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Première spécialité · Mathématiques · Chapitre 12

Variables aléatoires

Fiche de cours5 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Variable aléatoire et loi de probabilité

Définition. Une variable aléatoire XX définie sur un univers fini Ω\Omega est une fonction qui associe un nombre réel à chaque issue de l’expérience aléatoire.

Notation. Pour un réel aa, {X=a}\{X=a\} est l’événement « XX prend la valeur aa » ; on note P(X=a)P(X=a) sa probabilité. De même {X⩽a}\{X\leq a\}, {X<a}\{X<a\}, {X⩾a}\{X\geq a\}, et P(X⩽a)P(X\leq a) est la somme des P(X=xi)P(X=x_{i}) pour les valeurs xix_{i} inférieures ou égales à aa.

Définition. La loi de probabilité de XX est la donnée des valeurs x1,…,xnx_{1},\dots,x_{n} prises par XX et des probabilités pi=P(X=xi)p_{i}=P(X=x_{i}) ; on la présente dans un tableau. On a toujours p1+p2+⋯+pn=1p_{1}+p_{2}+\dots+p_{n}=1.

Méthode — déterminer une loi. Repérer les valeurs prises par XX ; pour chacune, décrire l’événement correspondant et calculer sa probabilité (dénombrement, tableau croisé, arbre pondéré) ; vérifier enfin que la somme des probabilités vaut 11. La loi se visualise par un diagramme en bâtons.

2Espérance, variance, écart type

Définition. L’espérance de XX est le nombre

E(X)=p1x1+p2x2+⋯+pnxn.E(X)=p_{1}x_{1}+p_{2}x_{2}+\dots+p_{n}x_{n}.

C’est la moyenne des valeurs de XX pondérées par leurs probabilités : sur un très grand nombre de répétitions de l’expérience, la moyenne des valeurs observées se rapproche de E(X)E(X).

Définition. La variance et l’écart type de XX sont

V(X)=∑i=1npi(xi−E(X))2 ⩾0,σ(X)=V(X).V(X)=\sum_{i=1}^{n}p_{i}\bigl(x_{i}-E(X)\bigr)^{2}\ \geq0,\qquad \sigma(X)=\sqrt{V(X)}.

Ils mesurent la dispersion des valeurs de XX autour de E(X)E(X) ; σ(X)\sigma(X) s’exprime dans la même unité que XX.

Théorème — formule de König-Huygens. V(X)=E ⁣(X2)−E(X)2V(X)=E\!\left(X^{2}\right)-E(X)^{2}, où E ⁣(X2)=p1x12+⋯+pnxn2E\!\left(X^{2}\right)=p_{1}x_{1}^{2}+\dots+p_{n}x_{n}^{2}. C’est la formule à utiliser pour les calculs.

Figure 1 — Diagramme en bâtons de la loi du nombre de succès de 33 épreuves de Bernoulli de paramètre p=0,8p=0{,}8.

Propriété — linéarité. Pour tous réels aa et bb :

E(aX+b)=a E(X)+b,V(aX+b)=a2V(X),σ(aX+b)=∣a∣ σ(X).E(aX+b)=a\,E(X)+b,\qquad V(aX+b)=a^{2}V(X),\qquad \sigma(aX+b)=\abs{a}\,\sigma(X).

Ajouter bb décale l’espérance mais ne change pas la dispersion ; multiplier par aa multiplie l’écart type par ∣a∣\abs a.

Méthode — calculer EE, VV et σ\sigma. Dresser le tableau de la loi, puis ajouter une ligne pixip_{i}x_{i} et une ligne pixi2p_{i}x_{i}^{2} : leurs sommes donnent E(X)E(X) et E ⁣(X2)E\!\left(X^{2}\right), d’où V(X)V(X) par König-Huygens, puis σ(X)\sigma(X).

3Nombre de succès, jeux, échantillons

Définition. Un jeu est équitable lorsque l’espérance du gain algébrique GG du joueur est nulle : E(G)=0E(G)=0. Si E(G)>0E(G)>0, le jeu est favorable au joueur ; si E(G)<0E(G)<0, il lui est défavorable. Le gain algébrique tient compte de la mise.

Propriété — nombre de succès. On répète nn fois (n⩽4n\leq4), de façon indépendante, une épreuve de Bernoulli de paramètre pp, et on note XX le nombre de succès. La loi de XX s’obtient avec l’arbre : P(X=k)P(X=k) est le nombre de chemins à kk succès, multiplié par pk(1−p)n−kp^{k}(1-p)^{n-k}.

