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Première spécialité · Physique-chimie · Constitution et transformations de la matière · Chapitre 10

Combustions et énergie chimique

Fiche de cours5 min de lecturePar Robin RinguetMise à jour : octobre 2026

1Combustion complète d’un combustible organique

Définition. Une combustion est une transformation entre un combustible (alcane, alcool, dihydrogène : le réducteur) et un comburant, le dioxygène OX2\ce{O2} de l’air (l’oxydant) : c’est une réaction d’oxydoréduction, exothermique et rapide, entretenue par une source de chaleur (triangle du feu : combustible, comburant, énergie d’activation).

Propriété — combustion complète. les seuls produits sont le dioxyde de carbone et l’eau :

CXnHX2n+2+3n+12 OX2 ⟶ n COX2+(n+1) HX2Oexemple : 2 CX4HX10+13 OX2→8 COX2+10 HX2O\ce{C_{n}H_{2n+2}}+\frac{3n+1}{2}\,\ce{O2}\ \longrightarrow\ n\,\ce{CO2}+(n+1)\,\ce{H2O}\qquad\text{exemple : $\ce{2 C4H10 + 13 O2 -> 8 CO2 + 10 H2O}$}

Pour un alcool, on tient compte de l’atome d’oxygène déjà présent : CX2HX6O+3 OX2→2 COX2+3 HX2O\ce{C2H6O + 3 O2 -> 2 CO2 + 3 H2O}.

Notation. Tests des produits : le COX2\ce{CO2} trouble l’eau de chaux ; l’eau fait bleuir le sulfate de cuivre anhydre (blanc).

Définition. Une combustion incomplète se produit lorsque le dioxygène est en défaut : il se forme aussi du carbone (suies, flamme jaune et éclairante) et du monoxyde de carbone CO\ce{CO}, gaz incolore et inodore, très toxique (il se fixe sur l’hémoglobine à la place du dioxygène). Une partie de l’énergie du combustible n’est pas libérée : la combustion incomplète est moins efficace et dangereuse — d’où l’entretien des appareils et l’aération des locaux.

2Énergie molaire de réaction

Définition. L’énergie de liaison E(A−B)E(\ce{A-B}) est l’énergie qu’il faut fournir pour rompre une mole de liaisons A−B\ce{A-B}, les espèces étant à l’état gazeux (en kJ⋅mol−1{\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}}, toujours positive). La former libère la même énergie.

Propriété. L’énergie molaire de réaction ErE_r, pour la réaction telle qu’elle est écrite, s’estime par

Er=∑E(liaisons rompues)⏟reˊactifs−∑E(liaisons formeˊes)⏟produits(kJ⋅mol−1)E_r=\underbrace{\sum E(\text{liaisons rompues})}_{\text{réactifs}}-\underbrace{\sum E(\text{liaisons formées})}_{\text{produits}}\qquad ({\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}})

Er<0E_r<0 : la réaction est exothermique (elle cède de l’énergie au milieu extérieur) ; Er>0E_r>0 : endothermique. Pour une combustion, on écrit l’équation avec le coefficient 1 devant le combustible (quitte à avoir un coefficient fractionnaire devant OX2\ce{O2}) : ErE_r est alors l’énergie molaire de combustion, rapportée à une mole de combustible, et l’énergie libérée par nn moles de combustible vaut Q=n ∣Er∣Q=n\,\abs{E_r} (en kJ{\mathrm{kJ}} si ErE_r est en kJ⋅mol−1{\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}}).

3Pouvoir calorifique et bilan d’énergie

Définition. Le pouvoir calorifique massique PC d’un combustible est l’énergie libérée par la combustion complète d’un kilogramme (ou d’un gramme) de ce combustible :

PC=∣Er∣MetQ=m×PC\mathrm{PC}=\frac{\abs{E_r}}{M}\qquad\text{et}\qquad Q=m\times \mathrm{PC}

avec ErE_r rapportée à une mole de combustible et MM la masse molaire du combustible ; 1 kJ⋅g−1=1 MJ⋅kg−1{1\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{g}^{-1}}={1\,\mathrm{MJ}{\cdot}\mathrm{kg}^{-1}}.

