1Électrons de valence, duet et octet
Définition. Les électrons de valence d’un atome sont les électrons de sa couche électronique externe ; ce sont les seuls qui interviennent dans les liaisons. Leur nombre se lit sur la configuration électronique (par exemple : 1s 2s 2p, soit électrons de valence).
Propriété — règles du duet et de l’octet. dans la plupart des entités stables, l’atome d’hydrogène s’entoure de électrons (duet) et les atomes , , , , , , s’entourent de électrons (octet). Les exceptions (ion , …) se signalent par une lacune électronique.
2Schéma de Lewis d’une molécule ou d’un ion
Définition. Le schéma de Lewis représente tous les électrons de valence de l’entité, groupés par paires appelées doublets : un doublet liant (trait entre deux atomes) est partagé par deux atomes, un doublet non liant (trait porté par un seul atome) appartient à cet atome seul. Une lacune électronique (rectangle vide) signale un doublet manquant pour atteindre l’octet (ou le duet pour ).
Méthode — établir un schéma de Lewis. compter le nombre total d’électrons de valence des atomes et retrancher la charge de l’entité : ; en déduire le nombre de doublets ; choisir l’atome central (le moins électronégatif, jamais ) et former une liaison simple avec chaque atome voisin ; placer les doublets restants en doublets non liants pour compléter les octets ; s’il manque des électrons à l’atome central, former une ou plusieurs liaisons multiples.
Définition. La charge formelle d’un atome dans l’entité vaut
où est son nombre d’électrons de valence à l’état isolé. La somme des charges formelles est égale à la charge de l’entité.
3Géométrie autour d’un atome central
Propriété. Les doublets, liants comme non liants, portés par l’atome central sont chargés négativement : ils se repoussent et s’orientent de façon à être le plus éloignés possible les uns des autres. Une liaison multiple compte pour une seule direction.
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Figure 1 — Géométries usuelles. En représentation de Cram, un trait est dans le plan de la feuille, un triangle plein pointe vers l’avant, un triangle hachuré vers l’arrière.
4Électronégativité, liaison polarisée, molécule polaire
Définition. L’électronégativité d’un atome mesure son aptitude à attirer vers lui les électrons du doublet qu’il partage. Dans le tableau périodique, augmente de la gauche vers la droite d’une période et du bas vers le haut d’une colonne : le fluor est l’élément le plus électronégatif.
Figure 2 — Électronégativités de Pauling des trois premières périodes.
Définition. Une liaison A–B est polarisée lorsque : l’atome le plus électronégatif porte une charge partielle , l’autre . Une molécule est polaire si elle possède au moins une liaison polarisée et si les barycentres des charges partielles positives et négatives ne coïncident pas ; sinon elle est apolaire.
Méthode — déterminer si une molécule est polaire. établir le schéma de Lewis, en déduire la géométrie, repérer les liaisons polarisées et placer et ; si la molécule est symétrique (liaisons identiques réparties symétriquement autour de l’atome central), les barycentres coïncident et la molécule est apolaire.
5Savoir-faire du chapitre
- Déterminer le nombre d’électrons de valence d’un atome à partir de sa configuration électronique.
- Établir le schéma de Lewis d’une molécule ou d’un ion mono- ou polyatomique, avec liaisons multiples, doublets non liants et lacune électronique.
- Calculer une charge formelle et vérifier que la somme redonne la charge de l’entité.
- Prévoir la géométrie autour d’un atome central et la représenter en Cram.
- Déterminer si une liaison est polarisée et placer les charges partielles à partir des électronégativités.
- Conclure sur le caractère polaire ou apolaire d’une molécule en raisonnant sur sa géométrie.
6Exemples types
Ion ammonium : électrons, soit doublets, tous liants ( liaisons ). Charge formelle de l’azote : ; celle de chaque : . La somme vaut bien . Quatre directions autour de : géométrie tétraédrique.
: électrons, soit doublets avec doublets non liants sur chaque oxygène. : les liaisons sont polarisées. Mais la molécule est linéaire et symétrique : les deux se compensent, le barycentre des charges négatives est confondu avec le du carbone. est apolaire.
: électrons, soit doublets : liants et non liants sur l’oxygène géométrie coudée. : les liaisons sont polarisées, l’oxygène portant . La molécule étant coudée, les barycentres ne coïncident pas : l’eau est polaire, ce qui explique son pouvoir dissolvant.
- Oublier de retrancher la charge de l’ion : pour un cation on enlève des électrons, pour un anion on en ajoute ().
- Placer un atome d’hydrogène au centre d’une entité : ne forme qu’une seule liaison.
- Oublier les doublets non liants dans la géométrie : ce sont eux qui font passer de tétraédrique à pyramidale () ou coudée ().
- Compter une double liaison pour deux directions : elle n’en occupe qu’une seule ( est linéaire).
- Conclure qu’une molécule est polaire dès qu’elle a des liaisons polarisées : la géométrie peut les compenser (, ).
- Confondre charge formelle (entier, notée ou ) et charge partielle (, , fraction de charge due à la polarisation).