Remarque — simulation. Un échantillon de taille nn est la liste des valeurs obtenues en répétant nn fois l’expérience de façon indépendante ; sa moyenne MM varie d’un échantillon à l’autre, mais s’écarte rarement de μ=E(X)\mu=E(X) de plus de 2σn\dfrac{2\sigma}{\sqrt n}, où σ=σ(X)\sigma=\sigma(X) : plus nn est grand, plus MM est proche de μ\mu.

Remarque — algorithme. La fonction esperance_variance reçoit la liste des valeurs et celle des probabilités, et renvoie l’espérance et la variance de la loi ; la fonction moyenne_echantillon simule un échantillon de taille nn du lancer d’un dé équilibré et en renvoie la moyenne.

def esperance_variance(x, p):
    e = sum(p[i] * x[i] for i in range(len(x)))
    e2 = sum(p[i] * x[i] ** 2 for i in range(len(x)))
    return e, e2 - e ** 2
from random import randint
def moyenne_echantillon(n):
    s = 0
    for i in range(n):
        s = s + randint(1, 6)
    return s / n

4Savoir-faire du chapitre

Savoir-faire
  • Modéliser une situation par une variable aléatoire ; interpréter et utiliser les notations {X=a}\{X=a\} et P(X⩽a)P(X\leq a).
  • Déterminer la loi de probabilité de XX et la représenter par un diagramme en bâtons.
  • Calculer E(X)E(X), V(X)V(X) (par König-Huygens) et σ(X)\sigma(X), et les interpréter.
  • Utiliser la linéarité pour passer de XX à aX+baX+b (changement d’unité, gain net, bénéfice).
  • Étudier un jeu (équitable ou non), comparer deux stratégies ; déterminer la loi du nombre de succès de n⩽4n\leq4 épreuves de Bernoulli.

5Exemples types

Exempleloi, espérance et variance

Un joueur lance un dé équilibré ; son gain algébrique XX, en euros, vaut 1010 si le résultat est 66, et −2-2 sinon. Loi : P(X=10)=16P(X=10)=\frac16, P(X=−2)=56P(X=-2)=\frac56. Alors E(X)=106−106=0E(X)=\frac{10}{6}-\frac{10}{6}=0 : le jeu est équitable. De plus E ⁣(X2)=1006+4×56=20E\!\left(X^{2}\right)=\frac{100}{6}+\frac{4\times5}{6}=20, donc V(X)=20−02=20V(X)=20-0^{2}=20 et σ(X)=25≈4,47\sigma(X)=2\sqrt5\approx4{,}47.

Exemplelinéarité

Une température XX en degrés Celsius vérifie E(X)=18E(X)=18 et σ(X)=5\sigma(X)=5. En degrés Fahrenheit, Y=1,8X+32Y=1{,}8X+32 : E(Y)=1,8×18+32=64,4E(Y)=1{,}8\times18+32=64{,}4, V(Y)=1,82×25=81V(Y)=1{,}8^{2}\times25=81 et σ(Y)=1,8×5=9\sigma(Y)=1{,}8\times5=9.

Exemplenombre de succès

Un joueur marque chaque lancer franc avec la probabilité 0,80{,}8 et en tire 33, de façon indépendante ; XX est le nombre de paniers. L’arbre donne P(X=0)=0,23=0,008P(X=0)=0{,}2^{3}=0{,}008, P(X=1)=3×0,8×0,22=0,096P(X=1)=3\times0{,}8\times0{,}2^{2}=0{,}096, P(X=2)=3×0,82×0,2=0,384P(X=2)=3\times0{,}8^{2}\times0{,}2=0{,}384 et P(X=3)=0,83=0,512P(X=3)=0{,}8^{3}=0{,}512 (somme 11). Alors E(X)=0,096+2×0,384+3×0,512=2,4E(X)=0{,}096+2\times0{,}384+3\times0{,}512=2{,}4 paniers en moyenne.

Exemplejeu équitable

Un jeu coûte 22 euros : on tire une carte d’un jeu de 3232 cartes ; un as rapporte 66 euros, une figure 22 euros, les autres cartes rien. Le gain brut XX vérifie P(X=6)=432=18P(X=6)=\frac{4}{32}=\frac18, P(X=2)=1232=38P(X=2)=\frac{12}{32}=\frac38 et P(X=0)=12P(X=0)=\frac12, donc E(X)=68+68=1,5E(X)=\frac68+\frac68=1{,}5. Le gain algébrique est G=X−2G=X-2, d’espérance E(G)=1,5−2=−0,5E(G)=1{,}5-2=-0{,}5 : le jeu est défavorable au joueur, qui perd en moyenne 0,500{,}50 euro par partie. Il serait équitable pour une mise de 1,501{,}50 euro.