Méthode — calorimétrie. l’énergie reçue par une masse meaum_{\text{eau}} d’eau dont la température s’élève de Δθ\Delta\theta vaut Qeau=meau ceau ΔθQ_{\text{eau}}=m_{\text{eau}}\,c_{\text{eau}}\,\Delta\theta. Le rendement du dispositif est η=Qeau/Q\eta=Q_{\text{eau}}/Q, où QQ est l’énergie libérée par le combustible brûlé : il est toujours inférieur à 1 (pertes vers l’air, le récipient, vapeur d’eau emportée).

4Enjeux énergétiques et environnementaux

Propriété. La combustion d’un combustible fossile (gaz naturel, pétrole, charbon) libère du COX2\ce{CO2}, gaz à effet de serre. Pour comparer deux carburants, on calcule la masse de COX2\ce{CO2} émise par unité d’énergie libérée : n(COX2)×M(COX2)∣Er∣\dfrac{n(\ce{CO2})\times M(\ce{CO2})}{\abs{E_r}}, de l’ordre de 54 g⋅MJ−1{54\,\mathrm{g}{\cdot}\mathrm{MJ}^{-1}} pour le méthane et de 69 g⋅MJ−1{69\,\mathrm{g}{\cdot}\mathrm{MJ}^{-1}} pour l’heptane : plus la molécule est riche en hydrogène, moins elle émet.

Remarque. Les biocarburants, issus de la biomasse, rejettent du COX2\ce{CO2} qui a été prélevé dans l’atmosphère par les plantes ; leur bilan dépend de l’énergie dépensée pour les produire et de l’usage des terres. Le dihydrogène a un pouvoir calorifique élevé (120 kJ⋅g−1{120\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{g}^{-1}}) et ne produit que de l’eau : 2 HX2+OX2→2 HX2O\ce{2 H2 + O2 -> 2 H2O}, mais il n’est propre que s’il est produit sans émettre de COX2\ce{CO2}.

DonnéesValeurs de référence
LiaisonH−H\ce{H-H}C−H\ce{C-H}C−C\ce{C-C}C−O\ce{C-O}O−H\ce{O-H}O=O\ce{O=O}C=O\ce{C=O} (COX2\ce{CO2})
EE (kJ⋅mol−1{\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}})436436413413348348358358463463498498804804

ceau=4,18 J⋅g−1⋅∘C−1c_{\text{eau}}={4{,}18\,\mathrm{J}{\cdot}\mathrm{g}^{-1}{\cdot}{}^{\circ}\mathrm{C}^{-1}} • MM (g⋅mol−1{\mathrm{g}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}}) : H\ce{H} : 1,01{,}0 ; C\ce{C} : 12,012{,}0 ; O\ce{O} : 16,016{,}0 • 1 kWh=3,6 MJ{1\,\mathrm{kWh}}={3{,}6\,\mathrm{MJ}} • PC : méthane 50 kJ⋅g−1{50\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{g}^{-1}}, essence 43 kJ⋅g−1{43\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{g}^{-1}}, dihydrogène 120 kJ⋅g−1{120\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{g}^{-1}}.

5Savoir-faire du chapitre

Savoir-faire
  • Écrire et ajuster l’équation de la combustion complète d’un alcane ou d’un alcool, et celle d’une combustion incomplète.
  • Dénombrer les liaisons rompues et formées, puis estimer l’énergie molaire de réaction et conclure sur son caractère exothermique.
  • Calculer un pouvoir calorifique, l’énergie libérée par une masse de combustible, et la masse de combustible nécessaire à un besoin donné.
  • Exploiter une expérience de calorimétrie : énergie reçue par l’eau, rendement du dispositif.
  • Comparer deux combustibles par leur pouvoir calorifique et par la masse de COX2\ce{CO2} émise par unité d’énergie.

