1Signe de la dérivée et sens de variation
Théorème — admis. Soit une fonction dérivable sur un intervalle .
- Si pour tout , alors est croissante sur .
- Si pour tout , alors est décroissante sur .
- Si sur , sauf éventuellement en un nombre fini de points où elle s’annule, alors est strictement croissante sur (de même pour la décroissance stricte).
- Réciproquement, si est croissante (resp. décroissante) sur , alors (resp. ) pour tout .
- est constante sur si, et seulement si, pour tout .
Remarque. Le mot intervalle est essentiel : a une dérivée négative sur et sur , mais elle n’est pas décroissante sur la réunion de ces deux intervalles.
2Extremums
Définition. admet un maximum local en s’il existe un intervalle ouvert contenant sur lequel ; on définit de même un minimum local. Un extremum est global sur si l’inégalité vaut pour tout de .
Théorème. Si , dérivable sur , admet un extremum local en un réel intérieur à (pas en une borne), alors : la tangente en ce point est horizontale.
Propriété — réciproque partielle. Si s’annule en en changeant de signe, alors est un extremum local. Si s’annule sans changer de signe, il n’y a pas d’extremum : pour , mais est strictement croissante sur .
3Étudier une fonction et dresser son tableau de variations
Méthode — les quatre étapes. 1. préciser l’intervalle d’étude ; 2. calculer et la factoriser ; 3. étudier le signe de (signe d’un produit, d’un trinôme) ; 4. dresser le tableau de variations en indiquant les valeurs de aux bornes et aux extremums.
Remarque. Un tableau de variations permet ensuite de comparer des images, de déterminer le nombre de solutions d’une équation , ou de justifier une inégalité. On admet que la courbe d’une fonction dérivable se trace « sans lever le crayon » : sur un intervalle où est strictement monotone, elle prend une fois et une seule chaque valeur comprise entre ses valeurs aux bornes.
Figure 1 — Tableau de variations de sur , avec .
4Optimisation, inégalités et position relative de deux courbes
Méthode — problème d’optimisation. choisir la variable et l’intervalle où elle varie, exprimer la grandeur à optimiser (aire, volume, coût, bénéfice) en fonction de cette variable, dériver, dresser le tableau de variations et conclure en revenant à la question posée.
Méthode — inégalité ou position relative. pour comparer et sur , étudier la fonction différence : là où , la courbe de est au-dessus de celle de ; là où , elle est en dessous ; donne les points d’intersection.
Remarque. Pour un trinôme , la dérivée s’annule en en changeant de signe : on retrouve le sommet de la parabole et l’extremum vus au chapitre 1. En algorithmique, la méthode de Newton approche une solution de en remplaçant, à chaque étape, la courbe par sa tangente.
5Fonctions paires et fonctions impaires
Définition. Soit définie sur un ensemble symétrique par rapport à (si , alors ).
- est paire si pour tout : sa courbe est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées.
- est impaire si pour tout : sa courbe est symétrique par rapport à l’origine du repère.
Méthode — montrer une parité. vérifier d’abord que est symétrique, puis calculer et le comparer à et à . Pour prouver que n’est pas paire (ou pas impaire), un contre-exemple suffit : un réel tel que (ou ) ; souvent, le même réel règle les deux cas.
6Savoir-faire du chapitre
- Déduire le sens de variation d’une fonction du signe de sa dérivée et dresser un tableau de variations complet.
- Déterminer les extremums locaux et globaux d’une fonction sur un intervalle.
- Exploiter un tableau de variations : comparer des images, encadrer , dénombrer les solutions de .
- Résoudre un problème d’optimisation (aire, volume, coût, bénéfice) en revenant au contexte.
- Établir une inégalité ou étudier la position relative de deux courbes par la fonction différence.
- Reconnaître et démontrer qu’une fonction est paire ou impaire, et en déduire une symétrie de sa courbe.
7Exemples types
Soit sur . Alors , positive à l’extérieur des racines. D’où le tableau de la figure 1 : admet un maximum local , un minimum local ; sur , son maximum est et son minimum .
Dans un carré de carton de de côté, on découpe aux quatre coins des carrés de côté , puis on relève les bords : le volume de la boîte obtenue est pour . En développant, , donc ; comme sur , est du signe de : croît sur puis décroît sur . Le volume est maximal pour et vaut .
Montrons que pour tout . Posons sur : , du signe de . Donc décroît sur et croît sur : son minimum est , d’où l’inégalité.
est définie sur et : est paire. vérifie : est impaire. n’est ni l’un ni l’autre, car alors que .
- Le théorème ne s’applique que sur un intervalle : ne jamais écrire « décroissante sur ».
- n’assure pas un extremum : il faut que change de signe en ( en ).
- Ne pas confondre le signe de et celui de : une fonction croissante peut être négative.
- Un extremum atteint à une borne de l’intervalle n’annule pas forcément la dérivée.
- Dans un problème d’optimisation, ne pas oublier l’intervalle de variation et la réponse en langue française (dimensions, prix…).
- Pour la parité, vérifier d’abord la symétrie de l’ensemble de définition : n’est ni paire ni impaire, faute de domaine symétrique.