Pièges
  • Vérifier systématiquement que la somme des probabilités de la loi vaut 11 ; une probabilité négative ou supérieure à 11 signale une erreur.
  • E(X)E(X) n’est pas toujours une valeur prise par XX (ici 2,42{,}4 paniers) : c’est une moyenne, pas un résultat possible.
  • Dans V(X)=E ⁣(X2)−E(X)2V(X)=E\!\left(X^{2}\right)-E(X)^{2}, E ⁣(X2)E\!\left(X^{2}\right) se calcule avec les xi2x_{i}^{2} et les mêmes pip_{i} ; ce n’est pas E(X)2E(X)^{2}.
  • V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^{2}V(X) : le bb disparaît et le aa est au carré ; pour l’écart type, c’est ∣a∣\abs a, jamais aa s’il est négatif.
  • Un jeu équitable se juge sur le gain algébrique (mise déduite), et non sur le montant reçu.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

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Les bases : loi de probabilité, notations, espérance, variance, écart type, linéarité, jeu équitable

7 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3 à Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hsans calculatrice

  1. Une loi donnée par un tableauDifficulté 1 sur 3
  2. La pêche aux canardsDifficulté 1 sur 3
  3. Changer d’unité : la linéaritéDifficulté 2 sur 3
  4. Lire un diagramme en bâtonsDifficulté 1 sur 3
  5. Deux dés tétraédriques : un tableau à double entréeDifficulté 2 sur 3
  6. Le trousseau de clés : une loi obtenue par un arbreDifficulté 2 sur 3
  7. La loterie de l’associationDifficulté 2 sur 3
2

Exercices d'application

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Application : assurance, lancers francs, surréservation, programmes Python, moyenne d’un échantillon

5 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 h 30calculatrice autorisée

  1. Assurer un smartphoneDifficulté 2 sur 3
  2. Tirs au basket : trois lancers francsDifficulté 2 sur 3
  3. La surréservation d’un avion-taxiDifficulté 2 sur 3
  4. Une fonction Python pour l’espérance et la varianceDifficulté 2 sur 3
  5. Simuler des échantillons : l’écart 2σ/n2\sigma/\sqrt nDifficulté 2 sur 3
3

Contrôle A

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QCM, contrôle de colis, tir aux ballons à la fête foraine, paris à la roulette

Durée : 1 hsans calculatrice4 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questionnaire à choix multiples5 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Le contrôle des colis5 ptsDifficulté 1 sur 3
  3. Le tir aux ballons6 ptsDifficulté 2 sur 3
  4. Trois paris à la roulette4 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Contrôle B

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Vrai ou faux, un QCM au hasard avec pénalité, l’extension de garantie, simulation au jeu de fléchettes

Durée : 1 hsans calculatrice4 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Vrai ou faux ?4 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Répondre au hasard à un QCM avec pénalité5 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Faut-il acheter l’extension de garantie ?6 ptsDifficulté 2 sur 3
  4. Simuler des séries de fléchettes5 ptsDifficulté 2 sur 3
5

Approfondissement

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Pour aller plus loin : démonstrations de cours, tests groupés, relancer ou s’arrêter, le paradoxe de Saint-Pétersbourg, espérance du nombre de succès, inégalité de Bienaymé-Tchebychev

6 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 3 hcalculatrice autorisée

  1. Démonstrations : linéarité et formule de König-HuygensDifficulté 3 sur 3
  2. Des tests groupés pour économiser des analysesDifficulté 3 sur 3
  3. Relancer ou s’arrêter ?Difficulté 3 sur 3
  4. Le paradoxe de Saint-PétersbourgDifficulté 3 sur 3
  5. L’espérance du nombre de succèsDifficulté 3 sur 3
  6. L’inégalité de Bienaymé-TchebychevDifficulté 3 sur 3
6

Type épreuve anticipée

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Partie 1 : douze questions d’automatismes — Partie 2 : le stock du marchand de glaces, étude d’une fonction, les poissons d’un lac

Durée : 2 hsans calculatriceQCM et 3 exercicesbarème sur 20

  1. Questionnaire à choix multiples6 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Le stock du marchand de glaces6 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Étude d’une fonction4 ptsDifficulté 2 sur 3
  4. Les poissons d’un lac4 ptsDifficulté 2 sur 3

Première · Mathématiques : les 13 chapitres

  1. Second degré
  2. Suites numériques : généralités
  3. Suites arithmétiques et géométriques
  4. Nombre dérivé et tangente
  5. Fonctions dérivées
  6. Variations et extremums
  7. Fonction exponentielle
  8. Trigonométrie
  9. Produit scalaire
  10. Géométrie repérée
  11. Probabilités conditionnelles et indépendance
  12. Variables aléatoires
  13. Épreuve anticipée de mathématiques