6Exemples types

Exempleénergie molaire de réaction

Pour CHX4(g)+2 OX2(g)→COX2(g)+2 HX2O(g)\ce{CH4(g) + 2 O2(g) -> CO2(g) + 2 H2O(g)} : on rompt 4 liaisons C−H\ce{C-H} et 2 liaisons O=O\ce{O=O}, on forme 2 liaisons C=O\ce{C=O} et 4 liaisons O−H\ce{O-H}. D’où Er=(4×413+2×498)−(2×804+4×463)=2648−3460=−812 kJ⋅mol−1E_r=(4\times 413+2\times 498)-(2\times 804+4\times 463)=2648-3460={-812\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}} : la combustion est exothermique.

Exemplepouvoir calorifique

Avec M(CHX4)=16,0 g⋅mol−1M(\ce{CH4})={16{,}0\,\mathrm{g}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}} : PC=812/16,0=50,8 kJ⋅g−1\mathrm{PC}=812/16{,}0={50{,}8\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{g}^{-1}}, soit 50,8 MJ⋅kg−1{50{,}8\,\mathrm{MJ}{\cdot}\mathrm{kg}^{-1}}. Brûler 2,0 kg{2{,}0\,\mathrm{kg}} de méthane libère Q=m×PC=2,0 kg×50,75 MJ⋅kg−1≈1,0×102 MJQ=m\times\mathrm{PC}={2{,}0\,\mathrm{kg}}\times{50{,}75\,\mathrm{MJ}{\cdot}\mathrm{kg}^{-1}}\approx{1{,}0\times10^{2}\,\mathrm{MJ}} (deux chiffres significatifs, comme la masse), soit environ 28 kWh{28\,\mathrm{kWh}}.

Exemplecalorimétrie et rendement

Sur une plaque au gaz, meau=2,00 kgm_{\text{eau}}={2{,}00\,\mathrm{kg}} d’eau passe de 15,0∘C{15{,}0{}^{\circ}\mathrm{C}} à 95,0∘C{95{,}0{}^{\circ}\mathrm{C}} en brûlant 30,0 g{30{,}0\,\mathrm{g}} de méthane (PC=50,0 kJ⋅g−1\mathrm{PC}={50{,}0\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{g}^{-1}}). Qeau=2000×4,18×80,0=6,69×105 J=669 kJQ_{\text{eau}}=2000\times 4{,}18\times 80{,}0={6{,}69\times10^{5}\,\mathrm{J}}={669\,\mathrm{kJ}} et Q=30,0×50,0=1,50×103 kJQ=30{,}0\times 50{,}0={1{,}50\times10^{3}\,\mathrm{kJ}}, donc η=669/1500=44,6%\eta=669/1500={44{,}6\%}.

Exemplemasse de COX2\ce{CO2} émise

La combustion de 1,0 mol{1{,}0\,\mathrm{mol}} de méthane libère 812 kJ{812\,\mathrm{kJ}} et produit 1,0 mol{1{,}0\,\mathrm{mol}} de COX2\ce{CO2}, soit m=1,0×44=44 gm=1{,}0\times 44={44\,\mathrm{g}} : l’émission vaut 44/0,812=54 g⋅MJ−144/0{,}812={54\,\mathrm{g}{\cdot}\mathrm{MJ}^{-1}}. Pour l’heptane (Er=−4 490 kJ⋅mol−1E_r={-4\,490\,\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}}, 7 mol{7\,\mathrm{mol}} de COX2\ce{CO2}) : 7×44/4,49=69 g⋅MJ−17\times 44/4{,}49={69\,\mathrm{g}{\cdot}\mathrm{MJ}^{-1}}.

Pièges
  • Oublier d’ajuster l’équation, ou laisser des coefficients fractionnaires quand on demande les plus petits entiers.
  • Inverser le signe : ErE_r est la somme des énergies des liaisons rompues moins celle des liaisons formées ; une combustion donne toujours Er<0E_r<0.
  • Confondre ErE_r (par mole, en kJ⋅mol−1{\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{mol}^{-1}}) et PC (par gramme, en kJ⋅g−1{\mathrm{kJ}{\cdot}\mathrm{g}^{-1}}) : passer de l’une à l’autre exige la masse molaire.
  • Utiliser les énergies de liaison sans préciser que toutes les espèces sont gazeuses : l’eau liquide libérerait davantage d’énergie.
  • Croire qu’une combustion incomplète libère autant d’énergie : une partie reste stockée dans CO\ce{CO} et dans les suies.

