toutes deux -périodiques ; et
Figure 1 — Le cercle trigonométrique.
| — |
Propriété — angles associés. Pour tout : , , , , , , , . On les retrouve sur le cercle par symétrie, jamais par cœur.
5Formules d’addition, de duplication, linéarisation
Théorème — formules d’addition et de duplication. Pour tous :
Justification géométrique de (exigible). Les vecteurs et sont unitaires et l’angle orienté de vers vaut : le produit scalaire, calculé en coordonnées puis sous sa forme , donne . Les trois autres s’en déduisent en changeant en et en utilisant .
Propriété — linéarisation et factorisation. Pour tous :
Idée de preuve (exigible). Les trois premières s’obtiennent en ajoutant ou soustrayant les formules d’addition pour et ; les trois dernières en posant et , de sorte que et .
Théorème — transformation de . Soit et . Comme , il existe , unique modulo , tel que et ; alors
En particulier prend toutes les valeurs de et aucune autre.
Théorème. , avec égalité si et seulement si ; en particulier pour . Preuve admise à ce stade : pour on compare, dans le cercle, la longueur de l’arc () à celle de la corde (, donc ) ; pour , .
6La fonction tangente
Définition. Pour , on pose . La fonction est impaire et -périodique ; .
Propriété. Pour dans le domaine (et sous réserve que les quantités écrites existent) :
Propriété. Sur , est strictement croissante, de à ; elle réalise une bijection de sur . Sa dérivée, , est établie au chapitre 6.
Théorème — expression par . Soit et . Alors
Idée de preuve (exigible). et ; on conclut avec .
Figure 2 — La fonction , de période .
7Équations et inéquations trigonométriques
Théorème. Soient . Alors
Méthode — résoudre une équation trigonométrique. se ramener à l’une des trois formes ci-dessus (en factorisant, en posant , ou par ), puis écrire toutes les familles de solutions avec leur modulo ; pour restreindre à un intervalle, faire varier et ne garder que les valeurs qui y tombent.
Méthode — exemple. : en posant , donne ou , d’où ou ; une racine aurait été à rejeter car .
Méthode — résoudre une inéquation trigonométrique. placer sur le cercle les solutions de l’équation associée, puis lire l’arc sur lequel l’inégalité est vraie ; on obtient un intervalle « modulo », par exemple
8Petits systèmes linéaires et méthode du pivot
Définition. Un système linéaire de équations à inconnues réelles () s’écrit : , . Le système est homogène si tous les sont nuls. Résoudre , c’est décrire l’ensemble de ses solutions .
Propriété — opérations élémentaires. Les trois opérations suivantes sur les lignes ne modifient pas l’ensemble des solutions :
Chacune est réversible, ce qui justifie l’équivalence des systèmes successifs : on écrit à chaque étape.
Méthode — algorithme du pivot. choisir dans la première colonne un coefficient non nul (le pivot), l’amener en première ligne par un échange, puis éliminer l’inconnue correspondante dans toutes les autres lignes par . Recommencer sur le système restant : on obtient un système échelonné, que l’on résout « en remontant ». Trois issues : une unique solution ; aucune solution (une ligne devient avec ) ; une infinité de solutions, décrites par un ou deux paramètres.
Remarque — interprétation géométrique. Dans , (avec ) est une droite : deux droites sont sécantes (une solution), parallèles distinctes (aucune) ou confondues (une infinité). Dans , (avec ) est un plan : trois plans se coupent en un point, en une droite, en un plan, ou n’ont aucun point commun.
- Résoudre une inéquation par factorisation et tableau de signes ; encadrer une somme, un produit, un quotient ; majorer une somme par télescopage. Manipuler : résoudre , utiliser l’inégalité triangulaire et ses variantes, traiter une somme de valeurs absolues par disjonction des cas.
- Déterminer majorants, minorants, maximum et minimum d’une partie de , prouver qu’un maximum n’existe pas, identifier une partie entière par encadrement. Calculer une valeur exacte (, ) par addition ou duplication ; linéariser ; transformer ; résoudre équations et inéquations trigonométriques sur le cercle, avec le bon modulo ; résoudre un système ou par le pivot et l’interpréter géométriquement.
- Multiplier une inéquation par ou par sans discuter le signe ; passer aux inverses sans vérifier le signe ; simplifier une inéquation par une racine carrée. Écrire sans vérifier ; oublier une des deux familles de solutions de .
- Confondre « majorée » et « admet un maximum » ; annoncer sans vérifier que le candidat appartient à . Écrire ou . Ne donner que les solutions d’un intervalle de référence : il faut le modulo ( pour et , pour ) et les deux familles pour et . Diviser par sans exclure ; travailler en degrés. Dans le pivot, multiplier une ligne par ou faire : l’équivalence est perdue.