Exercices, contrôles et sujets

Les énoncés sont en accès libre, à télécharger en PDF.

1

Exercices de base

PDF

Les bases : équations de combustion, tests, énergies de liaison, pouvoir calorifique

6 exercicesniveau Difficulté 1 sur 3durée conseillée : 1 h 30calculatrice autorisée

  1. Ajuster une équation de combustionDifficulté 1 sur 3
  2. Que produit une bougie ?Difficulté 1 sur 3
  3. Énergie de combustion du méthaneDifficulté 1 sur 3
  4. Le schéma énergétique de la combustion du dihydrogèneDifficulté 2 sur 3
  5. Faire bouillir l’eau des pâtesDifficulté 2 sur 3
  6. Flamme bleue ou flamme jaune ?Difficulté 1 sur 3
2

Exercices d'application

PDF

Application : comparer des carburants, CO2_2 par kilomètre, Python, calorimétrie et incertitudes

4 exercicesniveau Difficulté 2 sur 3durée conseillée : 2 hcalculatrice autorisée

  1. Quel carburant pour quel véhicule ?Difficulté 2 sur 3
  2. Le CO2_2 d’une citadine dieselDifficulté 2 sur 3
  3. Un programme qui calcule l’énergie de réactionDifficulté 2 sur 3
  4. Mesurer le pouvoir calorifique de l’éthanolDifficulté 2 sur 3
3

Contrôle A

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Équation de combustion, énergies de liaison, pouvoir calorifique, enjeux

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Questions à choix multiples5 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. L’isooctane, carburant de référence8 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Se chauffer avec des granulés de bois7 ptsDifficulté 2 sur 3
4

Contrôle B

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Chaudière au gaz naturel, monoxyde de carbone, choix d’un réchaud

Durée : 1 hcalculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Automatismes4 ptsDifficulté 1 sur 3
  2. Une chaudière au gaz naturel9 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Quel réchaud emporter en randonnée ?7 ptsDifficulté 3 sur 3
5

Approfondissement

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Formules générales, monoxyde de carbone, série des alcools, chaudière à condensation, hydrogène « gris »

5 exercicesniveau Difficulté 3 sur 3durée conseillée : 2 h 30calculatrice autorisée

  1. Tous les alcanes à la foisDifficulté 3 sur 3
  2. Le monoxyde de carbone : une énergie gâchéeDifficulté 3 sur 3
  3. La série des alcools au banc d’essaiDifficulté 3 sur 3
  4. Pourquoi une chaudière « à condensation » ?Difficulté 3 sur 3
  5. L’hydrogène « gris » est-il un carburant propre ?Difficulté 3 sur 3
6

Devoir bilan

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Nomenclature, Lewis et polarité, solubilité, oxydoréduction, avancement, quantités de gaz et combustions

Durée : 1 h 30calculatrice autorisée3 exercices indépendantsbarème sur 20

  1. Le biobutanol, un carburant d’avenir ?8 ptsDifficulté 2 sur 3
  2. Une combustion dans un eudiomètre6 ptsDifficulté 2 sur 3
  3. Préparer et brûler du dihydrogène6 ptsDifficulté 2 sur 3

Première · Physique-chimie : les 18 chapitres

  1. Composition d’un système
  2. Absorbance et dosage par étalonnage
  3. Réactions d’oxydoréduction
  4. Avancement d’une réaction
  5. Titrages colorimétriques
  6. Structure des entités : Lewis, géométrie, polarité
  7. Cohésion de la matière, solubilité, extraction, savons
  8. Structure des espèces organiques
  9. Synthèses organiques
  10. Combustions et énergie chimique
  11. Interactions fondamentales et champs
  12. Fluide au repos
  13. Mouvement d’un système
  14. Énergie électrique
  15. Énergie mécanique
  16. Ondes mécaniques
  17. Lentilles minces, images et couleurs
  18. Modèles ondulatoire et particulaire de la lumière